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Tome deuxieme et dernier.
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MŒURS.

ans , a sur-tout contribué à y attirer ce grand nombre d’ac-quéreurs de terres. Par la loi féodale du pays de Vaud ,

L ç • # 1

° ei gneur d arriere-fief, toutes les fois qu’une terre fev end ou passe dans d’autres mains, que celles du plus pro-c be béritier, exige la sixième partie de la valeur du fonds-ce qu'o n appelle Lod, Laudatio. Autrefois, lorfqu’un‘ rnm e, qui n’étoit pas issu de parens ennoblis - ou par, ou par la Magistrature, vouloir acheter une terre° u j Un fief noble , il étoit obligé de payer un double Lod ,^ u ° n a Ppeiloit Cape y c’est-à-dire, que la loi l’obligeoitP ar ce tribut à fe rendre capable de posséder. On réflé-

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ta íser/ze que ce second impôt, qui renchérissoit l’achata S serres du tiers de leur valeur, devoir nécessairementgener la circulation, & empêcher bien des gens riches,f ans na ifiance, d’acquérir des siefs nobles. Le droit de CapeUt âonc aboli en 1745). Dès lors un grand nombre de*f rres furent vendues à des gens de fortune, à des rotu-riers ' S* pays s’est ainsi enrichi par l’importation de l’ar-ê en t, plusieurs bonnes maisons fe font dépouillées volon-tairement de leurs anciennes possessions ; & la Noblesse,si u i vivoit autrefois avec simplicité, mais honorablementans ^ es Châteaux, apporta dans les villes la valeur ( enar S e!a t comptant ) des terres vendues. Le luxe & l’oisiveté*j nt P r * s place de la vie champêtre ; & tel Gentilhomme,° nt à famille fe feroit soutenue avec honneur dans l’en-U-ïTy 6 ^olfês & des tours bâties par ses ancêtres, n’aâpres lui que des héritiers d’un beau nom fans ref-

laisséfou

rces. G est ainsi que l’on voit s’éteindre peu-à-peu cette^ombreuse Noblesse du pays de Vaud , tandis que desnulles de nouvelle date s’enrichissent par le commerce,siue des étrangers fe parent de titres achetés.

^ es habitans du Val Hajli ou JJasel , au Canton dej/ 77 ** 3 font nombreux , robustes , bienfaits, guerriers 8 c? rs lêurs privilèges. Leur nourriture est le laitage, laleu 6 k fà ne f° nt siue pour les gens aisés. Ils se fontUrs habits du produit de leurs brebis. Ils exportent des fro-^ es 3 ^08 chevaux, des brebis & des cochons. Ils impor-t P r sfque tout le reste, & íur-tout ils consomment beau-duT ?our le bétail & les fromages. On y cultive encore

ïrcA° ment ’ ^ or S e3 à chanvre, des fruits, &c. M. dej^si^ 7 .^ 7 ' C 1 o) a dit, en parlant de ce peuple isolé, pour^ . lre j par fa situation, que moins de luxe 6 * plus <£in-

f le rendraient très-heureux.fe £ e ^omté de Bormio , en allemand , JVormbs , la Val-j S ^ lo Comté de Chiavenne ou Chiavenna , Sujetsdu Mu ' Ll ^ lles 8 rL s es i 6 c qui faisoient autrefois partiecou h anCS > t0US Catholi q ues » à où il se trouve beau-bj ° e f am files nobles, offrent à-peu-près le même ta-O 0ra > que les Bailliages italiens des Suisses, Luganoyhabi rn ° 5 ^ en ^ rl fi 0 , ^zl-Maggidy Bellin^one , &c. Leurs3ns f° nt fore attachés à toutes les cérémonies du culte ;

ils font spirituels, assez généreux, mais dissimulés, mé ésians, jaloux , vindicatifs, inconstans, fiers , artificieux LLpeu guerriers. Le Duc de Rohan ( 11 ), qui devoir lesconnoître plus que personne, a dépeint dans ses (12) Mé-moires fur la guerre de la Valteliné leur aversion & leurdédain pour les Grisons , leurs Souverains , dont le Gou-vernement est populaire. Ce qu’il dit à cet égard mérited’être rapporté. « Seulement s’appercevoit-on que les Val-» telins sembloient ne pas porter le respect aux Grisons,

