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Tome deuxieme et dernier.
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T O P O G .

à qu’il établit une colonie à la Cité d ' Aofle. Le monu-ment ( 5z ) de sa victoire n’a rien en lui-même qui lerende suspect; & il témoigne que Jupiter, le Génie dubeu, & la Fortune, redevenue favorable après avoir étécontraire, étoient les divinités à qui il fut dressé. Lastatue placée fur la colonne, devoit être plutôt celle deJupiter que celle d’aucun autre Dieu. On fait par saintAugustin (j'4) , qu’il y avoit au haut des Alpes des statuesde Jupiter, tenant un foudre doré , & qu’elles furent^battues par ordre de Théodofe le Grand , après que cePrince eut vaincu le tyran Eugene, fan 394 de J. C.

Le Mont Penninus des Véragriens fut appellé avec letemps Mons-Jovis, ôt en italien Monte Jove , c’est-à-dire,la montagne de Jupiter, à cause de l’idole qui y rendoit desoracles. On appelle encore aujourd’hui THofpice ou l’Hô-pital qui y est bâti, la Prévôté du. Mont-Joux , autrementgrand Saint-Bernard. Ce dernier nom lui vient d’unArchidiacre d’Aoste, S. Bernard (54), de l’illustre mai-st°n de Menton en Genevois, qui mourut à Navarre le28 Mai 1008, & dont l’Eglife célébré la fête le iy Juin.

Ce Saint, nommé Y Apôtre des Alpes , avoit achevé dedétruire les restes du Paganisme chez les habitans desMontagnes qui séparent le val d’Aoste du Vallais & dela Tarantaise. Ces passages de France en Italie, si fameux& si fréquentés dès-lors, étoient très-dangereux. CesMontagnes font couvertes d’une neige perpétuelle; il yPérissoit quantité de passagers, éloignés de tout secours.

Bernard fe détermina à y établir deux Hôpitaux & desChanoines réguliers pour les desservir, qui dans la fuiteforent appellés du nom de leur Fondateur, Chanoines deJ a int-Bernard . On juge par le Cartulaire (y 6) de l’Evê-c hé de Lausanne, & par les Annales (57) de S. Bénin ,

Me l’Hôpital du Mont-Jou fubsistoit avant Pan 8 y 1 : f Ar-chidiacre Bernard en fut proprement le restaurateur, ainsiMe d’un autre Hôpital qu’on appelle en latin Columna Jo-Vls ì à l’entrée du diocèse de Tarantaise. Ce dernier Hô- & brûlèrent même le château qui la défendoit ; ce

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par un acte (yp), que cet Hôpital existoit fous ìe régnéde l’Empereur Louis le Débonnaire .

La plupart des Antiquités romaines qu’on a déterréesprès du Monastère du grand Saint-Bernard , ont été trans-portées à Turin. Dom Jacques Martin ( 60 ) a fait gra-ver, d’après Guichenon (6i), la statue du Dieu Penin ,qui étoit placée fur la colonne érigée par Lucius Luci~lius ,* elle offroit un jeune homme nud, debout, la maindroite élevée, ôt la gauche abaissée : Pinfcription du pié-destal, qui est encore conservée, le nomme Deus Pe-ninus. Tel est le précis du Mémoire de M. le Baronde Zur-Lauben fur les Antiquités & l’Histoire (62) dela Prévôté du grand Saint-Bernard. M. Bejson a faitl’éloge des charités que les Chanoines réguliers de cetHospice exercent toute l’année ; ils reçoivent très-humai-nement tous les voyageurs, ils les logent & les nour-rissent, trois jours durant, gratis , fans aucune distinc-tion de Catholiques & dé Protejlans, Ils traitent chacunselon fa qualité ; & les voyageurs qui font aisés nemanquent jamais, s’ils ont quelque reconnoissancé, defaire un présent honnête au Couvent. II est certain quèfans les foins charitables de cet Hospice, mille voyageursferoient péris, particulièrement en hiver & dans les tempsde dégel : aussi aime-t-00 beaucoup ces Religieux danstoute la Suisse & aux environs, & quand ils envoientquêter pour leur maison, il n’y a si pauvre maison quine leur donne largément & de bon cœur, les Protefiansaussi bien que les Catholiques. Cet Hospice poffédoit (63)autrefois en France, en Italie & dans plusieurs autresEtats de l’Europe, plusieurs fonds de terre ; mais la plusgrande partie de ses revenus chez PEtranger a été sous-traire par les révolutions du temps.

