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A B L E A U X D E
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SUISSE.
de Ki'bourg\s) , leurs héritiers ., en 1172, le possédèrent,"à après eux il échut par héritage à FEmpereur Rodolf Ià aux Ducs d’Autriche, ses descendans. Ce pays se distin-gua par son attachement pour ses Maîtres ; mais iFne pa-.TOit pas qu’ils y siissent bien sensibles, puisqu’en 1352 ,lorsque Zurich ( 1 o), Lucerne, Uri, Schweítz & Under-îalden, après avoir obligé par les armes les trois Com-munautés extérieures Egeri , Menstngen êc Bar , à leurprêter le serment de fidélité conféderative, assiégèrent laville de Zoug , qui se défendit avec la plus grande résis-tance depuis le 8 Juin de cette année, jusqu’au 25 de cemois; Albert, Duc d’Autriche, à qui les Bourgeois avoientenvoyé pendant une trêve de trois jours, une députationpour implorer son prompt secours, leur fit une réponsetrès-seche. Ce Prince, qui étoit alors à Koenigsfelden ,2 neuf lieues de Zoug , s’entretenoit avec son Fauconnierau moment de l’arrivée des Députés. Au lieu de prêterl’oreille à leur supplique instante, il demandoit au Fau-connier fi les oiseaux avoient à manger. Cette indifférenceaffecta tellement Hermann , qui étoit à la tête de la dé-putation, qu’il ne put s’empêcher de dire au Duc t AhlMonseigneur , fi nous , vos infortunés sujets , nous n in-
téressons pas plus Vôtre Altesse que vos oiseaux , que D ie &veuille avoir pitié de nous ! Le, )uc répondit à ces mots»Aileretourne^ vous , nous voulons bientôt regagner &tout ensemble. Là-deffus les Députés revinrent à Zoug , &au terme expiré de la trêve, le 27 Juin, la ville ouvritses portes aux afiiégeans, & ils eurent la générosité deFaíTocier au nombre des Cantons avec lts trois Commu-nautés extérieures. Le traité de cette alliance perpétuellefut signé à Lucerne le mercredi après la Nativité éeSaint Jean, 13p. U y est seulement fait mention desdroits de FEmpereur & de FEmpire , comme d ^ville de Zoug avoir été jusqu’alors un Etat libre, fi ulen eût relevé immédiatement. C’est exactement une repré-saille d’oubli & d’indifférence à l’égard de la Seigneuried’Autriche. Nulle réserve de ses droits, comme on favoicvu dans les aggrégations précédentes des Cantons de Lu-cerne & de Claris.
Je partagerai la description du Canton de Zoug en deuxsections ; la premiere contiendra la Ville & les Commu-nautés extérieures qui partagent avec elle la souveraineté,& la seconde, les Bailliages dont le militaire & la baífe'jurisdiction dépendent uniquement de la ville.
PREMIERE SECTION.
II y a dans ee Canton deux lacs, celui de Zoug, dontf ai tracé le tableau, & celui d’Egeri, duquel fort la petiteriviere de Lorez, qui arrose une partie du pays, & se jettesur la frontière dans la Russe. D’un autre côté est la Silequi sépare en partie le Canton de Zoug de celui deZurich.
Zoug est une jolie ville, dont les rues font grandes,larges ôt les maisons bien bâties, du moins dans la partiequ’on appelle la Ville-Neuve. On y voit,plusieurs édificesreligieux, entre lesquels est l’église de S. Osuald, qui estune filiale de la paroisse de S. Michel ,* celle-ci est hors dela ville , près d’un Couvent de Clarisses , fur le cheminqui conduit à la montagne de Zoug. Cette église parois-siale ssa rien de remarquable que son antiquité ; elle a étérebâtie en différens tems après plusieurs incendies. La tra-dition dit que les Comtes de Lenstourg en ont été les pre-miers Fondateurs, & que le même esprit de dévotion quiles avoit portés à dédier à Saint Michel le Chapitre deMunster en Argeu, leur inspira la pensée de consacrer,sous l’invocation du même Archange, Péglise paroissialede Zoug.
On est étonné que M. Coxe ( 11 ), en parlant de Féglisede S. Ostuald à Zoug, s'égaie sur Fhistoire de ce pieuxRoi du Northumberland : J’ai cherché, dit-il, long-tems àconcevoir quel rapport un Roi de CEptarchie.pouvoit avoir
avec un petit Canton de la Suisse , fans songer qu ^ e flimpossible de trouver des raisons à certaines coutumes. Sui-vant íusage de VEglise Romaine , les Saints peuvent.^poster facilement dé un lieu dans un autre le c api' Lce fausti-bien que la dévotion , ont fans doute offert aux re Jpecls de Zug , un Saint dont le nom est à peine connu dansson propre pays. Mais, n’en déplaise au Voyageur Ang^ 01 ^qui a parcouru rapidement la Suisse, il ne se fût jamais p reà cette ironie, s’il eût mieux étudié les annales de & P a ^trie ; il eût pu y trouver des mònumens authentiquesS. Osuald , Roi des deux Royaumes du Northumberlan fqui rétablit le Christianisme dans ses Etats, & suc642 dans un combat contre Penda, Roi de Mercie.doutes se fussent éclipsés, pour peu qu’il eût consulté 1 ^toire Ecclésiastique de F Angleterre, écrite par le vénéra& savant Bede , qui mourut en 735,6c le Monasticon OyAnglicanum du célébré Antiquaire Guillaume Ruga11 eût découvert dans les Historiens (13) d’Angleterre,Flandre, ôc d’Allemagne, comment le culte de S. Cfut successivement apporté de F Angleterre dans les P a yBas, en Souabe & en Bavière par la Princesse J u£l1 ^fille de Baudouin V, dit de Lille , Comte de Flandre,d’Alix de France, mariée en premieres noces àComte de Northumberland, qui fut tué en 1066 da slS fbataille donnée au pont de Stampfort, près d Yorc
(9) Dom Herrgott a rapporté ( Geneal. Habshurgic. vol. II, p. 257, r§8 )une charte du 5 Avril 12-40, par laquelle Werner, Abbé de Cappel, fai-íbit, avec l’Abbesse de Scbennis , l’échange d’un terrein situé à Barre; cetéchange fut ratifié par Arnold, qualifié Minifier de Zuge-, c’est-à-dire,Ammcum ou Président de Zug, au nom des deux Comtes de Kibourg,l’oncle & le neveu, tous deux appelles Hartmann.
(ro) Tschudii Chron. Helvet. tom. I, p. 411-414.
Simlerus, de Repubbca Hcivetiorom, lib. I, p- 9 10 1 tn Thesauro Hist.Helvet. &c.
(u) Le'ttres fur la Suisse, avec le Commentaire de R- Ramond,
P- rz§. Paris, 1781, rn-8". ^jer»
(rr) En trois volumes in-folio, 1655 , r661 Lt r6/;- Le tome ^ i 0 js,été réimprimé en 1682. Stevens en a donné un supplément en ^Londres, 1722 & 1723 , trois tomes en deux volumes in-filio>
mourut en 1 fi8d. ue jj deí
(13) L’histoire de ce culte est amplement rapportée dans k reBollandìfes , au S d’Août, jour de la fête de S, Osuald.
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