A B L E A U X DE
LA SUISSE.
men de-eeracte supposé, dont ia fausseté fut découverte,farce .qu’il avoit pour date une époque où le Comte Louis,que les faussaires faifoient parler dans lacté, n’existoitplus. La qualité du parchemin ôc la forme de 1’écriture■décélèrent aussi l’jmposture. Les deux coupables furentemprisonnés le 12 Avril 1412; le Baron de Rochefort eutla tête tranchée, le i5 du même mois, au bord du lac.On .planta un mûrier à l’endroit où il avoit été décelé : ily subsista , j u fqu’au 10 Juin 1663 , qu’il fut renversé par ungrand vent, suivant la Chronique de Neuchâtel. Le Cha-noine fut mis dans un sac, ôc noyé dans le lac deNeuchâ-rel. François de Colombier , veuve de Vauthier, femmevindicative, ayant obtenu le corps de son mari, prit fachemise baignée de son sang, la fit voir à ses deux fils,qui pour lors étoient fort jeunes , & leur fit promettre devenger fa mort, iorfqu’ils feroient parvenus à un âge plusavancé. Ils tinrent parole en 1434, en mettant le feu à laville de Neuchâtel, qui fut prefqu’entierement consumée,& fe retirerent en Guyenne, où l'on dit que leur postéritésubsiste encore. La Baronnie de Rochefort fut confisquéeau profit du Comte, qui fít aussi démolir les châteaux deRochefort, de Roussiilon ôc de Châtelard. Telle fut lafuite déplorable d’un attentat, occasionné par la cupiditémal-entendue du Comte Conrad : mais en même tempsen ne doit pas dissimuler ici la réflexion de M. de ( 47 )Tscharner fur les complices de Vauthier, Marguerite fasœur, veuve de Betermann de Vauxmarens , à qui leComte Conrad pardonna, ôc fur le Chanoine Leschet.„Rarement a t-òn vu de bonnes choses opérées par t espritmonachas joint à celui du beau sexe.
La Mairie , dite les Vèrrieres (48), est frontière du terri-toire de France. On volt dans le Jura , fur un rocher isolé<Sc très-élevé le vieux château de Joux , qui avoit autre-fois des Seigneurs de ce nom, ôc où le Roi entretient unGouverneur avec un détachement d 'Invalides. Ce châ-teau commande le passage, qu’une coupure dans la chaînedu Jura a procuré, & qui conduit en Franche - Comté.
Près du château de Joux est un défilé entre des rochersqui porte le nom de Cluse , où est le premier Bureau deFrance. La vue de ce château & celles de fes alentours fontpittoresques. Le Doux n’est ici qu’un petit ruisseau quiserpente fur les gazons dont la plaine des environs est cou-verte. Le nom de Joux en Latin, suivant M. de Sinner ,vient de Juga , sommet de montagnes, & indique laFauteur de ce pays, de même que le nom de la vallée
du lac de Joux , dans le Canton de Berne ; plufieM->autres districts de la Suisse occidentale portent le mem 0nom. Mais l’opinion de M. de Bochat (49) paroît pN^fondée. On fait que les hautes montagnes étoient regaidées par les Payens comme les résidences dés Dieux. Audiles appelloit-on du nom de ces Divinités. De-là celui demont Jou, en Latin Mons Jovis (jo), donné au granSaint-Bernard. De-là encore, pour n’en pas citer d autresexemples, le nom de Joux , par lequel le peuple 0eSdeux côtés du mont Jura en désigne aujourd’hui, commeautrefois, les parties les plus élevées. II n'y a qu’un q uartde lieue de distance de la Cluse à Pontarlier, ville ouverte,où l’on commence à trouver des chevaux de poste. H l 0,11ble que la nature ait fermé la Suisse de tous côtés pour ! agarantir d’invasions. Sur le mont Saint-Gothard, le P a ^sage est fermé par des rochers , où l’on a percé une g a ^ erie qu’on peut fermer par une porte. Sur les frontières dsBâie & du Canton de Soleurre, un défilé qui porte le nomde Cluse , laisse un passage si étroit, qu’il est aisé de Dgarder. Une autre Cluse est à quelques lieues de Geneve*En retournant du château de Joux , & reprenant la routede Neuchâtel, on rencontre un autre défilé, qu’on peuttenir fermé par une grande chaîne attachée d’un coté aurocher; ce passage n’a qu’environ trente pieds de largeur.Une tradition populaire rapporte que Jules-Céfar construi
fit autrefois un fort dans ces gorges de montagnes.
