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Tome deuxieme et dernier.
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Ganc ® , qui distingue les différentes Républiques de laSuisse, n’a été dans aucun cas plus apparent que dans leurManiéré d’adopter ou de rejetter la réformation ; ce n’estpas a Morat feulement, qu’on a vu cette question judiciai-rement soumise à la décision du peuple assemblé; & par-t0ut la minorité s’est fait un devoir d’acquiefcer avec sou-mission à l’avis de la majorité.

La ville de Morat (*) est située dans une plaine parfai-tement cultivée, au bord du lac qui porte son nom. Ellee st médiocrement grande, 6e composée de deux parties,d°nt l’une, qu'on appelle la Rive , touche au lac , l’au-tr e est au-dessus fur une hauteur qui a une belle esplanade.■L y a là un château antique & considérable, où réside lefaillis, que les Bernois Le les Fribourgeois y envoient,t0ur à tour, pour cinq ans. Ce Baillis, autrement Y A-voyer, préside au Conseil, au Consistoire ôc à la Justicemférieure de la ville de Morat. II y a dans cette ville deuxéglises, l’une (7) Françoise , quis’assemble dans les deuxtemples de la ville, comme étant la plus ancienne, &ì autre Allemande , qui s’assemble dans les mêmes Tem-pos lorsque la Françoise ne les occupe pas, & dans unLemple qui est hors de la ville, dans le village de Mon-*elli er 0 u Mottier , lorsque l’Eglife François occupe legrand Temple de la ville. Ce qu’il y a de plus remarqua-kle a Morat, c'est ce grand Temple, rebâti par MessieursMorat dans Tannée 1712. La nef est voûtée, & on y aàît un beau plafond de plâtre, orné des armes des deuxLtats & de celles de la ville. La rue, qui est près de cesemple, est bordée de part & d’autre de maisons, dontes âevans font faits en arcade, tellement qu’on y peut pafa labrides injures de l’air. Voici comment un Voyageurmnqois (8) décrivoit cette ville en 1781 : La ville ejlpeu de chose , aff proprement bade , êC feroit gaie avecd autres habitans. En général , il ne faut pas Je Jlatter dètr ouver de la gaieté dans aucune ville de la Suisse. Les&°rds du lac font charmants , éC il y a peu de vues aujjigpeahles en Suisse. M. Coxe (9) prouve ,par un calcul de• de Luc, que ce lac efiplus élevé que celui de Neucha-te ^ - pour prouver que celui-ci ejl plus bas , il falloit direHP-e le lac de Morat décharge ses eaux dans lessiennes ,*c da s appelle une preuve fans répliqué. La petite riviere^ es y conduitJe nomme la Broyé. M. Coxe Je croitfondéa P en Jer , par L inspection du pays , que ces deux lacs nettf° r moient qu un autrefois. Je me crois mieux fondé que lui ,

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par l’infpecíion du pays , à croire que cela n a jamais été çcar les deux lacs font parallèles , SC séparés par des colli-nes fort élevées , SC même par quelques montagnes. U n ejlpas possible que L eau ait jamais baigné leurs sommets , amoins qu on ne remonte aux temps où les flottes voguoientà pleines voiles par - dessus le Saint - Gothard SC C Apen*nin , beau Roman de la Fhyflque moderne , qui amuse quel-quefois les petits enfants.

Morat est célébré par plusieurs sièges qu’elle a soutenus;le premier en 1034 contre TEmpereur Conrad le Salique ,qui s’empara (10), après une vigoureuse défense , de lagarnison , qu’il sit prisonnière de guerre. Eudes, ComtePalatin de Troyes en Champagne, neveu de Rodolf III,dernier Roi de Bourgogne par fa mere Berthe , sœur aînéede ce Prince, s’étoit saisi de Morat & de Neuchatel à lamort de cet oncle (1 r) , comme son principal héritier, Lcmême s’étoit fait déclarer (12) Roi de Bourgogne à Vienneen Dauphiné. Conrad répétoit la même succession par fafemme Gifele , dont la mere Gerberge avoir été la troi-* fieme sœur de Rodolf. L’histoire rapporte que T Empe-reur ayant pris Morat & Neuchatel, les brûla.

