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Tome deuxieme et dernier.
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T O P O G

îÈrs favorise ; d’autres exercent des professions dont leproduit fe débite au-dehors. On compte plus de trenteNégocians établis dans ce lieu, St un plus grand nombreencore qui portent vendre des dentelles chez les peuplesvoisins ; l’Horlogerie en particulier y fleurit. On a établiaux Farriérés une fabrique de toiles de coton qui occupeplusieurs ouvriers, «Sc une autre de cartes à jouer. On ytrouve des armuriers, des serruriers, des faiseurs de ro-maines , très-habiles, des fabriquans de bas, &c. L’agri-culture & l’économie rurale n’y font pas négligées. Leshabitans tirent aujourd’hui un grand parti de leurs excel-lons pâturages. Us font des fromages qui fe vendent avan-tageusement au-dehors, & produisent annuellement dessommes considérables. On remarque dans le village desBoyards , qui est à l’Est des Farriérés , les mêmes artscultivés & la même activité. La Paroisse de la Côte auxBées est à une lieue au Sud des Ferrieres. Elle est com-posée de dix hameaux séparés & de plusieurs maisons écar-tées. Le Temple est placé dans le plus considérable de ceshameaux. Quoiqu’on y trouve divers Artistes comme ail-leurs , ses habitans s’adonnent principalement à l’agricul-ture, & nourrissent un grand nombre de vaches & dechevaux dont ils font commerce. Les fromages qu’on yfait font très-estimés ; & la maniéré dont on y gouvernecette partie de l’économie rurale, mérite de trouver faplacé ici. Teíus les habitans d’un hameau qui possedent desvaches, s’associent, & louent un Maître Vacher à fraiscommuns. Chacun porte son lait bien mesuré dans le lieudestiné pour la fabrique des fromages, & tire fa part dupetit-lait, du feré, & du beurre , si l’on en fait, propor-tionnellement à la quantité de lait qu’il a fourni. La saisonécoulée , ils vendent leurs fromages en gros, payent leMaître-Vacher, de même que celui qui a fourni le loge-ment & le bois, & partagent le reste, selon le rapportdes mises. Ceux des Farriérés & des Boyards en font demême. Les pâturages des environs deviennent plus riches,a l'aide de la marne qui abonde dans ces quartiers, & quisert d’engrais. Les lieux d’où on la tire, font connus parla quantité merveilleuse de corps marins pétrifiés de toutecfpece.

Le terrain montueux & inégal qusoccupent les ha-meaux de la Côte aux Fées , est percé de diverses grottesplus ou moins vastes. Les principales sont d’abord laBaume aux chevres , placée au haut du mont des Ferrieres& qui sert de limites entre la Franche-Comté & l’Etat deNeuchâtel. Une seconde est au milieu d’une plaine rempliede rocailles ; son entrée est assez grande. Lorfqu’on ylette des pierres, on les entend bondir de rochers en ro-chers pendant six à sept minutes. Elle porte le nom d’unhabitant de la Côte aux Fées , qui voulant fe donner la ré-putation d’un Magicien, s’y faifoit dévaler ; & à son re-to ur racontoit des merveilles dont il prétendoit avoir ététémoin. On assassina, il y a plusieurs années, un hommeP r ès de cette grotte ; les meurtriers y jetteront son cada-Vr e. Un de fes souliers resté dehors fut trouvé & reconnu.

RA P HIE * *

Zacharie Jeannet eut le courage de fe faire descendredans cette grotte profonde, suspendu à des cordes ; il dé-couvrit le cadavre arrêté fur un banc de rochers, à plusde deux cents pieds, & l’un & l’autre en furent heureuse-ment tirés. Mais la plus célébré de ces cavernes est celloqui porte le nom de Temple des Fées , d’où la Paroisse elle*même a pris le sien, & qui a été visitée par un grand nom-bre de curieux de divers pays. Cette caverne est à peu dôdistance du hameau, appellé derriere le erét , & au midide celui de S alat-Olivier. Elle est de 120 pieds de pro-fondeur, fur quarante de largeur , & remplie de stalactitesde toutes efpeces. On s’imaginoit qu’il y avoit un Templeconsacré à Mercure ; & l’on ne cesse pas de débiter furcette grotte des contes ridicules. Envisagée cependantcomme une production de la nature, elle mérite l’atten-tion des curieux. 11 y a aussi aux environs du village dela Côte aux Fées une mine de fer.

On dérive le nom des Farriérés , donné au village & àla Mairie que nous venons de décrire, des Ferteries éta*blies primitivement dans ce district & dans celui qui enest limitrophe, & qu’on nomme Farriérés de Franche -Comté , pour distinguer le local des Farriérés de SuiJJe .Louis, Comte de Neuchâtel, donna en 1372, par sontestament (52), à Vauthier (y3), son bâtard, la Baronniede Rochefort & les F'errieres , près des Bards. Ce bâ-tard défricha le s Farriérés, qui auparavant ne contenoientque peu d’habitans. Mais comme il y avoit déja une ver-rerie , qu’on nommoit autrefois Ferrieres , & d’où ce lieua pris son nom, les possesseurs de cette Verrerie s’oppo^serent à rétablissement des nouveaux habitans. La Chro-nique de Neuchâtel porte qu’il y eut Un combat entr’eux,& que le Baron Vauthier victorieux soumit les rébelles.

La Mairie (yq) de la Chaux d’Etalieres , ou la Brevine ,est située fur la frontière du Comté de Bourgogne , &dans la proximité de la Mairie des Farriérés , de la Châ-tellenie de val-Travers , & de la Seigneurie de Travers *Ce district peut avoir deux lieues en longueur. II com-prend la Paroisse de la Brevine, où l’on trouve plusieursNégocîans & des Artistes en divers genres comme ail-leurs. Elle est aussi remarquable par ses eaux minérales quiy attirent chaque année un assez grand concours de person-nes. Ces eaux sont chargées d’un ocre ferrugineux, & re-nommées par leurs vertus. L’air qu’on y respire est falu-bre. A quelque distance de cet endroit, on trouve unétang, qui porte le nom de lac dlEtalieres. Î1 est partagéen deux par des marais, & a une demi-lieue de longueurde l’Orient à l’Occident. Sa partie occidentale étoit an-ciennement couverte d’une forêt de sapins 6t d autres bois.Ce terrain s’enfonça dans le courant du quatorzième sié-cle , & forma un lac. Les Annales de la Suisse sont men-tion de plusieurs grands tremblemens de terre qui déso-lèrent ees contrées depuis 1387 jusqu’en 1394. Le dernierfut si violent, qu’il déplaça des portions de montagnes.Un grand marais situé au Nord-Est de lâ Brévine, fourniedes tourbes ôc une grande quantité de sapins , autrefois

(n) Histoire abrégée du Comté de Neuchâtel, míc. ìn-fol. pag. 64, 1412, à l’article de la mairie de Rochefort.

*hn$ Bibliothèque de M* lo Baron de Zur-Lauben . ( 54 ) Leu^ ibid. tom. IV , pag. S to.m. V- pag. 2,r-2,2, 3c t. VI,

(iz) Le même dont nous avons rapporté la fin tragique, fous Tannée pag. 450. Sintier , Voyage dans la Suisse occidentale, tom. I, p. iîj-jií.