TOPOGRAPHIEì
ARTICLE SEPTIEME.
Canton de Zoug , Catholique SC Démocratique ; Armes émargent a lu face d’azmi
C
Osnron (j) a pour limites, au levant & au midi,^elui de Schweitz; au couchant, le Canton de Lucerne &e -Bailliage supérieur des Offices libres de l’Argeu, &au nord, le Canton de Zurich. On estime fa longueur àP r es de six lieues depuis le pont de la Russe à Sinz, jus-si Ua celui de la Liber, au-bas du mont Saint-Jojl, dansa Communauté éSEgeri, & que depuis le Canton de Zu-r ich, jusqu’à celui de Schweitz, depuis Notikèn jusques^ ers , il y a près de cinq lieues de long, & depuisa montagne Hohenraau jusqu'à Zoug , plus de trois1 f Ues Qe largeur; les Bailliages qui appartiennent à la^ le de Zoug , ont environ une lieue de long fur une autrelarge. Le pays est partagé en montagnes & en plaines,es montagnes donnent d’excellens pâturages ; on y voit^eaucoup de villages. La plaine est fertile en vins, en blésen fruits , entr’autres en châtaigners, particulièrementaut °ur d u lac du côté de Tf^alchweil auífi est-elle fortPeuplée, & généralement c est un beau & riche pays, &°n peut dire qu’il est dédommagé de fa petitesse par la°nté de son territoire.
^ u g ( prononcez Zoug ), en italien Zugg , & en espa-gnol Zqco , est le nom fous lequel est connu le feptiemeant0n de la Suisse. La (*) ville de Zoug (2) est située dans^ne belle campagne, fur le bord oriental du lac de son^°m, au pied d’une colline. Nous avons fait la descriptionç c e lac & celle du Gouvernement divisé de ce Canton.été^ S 5 aV6C ^ ue ^ ues contrées voisines, passe pour avoirSi ^ anton anciens Tugeni f) dont parle Strabon.est 3 ^ r ^ om Prá° n (4) Brr laquelle on a conclu que Zuriche ta ville de Tigurini , doit déterminer à le croire , uneest j 001 ^* 011 toute semblable doit persuader aussi que Zuge principal lieu des Tugeni , dont les anciens ont faitMention. Onreconnoît bien plus évidemment encore dans
le nom moderne de cette ville, celui de ces Tugeni , quedans le nom de Zurich (y) celui des Tigurini. Aussi aucundes Historiens de la Suisse n’a refusé à Zug une place entreles douze premieres villes des Helvétiens, Mais aucunindice particulier ne met fur les voies pour découvrir dequel peuple des Gaules les fondateurs étoient sortis. Lesnoms de Tugeni , Tugium ou Toggium , ne se trouventplus dans aucune de ces provinces. Mais ils se retrou-vent dans celles de l’Espagne, où passerent des colonies deGaulois. Pline (6) appelle la forêt où est la source du Gua-dalquivir Tugienfis Saltus > & la ville qui n’en étoit paséloignée, a dans ITtinéraire (7) d’Antonin, le nom de Tugia .M. Bochat soutient que le nom de cette ville étoit celti-que, composé de dov ^ qui vouloir dire profond , &à&gìii, ou ûi , ou iìi, qui désignoit de l’eau; le nomentier dovgiìi ou dovûi ou doviii , dont on a sait en latinTugium , désignoit un endroit auprès d’une ( 8 ) eau pro -fonde. Le nom du peuple en celtique, étoit dov iìi eni 9c’est-à-dire, né près d’urle eau profonde. Strabon rend bience nom en grec par *«^«7 , & on l’a donné en latinpar Tugeni. Ensin fa signification convenoit à ceux desbords du Guadalquivir, & à ceux des bords du lac deZoug ; une rue entiere qui fut abîmée dans ce lac au quin-zième siecle , & plusieurs maisons qui eurent le même tdans le siecle suivant, ne sont que de trop bonnes preuvesde la profondeur de ses eaux en cet endroit.