Passons au bourg (64) de Saint-Maurice qui donne sonnom au Bailliage que nous décrivons, & qui étoit autre-fois une ville. Les Valiaifans la démembrèrent en iqyy,

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P^al est situé au sommet des Alpes Grecques j c’est untrj ste & petit bâtiment, où réside un Chanoine hofpi-ta ber, avec un ou deux domestiques. On voit tout près^ es restes d’une ancienne (y8) colonne de marbre, fur la-Melle étoit placée une statue de Jupiter. II est prouvé

teau a été depuis rebâti, & le Baillis y réside. Saint-Mau«rice est la clef du Vallais ; & ses environs font tellementfortifiés par la nature, qu’une poignée d’hommes en dif-puteroit Pentrée à des forces infiniment supérieures. Datoutes les descriptions qu’on a faites de ce passage, je

. ^0 M. Ie Marquis Maffei (a) & Dom Jacques Martin (b) ont vouluJ ef ter quelques doutes fur la statue de Jupiter au grand Saint-Bernard.

De Civitate Dei » lib. XV, cap. XXVI , inter ejus Opéra , t. VII,e * f . Benedictinor. Paris, 1679; in-fol.

^ v * e à ce Saint a été écrite par Richard , son successeur danstc ^diaconé d’Aouste » 8t publiée par le Pere Daniel Papelroch , dans^Kecueii de Bollander, au v> Juin, pages 1C73-T074. Ce Jésuite a encoreP nn é la vie du même Saint par un Anonyme ; le tout avec des notes.

auffi Baillet , Vies des Saints, tom. II, au iy Juin, p. 14 & 200-dg 1 * àà, 171 j, in-fol. Bejson , Mém. pour l’Hist. Ecclés. des diocèsese Genève, Tarantaise, Aouste, ôcc. pages ayo 8c 274-278. Annecy,17 Í 9 , i n - 4V.

^ ( 56 ) On y lit qu’Armannus , autrement Hartmannus , sacré Evêque deF uíanne le 6 Mars 8yi, 8c mort après vingt-huit ans d’épiscopat, avoitf Aumônier ou Hospitalier du Mont-Jou. [Et fuit Elemosinarìus Sanfti-Monús-Jovis ], Le Rédacteur de ce Cartulaire, qui vivoit au com-|-jj Ornent du treizième siecle, appelloit, suivant l’usage de son temps,^. Qspice du Mont-Jou , Saint-Bernard, en mémoire de l’Archidiacre d’Aoste,uvou rétabli cette maison à la fin du dixieme íìecle.

(57) Leu, pâg. aï r ; apud Duchefne, Hist. Francor. Scriptores, tom. III.'Lutetiœ Parifior. 1641, in-fol. On y lit, Hofpitale quod est in Monte-Jovis.

(y 8 ) Haute de 4° pieds, fur laquelle il y avoit un escarboucle , qu’onappelloit Y œil de Jupiter. Guichenon l’a fait graver [ Hist. générale de lamaison de Savoye, tom. I, liv- I, chap. IV, p. 48].

(59) Alphabetum Tironianum, par Dom Carpenrier, pages 71-73 8c io2t103. Lutetiœ Parifior. 1747 , in-fol. cum jig,

(60) La Religion des Gaulois, tom. I, p. 401-405.

(6r) Hist. généal. de la maison de Savoye, tom. I, liv. I, chap. IV,pag. 45 -

(6r) On a imprimé à Lucerne en 1711 les Constitutions de Mont-Joux.

(63) On trouve dans le Mercure de France 1739, ( Décembre, vol. second)'un Mémoire historique fur le Monastère de Mont-Joux ou Hôpital du grand Saint-Bernard en Vallais. Ce Mémoire contient entr’autres objets , la spécificationdes bénéfices qui dépendoient autrefois de cet Hôpital. Voye^ auffi letom. VII du Dictionnaire de Morerì , édition de i/yp, p. 733.

(64) Leu, ibid. tom. XII, pages y^8-;88.

Gallia Christiana, t. XII, pag. 762-803 ; SzProbat. pag. 421 8c seq.

^ Obfervazioni Letterarie, tom. V 3 p. ,09. Verona, 1740, in-12,

Tome II &* dernier*

(i>) Religion des Gaulois, tom. I, pag. 298-299. Paris, 1727. in-p. avec Jig,

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