T O P O G R A P H 1 E.
^oite. Le Savant, à qui l'on doit la découverte de cettecornaline, observe que la petitesse de la pierre ne per-m * * c pas au lapidaire de graver entierement TAVPISCI,& qu’il en omit deux lettres , S & I. On remarque danscette inscription la lettre grecque P au lieu de la let-tre R des Latins. Mais , comme l'observe M. le Comtede Caylus dans son recueil (47) d’antiquités égyptiennes,étrusques , grecques , romaines & gauloises , ce n’estP a s une singularité de voir des lettres grecques mêléesdans 1 écriture romaine d’un certain temps , puisqu’on écri-v °it a Rome même le latin avec les caractères grecs. Sin °us en croyons le Géographe ( 48 ) Strahon , le goûtque 1 Académie de Marseille avoir fait naître dans les GaulesP°ur 1 étude de la langue grecque , porta les Gaulois àcnre en caractères grecs. César assure dans ses Commen-* aires ( 4p ) qu’on trouva dans le camp des Helvétiens^ crit en lettres grecques un état de ceux qui étoient sortise leur payá en âge de porter les armes, des femmes,enfans & des vieillards. L’érudit éditeur du Muséum0r enunum prétend que la figure du jeune homme, gravéeUr la cornaline, est presque semblable à la statue du so-ei de Rhodes. Mais , fans répéter un pays aussi éloignéAlpes, que l'est l’île de Rhodes , pour expliquer le^ dtabli par les Taurifques fur le mont Got-
a rdt J 2 VE. le Baron de Zur-Lauben pense qu’on ne doitP as sortir des limites des Gaules où les anciens ont placéna£ ion. Le soleil étoit la grande & la premiereV1 nité de tous les peuples idolâtres. Ce fait n’a plus besoin^ preuves. Les Gaulois adoroient le soleil fous le nome Belenus. Par ce nom, ils faisoient entendre qu’ils re-^rdoient soleil comme le Roi de TUnivers. Le culteU soleii Mithra étoit établi dans l’Helvétie de mêmej. Ue ^ ans so reste des Gaules , ainsi que M. de ( 50 ) Bochatâ> P r ° Uv d par l’explication des ustensiles sacrés , tous^gent, trouvés en Suisse à Wettìngen près de Badenà 32 ^°ût 1 <533. Parmi les bas reliefs du sympule (yi)j a ^ anc ^ e , on volt d’abord la figure du soleil , dontle 6 Environnée de rayons, comme les Egyptiens (y 2)r eprés ento j enc . jj t j ent un f ouet de la main droite,l’issft ^ ^ raS ^ fà à frapper. Le fouet fait allusion àc’ ft ? IIe ^ haeton , currus auriga paterni , ou plutôta Pr 6 ^^ole (5-4) de l’Empire. Le savant Cuper (yy)E que la signification du fouet, dans les symboles
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des Egyptiens, désignoit le soleil. Je reviens au sympukde Wettingen. La main gauche du soleil qui est repré-senté , touche à un globe posé íur un piédestal. Parce quele soleil éclaire le monde entier, < 3 c qu’il étoit regardécomme le Roi de l’Univers, on le dépeignoit tenant unglobe. La cornaline du cabinet de Florence offre le soleil ,ayant la main droite étendue comme donnant des ordres àl’Univers, & la gauche armée d’un fouet.
