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différences; les premiers ont une disposition marquée à pren-dre de nouvelles formes; les seconds sont caractérisés par unedisposition contraire, de sorte que la fixité paraît le partagedes uns, et la mobilité, le partage des autres. Mais un examenplus approfondi finit par rapprocher les corps qui s’étaientmontrés si différons les uns des autres au premier coup-d’oeil, et par prouver que les différences tiennent sur-toutaux circonstances dans lesquelles on établit la comparaison.En effet, lorsque nous parlons de la fixité des minéraux, nousportons notre attention sur des corps qui ont satisfait auxaffinités les plus fortes qui les sollicitent dans l’état des chosesoù nous vivons. Or, ces corps sont formés de combustiblesunis à des comburens (i), de sorte que l’affinité la plus éner-
(i) Nous Croyons devoir expliquer ici ce qu’on entend par les mots de com-bustion y de comburens et de combustibles. Lorsqu’on élève suffisammentla température de l’iiydrogène, du charbon, du phosphore, du fer ou du zinc ,dans l’air atmosphérique, ces corps donnent l’exemple d’une combustion j ilsdégagent, comme l’on sait, de la lumière et delà chaleur. Si l'on examine enparticulier les résultats de ces combustions , on voit qu’outre le corpsqui a brûlé, ils contiennent tous un principe commun qui est l’oxigène, l 1 undes principes de l’air, et en second lieu qu’ils ont des propriétés distinctesde celles des corps qui les ont produits. Il résulte de là que l’hydrogène, lecharbon, le phosphore, le fer et le zinc, en se combinant au gaz oxigène,dégagent de la chaleur et de la lumière , qu’eu conséquence la combustion deces corps n’est que leur combinaison avec l’oxigène. L’oxigène étant né-cessaire à toutes les combustions dont nous venons de parler, a été appelécomburent , c’est-à-dire qui fait brûler, et on a donné le nom de combustibleaux corps qui s’y combinent. Telle est l’idée fondamentale que Lavoisier adonnée de la combustion. Le dégagement de chaleur et de lumière , ou le feu,qui est le premier phénomène de combustion que les hommes aient observé,n’eu est point un résultat essentiel, car il y a des combustions qui s’opèrentsans lumière, et il y a des corps déjà brûlés qui deviennent lumineux en secombinant ensemble ; ces cas ne doivent pas surprendre, car la combustionqui s’opère avec le phénomène du feu n’étant qu’une combinaison chimiquetrès-forte, il s’ensuit qu’un corps qui n’aura qu'une faible affinité pourl’oxi-gène devra s’y unir sans dégager de lumière, et qu’aucontraire, si des corpsbrûlés ont une action mutuelle aussi énergique que celle d’un combureut etd’un corps très-combustible, ils pourront donner lieu à un dégagement dechaleur et de lumière, lorsqu’ils viendront à se combiner ensemble. Or, c’est