416 Les Aventuresvrit tous les combattans : on n’entendoit que lescris plaintifs des mourans , et le bruit des armesde ceux qui tomboient dans la mêle'e : la terregémissoit sous un monceau de corps morts ; desruisseaux de sang couloient de toutes parts. Bel-lone et Mars avec les Furies infernales vêtues déro-bés toutes dégouttantes de sang , repaissoient leursyeux cruels de ce spectacle , et renouvelloient sanscesse la rage dans les cœurs. Ces Divinités enne-mies des hommes , repoussoient loin des deuxpartis la pitié généreuse , la valeur modérée , ladouce humanité : ce n étoit plus dans ces amasconfus d hommes acharnés les uns sur les autresque massacre , vengeance , désespoir et fureurbrutale. La sage et invincible Pallas elle-mêmel’ayant vu , frémit, et recula d'horreur.
Cependant Philoctète marchant à pas lents ,et tenant dans sa main les flèches a Hercule ,s’avançoit au secours de Nestor. Adraste n’ayantpu atteindre le divin vieillard , avoit lance sestraits sur plusieurs Pyliens , auxquels il avoitfait mordre la poussière. Déjà il avoit abattu En-silas , si léger à la course , qu'à peine il impri-moit la trace de ses pas dans le sable, et qu’ildevançoit dans son pays les plus rapides flots del’Eurotas ( h ) et de l’Alphée (i). A ses pieds étoienttombés Entiphron, plus beau qu’Hylas (£) , aussiardent chasseur qu Iiippolyte ; Ptérélas , qui avoitsuivi Nestor au siège de Troye , et qu'Achille
(h) L’Eurotas , aujourd’hui Basilipotauros et Iris,est une grande rivière de la Morée , qui se déchargedans le golfe de Clochine.
(i) L’Alphée est une grande rivière de la Turqw.een Europe , qui traverse la Morée , et se déchargedans le golfe de l’Arcadie .
(h) Hylas , jeune garçon très-beau , fils de Thyo-damas , aimé d’Hercule , et ravi par les Nymphes,,dit la fable , en voulant reprendre sa crucheavoit laissé tomber dans l’eau. Mais la vérité est qu ds’y laissa tomber lui-même , et que sa mort donna ItfVau bruit de son prétendu enlèvement .