De la domination des Romains, le pays de Zug passasuccessivement sous celle des ALamanni , des Francs êcdes Empereurs d’Allemagne. 11 faisoit partie du Duchéd’Allemanie ou de Souabe, étoit compris dans le Cantonde Turgau , ôc appartenoit à des Comtes qui relevoientdes Ducs de Souabe. A Pextinttion des Comtes de Len^~bourgs qui étoient les plus anciens Seigneurs, les Comtes
L*f CU * hifl. de la Suisse, tome XX, p. 452-518.jr p 1 à les Délices de la Suisse, tome II, p. 432-438,
TsV* de la Suisse, tome II, p. jyá-jSí».
lu o*- 061 * géog. de la Suisse, tome II, p. 212.
* Topo S* de Ia Suisse, tome II, p. 2-25 , 8cc.
(*)s n °* I77 -
Pat le p? Vant Une Chronique de Zoug, écrite dans fe treizierne siecleïtès-p Evalier Conrad Gesfier , cette ville doit son nom à sa positionIçz ^ * e P° ur k pêche. On appelloit anciennement en allemand Zuch ,k»ert S ^ us Poissonneux d’un lac ou d’une riviere. Un diplomé d’Al-^Pporté* 1 ^owains, daté de Strasbourg, le 22 Novembre 1300, 8cRentes f* , tom. II , Afatiat Diplomaticce , p. 75, porte .- In-
àidintur !f atl0nem quarumdam piscationum feu traâuum, quee vulgarités Zuckkirch ' n villa £ e en Brisgau , sur la riviere Eltz , près de la ville de Wald-Voit ver° rt,e n0rn à L’anonyme Moine de Mûri, qui écri-
pay s > appelle Zug, Zuge, 8c nomme plusieurs districts du
peut n te ’ à limitrophes de son lac ( Edit. Koppìnìan. p. 74 , 75 ). Onin ïnS ^ Muséum Helveticum, Janvier 1784, p. 605-6,4. Zurich,% Une , l2,> en dlemand, les observations de M. Ie Baron de Zur-Lauhenfoncière , Ite ,^ e IZ SS qu’il a découverte dans les archives de l’AbbayeCerne Z ^ ^^^ù-Blaise & la Forêt-Noire , 8c dans laquelle Zurich , Lu-j. î> Clingnau 8c Meyenberg font nommés Castra, places fortifiées.& en i. Strabon ( lib, IV & VII, p. 183 &* 292. Amstelod. 1707,
in-fol. ), fait mention des Toygeni ou Tugeni en deux endroits ; il les jointaux Ambrons qui furent défaits près d’Aix par Marius ; & aux Tigurini ,qui accompagnèrent les Cimbres au passage des Alpes pour entrer en Italie,'On estime qu’ils formoient un des quatre Cantons entre lesquels la Citéhelvétique étoit partagée, 8c que Zug, ou comme on prononce T\oug ,en conserve le nom. ( D’Anville, notice del’ancienne Gaule , p. 662 ).
(4) Bochat, Mem. crit. sur l’Hist. anc. de la Suisse, tome I, p. n/,it8, 131 , 132, Lc 271, 272.
(5) On lit sur une inscription trouvée à Zurich, Statio Tvricenfis ; Ie$Celtes nommoient Dur ìfc les lieux où passoit une riviere, 8c qui étoienrplacés proche d’une grande étendue d’eau. Comment auroit-on pu mieuxrendre en latin le celtique Dur ifc , que par Thuricum ou Turicum ; Etcomment enfin l’auroit-on mieux exprimé en allemand que par Zurich ìLes Allemands avoient la coutume de changer le T 8c le D des Gauloisen Z, dont la prononciation, comme t/, ne faisoit qu’ajouter un peu deforce à celle d’un seul t ou d, qu’ils employoient assez indifféremment, quantau son. De Turicum ils firent donc naturellement Zurich ; tout comme Za->.bern de Tahernce s de Tobinium, Zofingén, 8t Zug, de Tugium. (Note deM. de Bochat ).
(6) Nat. Hist. lib. III, cap. I.
(7) Edit. Wesseling. p. 404- v
(8) Baxter. Glossar. voc. Dabia , &G