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on a voulu trouver partout des traces de son expedit 1011
dans un pays où il n’a jamais pénétré. La Mairie oes
rieres a deux lieues & demi en longueur, fur près de de u3C
lieues de largeur. Elle a pour limites la Mairie de a
Chaux d’Etaliers , ou de la Brevine , la Châtellenie
val-Travers , le Comté de Bourgogne ôc le Bailliage
Grandson , qui appartient aux Cantons de Berne ôc de ^
bourg. Cette Mairie comprend cinq Communautés.
trois premieres contiguës forment la Paroisse de ce norn /
ôc les deux autres celle des Boyards. U y a une sr ^
sterne Paroisse au midi, qu’on appelle la côte aux Fees.
village des Verrieres (31) est grand, très-peuplé, l eS
sons y font éloignées les unes des autres. U est si tu ^ 3 ^
un vallon étroit, entre deux chaînes de montagnes p ar
leles, ôc couvertes de forêts. Le fond, qui est m ^
geux, fournit de la tourbe. Le reste du terrain, st u °^ eS
assez pierreux, est fertile en grains ôc en pâturages-
habitans font en général actifs ôc industrieux. P u ‘
o • r r la fr° n
«'adonnent au commerce, que leur situation mr
(47) Dict. geog. de la Suisse, tom. II, pag. ic<?.
<48) Le même, ibid. pag. 187. Leu , ibidem, tom. XVIII, p. yoi-joi.
Sinner , Voyage dans la Suisse occidentale, tom. I, pag. 227 gj suiy.
<49) Ment. sur i’Histoire ancienne de la Suisse, tom. I, p ag . , 70 .
(50) Le nom de Jupiter* devenu fi célébré dans Pantiquite' payenne, n’eít quecelui de Jéhovah , qui caractérise I essence de Dieu > qui existe par lui-meme,& par lequel seul tous les autres êtres ne peuvent exister. Ce nom fe pro-nonçoit & s’écrivoit autrefois Jao ou Jou ; c est aìnfi q ue Dioiore (q deSicile appelle le Dieu de Moyse. L Oracle d rfpolìon-Clanus , qui e'toil de laplus haute antiquité, nommoit, suivant le témoignage de Macrobe (b), ie
. J
(0) Lib. I, pag. íp.
(b) Macrob. Safurnal. I, 78 -Strabo , Lib. XIII > pag. 442.sc) Aulu-Gell. V, iL.
de
plus grand des Dieux, Jao. Suivant Auìu Geìle (c), I’ancien n0!T V,^ p e sétoit Jovis, qui ne différé de Jao ou de Jou, que par fa termin ç a iitEtrusques appeloient de même Jupiter Jove ou Juve , ôc, en ^ g e ntéece nom, ils y attachoient encore la même idée qu’il avoit 1 ^ ~
avant l’introduction de l’idolatrie : ils le regardoient ( d) corn ^ nC ipemiere cause qui avoit donné I etre à tout ce qui existoit, I e P j,y n ; v ers*mouvement ôc de la vie, le Gouverneur ôc le Modérateur ^ e s ds(ji) M. OJlerwald, dans fa description des montagnes ôc des vNeuchâtel, pages 39-47.
,., j 1 fìflignot > t
(d) Senec. nat. quaest. II, 45. Voye\ aussi le Mémoire de M. t f ^ j’Acaéc 11116l’orïgine de l’idolatrie che{ les Phéniciens, dans le tome XXVI des C1 ^royale des Inscriptions & Belies-Lettres, pag. zz, Paris, »774< m *