Le second siège de Morat, soutenu Tan 1282 contreRodolf I, Roi des Romains, dans la guerre que ce Princefaifoit à Philippe, Comte de Savoye, est célébré par plu-sieurs événemens. Guichenon (13) a donné deux actes par-mi les preuves généalogiques de la royale Maison de Savoie.Dans le premier, daté du mois de Juillet 1282, les Evêquesde Bâle & de Bellai, prononcent par arbitrage que le Ro!Rodolf cédera au Comte Philippe, pour en jouir fa viedurant, la ville de Morat, YAvoyerie de Payerne 6c leChâteau de Contamine. Dans le second , donné au campdevant Payerne le 27 Décembre 1283 , le Roi accorde lapaix au Comte, à condition qu’il lui remettra Morat, Con-tamine & YAdvoyerie de Payerne. (

Le siège (14) le plus mémorable de Morat , aétéceíi ide 1476 contre Charles le Hardi, dernier Duc de Bour-gogne. En fe promenant fur les hauteurs qui commandentMorat, à Torient & au midi, on découvre son enceinteenvironnée de murs & de tours anciennes , assez considé-rables. C’est fur ces hauteurs qu’étoit campée l’armée duDuc Charles de Bourgogne , quand il fut attaqué & dé-- fait par les Suisses le 22 Juin 1476, laissant tout son bagage& ses munitions en proie aux Vainqueurs. On célébréencore annuellement à Morat T anniversaire de cette grande

O) Planche, n°. 30,

( 7 ) Dans la partie du Bailliage de Morat, qui est au nord 8c à I’orient de^ tte v ^ e , on parle allemand ; 8c dans la partie qui est au midi 8c à l’occi-Bt ’ ^ême dès le village de Meìry , en allemand Merlack , qui est aux por-s âe la ville , on parle François ou Romande

^>res fur la Suisse, tom. II, p. 54, 55;Geneve 8c Paris, 1783;f • «'ecjig.

9 Lettres fur la Suisse, avec les remarques de M. Ramond, tom. II, ihìd.dan ‘ ** ermant ” contracti Chronicon, ad an. rozr, 1033 8 c 1054. Hepi-annales breves , ad an. 1039. Wippo, de Vita Conradi Salici.

11 > Décédé le 6 Septembre 103 t. ( Mabillonìi annales Benedictini, t. IV,p ’ 177 -

b 1 ) Hugonis Flaviniaceníìs Chronicon Virdunense, Part. II, p. 183.

^ 5 ) Pag. 86,87; Lyon, 1660, in-fol. Alberti Argentiuensis Chronicon,

,.,°L torn - Il, Germanise Scriptor. Illust. Editio U rJì glana , Francofurti,

Fy’

Sger, MiroJr honorifique de la Maison d’Autriche, ton\. I, p. 119, no j

J-ome 11 SC dernier .

Nuremberg, 1668 , in-fol , avec f g. En allemand, 3 cc.

(14) Description de la Guerre de Bourgogne, par Diebold Schilìng, enallemand, imprimée à Berne, 1743 , in - folio. L’Auteur , natif de Soleure,8c qui s’étoit établi à Berne, où il fut Membre du grand Conseil en 1468, 8cmourut en 1485. Sa narration est d’autant plus fidèle, qu’il s’étoit trouvéen 1476 à la bataille de Morat. Veye\ son article dans le Dictionnaire histo-rique de la Suisse , par M. Leu , tom. XVI, p. 328. On conserve à Fribourg,dans la Maison de Fegelin-Seédorf , 1 a Chronique de ce Canton, écrite enallemand, pár Pierre Fn/70 ou Fryo , dans laquelle font rapportées avec exac-titude les guerres de Bourgogne 8c de Souabe. Cette Chronique, in-folio,mériteroit d’être imprimée. L’Auteur vivoit encore en 1335. II avoit e'téChancelier de son Canton depuis 1536 juiqu’en 1539. Voyei Leu , ìkii.tom. VII, p. 386 8c 4Î4- On lit aussi des Observations intéressantes fur labataille 8c le íìe'ge de Morat, dans VHistoire de ìa Confédération Helvétique,par M. de Watteville, tom.I, p. aH-iCt ; derniere Edition de 1768 , & dansle Voyage de M. Sinnsr dans h Suisse occidentale, tom. II, p. 30;, $ fuiv.

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