» tel que les Sujets font obligés de le rendre à leurs supé-» rieurs , soit que la qualité des Magistrats ne se trouvât» pas toujours à la charge qu’ils soutenoient, ( car tel quî» n’avoit jamais eu d’autre direction que celle de son bétail,

» se trouvoit destiné à rendre la justice sans avoir aucune» teinture des loix, ni information des coutumes du pays ,

» ni connaissance des affaires du monde. ) soit aussi que» les Valtelins, pour être au-delà des monts & fous un cli-» mat qui mûrit les esprits de ceux qui y font nés, fe» crussent plus capables de commander que d’obéir auX» Grisons, par l’opinion dans laquelle font tous les Italiens» que les moins avisés d’entr’eux surpassent les plus enten-» dus des nations ultramontanes , comme ils les appellent » è *M. Coxe (13) fait mention d’un usage qui a prévalu.dans les Cantons démocratiques, & même chez les Gri-sons. Tout Citoyen élu à un Bailliage ou à tel oífic©un peu lucratif que ce puisse être, paie au trésor public( ou à chaque patriote qui vote pour sélection ) une sommedéterminée. Cet usage entraîne un fâcheux inconvénient,il met le nouvel Officier dans la nécessité de faire valokfa charge en proportion de ce qu’elle lui a coûté ; aussi 1a-t-on observé que les Baillifs des Cantons démocratiquesfe rendent plus souvent coupables d’exactions , que ceuxdes Cantons aristocratiques. Voilà l’abus qu’a blâmé un An<glois. Je me dispenserai d’apprécier sa remarque , je co-;pierai seulement la note (14) que faifoit, en 1 58 y, sucles Baillifs de Berne, un autre Auteur Anglois , GilbertBurnet , Evêque de Salifbury. « Ces Messieurs dans leurs» Bailliages, dont quelques-uns Rappellent Abbayes, ne» fe contentent pas de piller les peuples, ils donnent assez» souvent jusqu’à l’Etat, qu’ils n’épargnent pas plus que» les Sujets. C’est ce qu’ils font pour l’ordinaire en gros-» lissant les frais qu’ils font obligés de faire pour le bien» du pays , dont ils se remboursent ensuite paf leurs pro-» prés mains fur les deniers publics dont ils font les re-» ceveurs, & qui fe trouvent par - là presque toujours» consommés. Ce qui fit dire un jour à M. d ’Erlach, en» voyant un de ces beaux comptes, que c’étoit une chose» étrange que l’Abbaye ne pût pas nourrir les Moines»» Les Bannerets pourroient, en leur particulier, réfor-» mer cet abus s’ils le vouloient, tant leur pouvoir eff» grand ; mais par malheur ils ne le veulent pas ».

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(ii) c>est \g e '°g. MA- & pol. de la Suiflè, tome I , p. z 60 .ver s » a ^ mémoire de ce He'ros que l’immortel Voltaire a consacréa été j ° n - 1U 3U bas à portrait du Duc , qui orne ses Mémoires, &hs envoya gravé fur son mausolée à Genève. Le Virgile de la FranceVer te gç l’éd" 1 - 1 ^^ à M. le Baron de Zur-Laulen, à qui l’on doit la décou-

*tron de ces Mémoires précieux.

jj t0US * es talens le Ciel l’avoitfait naître ja ï>t en Héros, en Sage il écrivit j

11 sot même un grand homme en combattant íbn Maître,Et plus grand loríqu’il le servit.

(n) Tome I, p. 240.

(,;) Lettres fur la Suisse, tomel, p. 175 i *74 ì àwn de Paris j

1781 , in-8°. ,

(14) Voyage de Suisse, d’Italie,&c., p. 3 s» î«* Rotterdam, ifeo, in-uj

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