Le savant Antiquaire , qui a donné le dessein de cettecornaline, croit qu’elle concerne le culte que les Taurifques,en latin, Tauriscij nation gauloise des Alpes , & voisinedes Helvétiens, rendoient au soleil adoré sur le haut deleurs montagnes. II cite fur ce peuple un passage de Stra-bon (y 6). Tfchudi (yy) , Limier (y8) , Lazius (yp), Guii-limann (6o), Cluvier(é1)& Plantin (62) fe font beaucoupétendus fur l’origine & les transmigrations des Taurifques ,qui comprenoient, dans leurs différens districts , les Lé «pontiens , habitans du val Levontina , & les Salasses , na-tion du val d'Aoste. Pline (63) cite à ce sujet le témoi-gnage de Caton Tandem Plusieurs autres Historiens (64)ont parlé des Taurisci comme d’un peuple des Alpes ,Gaulois d’origine , & voisin de la source du Rhône. Lemot TaurisceCà. dérivé du celtique Taur , qui signifie mon-tagne. Sur ce pied, Taurisce , dans la langue de nos peres,n'est autre que Montagnard , ôt répond parfaitement auxAlpini & lnalpini des Romains, qui désignoient les ha-bitans de cette partie des Alpes qui féparoient les Gaulesde TItalie. Les Gaulois employoient aussi le mot Alpes ,pour marquer les montagnes les plus élevées. Lazius (6y)nous a conservé d’après une ancienne médaille la figure& l’habillement d’un Taurisque , attaquant un sanglier ;on voit derriere ce Gaulois la tête d’un taureau, poséeau - dessus d’un tronc d’arbre. Entr’autres montagnes des AI.pes, le Gotthardt , qui en est la plus haute, appartenoitau xTaurifques. L’Historien Tfchoudi étoit (66) dans l’opi-nion que le Gotthardt est le nom que portoit la montagnedont il s’agit , avant l’établissement du Christianisme ; ildit que cette montagne, connue des anciens sous le nomde summre Alpes , le plus haut des Alpes (6 7 ), étoit ainsiappellée , parce qu’à cause de son élévation elle surpassoittoutes les autres montagnes. Le même Savant ajoutequ’on la nommoit le Gotthardt , parce que , commele Dieu suprême des montagnes , elle s’élevoit au - dessus
(48) P* 3 33* Paris, 176,, i/z-4 0 .
LÍb* ^ 7 " Amstelodami, 1651, z 7 z- 8 ° , cumjig. tom. I.
* L P* >8, 19, cum Scholiis Aldi Manutii. Venetiis, 1605,
(ío) jw e « .
0lres critiques f ur PHist. anc. de la Suisse, tome II, p. 374 8c
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Pag e d ron cntendoit par Jjimpullum une forte de gobelet, qui e'toit d’u-(;i) G- essacrifices -
* n “4°. 1 6rt * Ouperi Harpocratus, p. 9. Trajecti ad Rhenum, 1787 ,
main î°'! 0n représente' sur quelques médailles, tenant un fouet de^ lann ‘ s Valeriani Hierogl yphíca, Ijb. XLVIII , cap. XVII.
Geoff lit,
ï5si >infní * IC) ' r » , p. 37g, & lib. Vil, p. 537, tom. I. Amstelodami,p) Gau iœc
Gom ^ omat œ Descriptio, p. 112, 113, 182-183, & 346-348.^ENkarius de Alpibus, p, 18 , 19 , in Thesauro Historiíe Hel-
JJ <sc JernUr.
veticíe. Tiguri, 1735 » in-fol.
(59) De Gentium migrationibus, p. 4°, 185, 187, 191 8c 194, 195,’Bafileœ, 1557, iit-fol. cum sig.
(60) De rébus helvetior. lib. III, cap. 1 , p. 95-97. In Thesauro Hist,. Helveticœ.
(61) Germania antiqua , lib. I, cap. V, p. 43 ; 8c lib. de Vindeliciacap. Ií, P- 720-711. Lugduni Batavor. Elzevir. 1631, in-folio , cumfig.
(6i) Helvetia antiqua 8c nova, cap. XVII, p. 19 8c 30. In Thesauro Hist.Helvetica^.
(63) Historiai, lib. III, cap. XX, p. 47. Bas. Fr ob en , 1525, in-fol.
(64) Polib. Historias, lib. III, cum Comment. Casauboni. Paris , 1609 ,i n -f 0 l, _ Strabo, ibidem, lib. VII, p. 537. -—Histoire des Gaules Scdes conquêtes des Gaulois, par Dom Jacques Martin 8c Dom Jean-Fran-çois de Brézillac, son neveu, Bénédictins, tome I, p. 92 8c x61. Paris,1752 , bx-4 0 , cum sig.
(65) De Gent. Migrât, p. i8y.
(66) Gallia Comata, p. 350 , 351.
(67) Cœsar de Bello Gallico, lib. III, p. 58. Venetiis, 1605 , in-S»;•—Services iEneidosX, p. JP 3 •
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