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Tome deuxieme et dernier.
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engouffrés fous terre. On connoîc un autre vallon dansl’Evêché de Baie, nommé la Nallée-des-Bois , d’où leshabitans de la contrée retirent une grande quantité deces arbres enterrés, dont ils se chauffent. Tous ces ac-«cidens indiquent fans doute des bouleverfemens causés par■des tremblemens de terre. Des lacs ou des étangs se sontformés de cette maniéré en plusieurs endroits de la Suisse.Mais on ignore la plupart des époques de l’histoire de laterre. On pêche aujourd’hui des brochets, des truitesdans le lac d’Etalieres. Les trois moulins souterreins àbled 3 établis fur ses bords, & qui font à cent pieds fousterre , méritent l’attention du voyageur. Mais toutes cesdescriptions ne donnent jamais que des idées imparfaitesde leurs objets. Cinq citernes placées à des profondeursdifférentes, reçoivent successivement les eaux de l’étang,qui font mouvoir plusieurs roues de moulins. Toutes ceseaux se perdent ensuite dans les fentes du rocher, & for-ment , selon l’opinïon générale, la riviere de la Rettfe,qui a sa source dans la Châtellenie du val-Travers.

La montagne du Chatelot , située au Nord-Est de laJBrévine , abonde en coquillages pétrifiés, placés dans des•bancs de marne bleue & dure, au-deffus de laquelle -fontdes lits de pierre calcaire jaune, dont la plus grande par-tie des montagnes de Neuchâtel font formées.

II paroît qu’à la Brévine , de même que dans plusieursautres lieux de ces montagnes, le goût des habitans pourles Arts méchaniques fait tort à l’agriculture. Point denouvelles plantations d’arbres pour remplacer le bois queces mêmes Arts & les besoins journaliers consomment.On ne s’attache pas avec assez de foin à la conservationà à l’économie des forêts, dont le dépérissement totalrendra quelque jour ces contrées inhabitables. Tout (5y)annonce en un mot chez ces peuples nombreux & pleinsde génie, trop peu d’attention pour divers articles impor-tans qui font cependant la richesse la plus solide & la plusinaltérable d’un pays.

La Châtellenie (y< 5 ) du Landeron , la premiere par sonrang entre celles de la Principauté de Neuchâtel, & qua-lifiée de Baronnie. Elie a pour bornes au Levant: le lacde Sienne & le Bailliage de biffe de Saint-Jean qui appar-tient au Canton de Berne; elle a au couchant la Mairie deVallangin; au nord celle de Lignieres, & au midi cellede Neuchâtel, la Châtellenie de Thiele, & la riviere dumême nom. On lui donne trois à quatre lieues de circuit;& on la croit peuplée de huit à neuf cent habitans. II y adans son district la ville du Landeron , le village paroissialde Greffier , les villages annexes de Combes , $ Eriges & deFrochaux , avec diverses métairies & maisons détachées.Son fol applati dans fa partie méridionale, & montueux

E LA SUISSE.

dans la septentrionale, est varié par des productions dif-férentes. Au Nord il a des bois & des pâturages estimés,& au Sud des vignes abondantes, des champs fertiles & després gras : il a même quelques marais dans cette derniereportion, laquelle n’est pas toujours à. couvert des ravagesde la Thiele, quand cette riviere se déborde. Les vins deGreffier font meilleurs que ceux du Landeron & de Cer-lier; plus on se rapproche de Neuchâtel, plus leur qua-lité augmente. C’est fans doute dans le fol même qu’il fau £chercher la raison de ces différences.

La ville du Landeron est placée entre deux bras ou ca-naux de la Thiele, à peu de distance du lac de Bien ne. Lefol limitrophe du Landeron est marécageux; la Thielequi le traverse, forme beaucoup de sinuosités , avant qued’entrer dans le lac de Bienne. Le nom du Landeron , enAllemand Landeren , vient, suivant des Auteurs, de ceque la ville est bâtie fur des Landes rondes. M. de (5?)Bochat a beaucoup disserté fur l’étymologie du nom deLanderon 3 il le dérive du Celtique, Lander-on , c est-à-dire, pays de la terre de l’eau , ou simplement P&y sfur Peau. On prétend que le bourg du Landeron a étébâti des ruines d’une grande ville, nommée en Latinronica , & en François Nerieu ou Nereu. Elle tenoit, dit-on, depuis le mont Jura jusqu’à la Thiele, & depuis Lan-deron jusqu’à Creffler ou CreJJy. La tradition porte qu cU efut bâtie du temps de PEmpereur Néron , & que les Lieu-tenans & Gouverneurs dans l’Helvétie l’appellerent, al’honneur de leur maître, Neronica. Sous les Rois C ar ‘lovingiens le lac de Bienne portoit le nom de lacusgerolis , ainsi dit de Nugerol ou Neurol. II y a grande a P"parence que le local de cet endroit important étroit a 1 endroit où présentement on voit Landeron , & que le p 3 J 5des environs a pu être aussi nommé Nugerol , mais M-Bochat pense que la Neuville , sur le lac de Bienne, ét° lCl’endroit appellé Nugerolis.

Quoi qu’il en soit, Rolin ou Rodolphe V, Comte àsNeuchâtel, passe pour être le fondateur de la ville éuLanderon. Ce Prince étoit jaloux contre l’EvêqueBâle, qui avoit bâti (y 8) la Neuveville en iz11, fur unterrein qui avoit autrefois fait partie du Comté de Neuchâtel; il fonda en 13iy, à une demi-lieue de-làj vtieautre ville qui s’appelle Landeron. Cette petite vi >dont les anciens murs subsistent encore, avec des P° rte ^qui ne servent qu’à gêner les voitures au passage,

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la gloire, peu difficile à la vérité dans ces temps reçu

de repousser les forces combinées de la ville de Berne

du Comte de Kibourg : dans ce temps rien n etoit p

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commun que de se faire la guerre, ôc rien n étoit n

que de se bien battre. L’Evêque de Bâle étoit continue

(y5) M. Osterwald, Descript. des montagnes de Neuchâtel, p. 56.

(56) Leu, ibid. tom. Xf, pages 515-326. Tscharner, Dict. géog, de laSuisse, tom. II. pag. 13-< 5 - Sinner, Voyage dans la Suisse occidentale,tom. I, pag. 146-151, 6cc.

(57I Mém. fur l’Hist. anc. de la Suisse , tom. III, pages 441-444.

(58) Voici ce qu’on lit dans IHìjloire abrégée du Comté de Neuchâtel ,manuscrite, pag. 40-41, cjue nous avons déjà citée plufieurs fois.

L’Evêque de Bâle ( Gérard de Wippens ) bâtit la Neuville en Pan 13 u ,à la sollicitation des habitans, qui auparavant, pendant dix ans, n’avoienthabité que dans des cabanes. Le Comte Rodolphe voyant que l’Evêqi

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de Bâle fe fortifioit du côté de son pays, acheta de l’Abbe e ^ ^,,2Saint-Jean, une place où il bâtit en 1315 le Landeron, afin ^ aV ° me0t aville à opposer à celle de l’Evêque. L’an 13 24 le Comte Rodolphe aU " t _j ea iila ville du Landeron 8c la fit fermer de murailles; Lc l’Abbé de ai ^,y fit bâtir une Eglise 8c une maison, pour un Prêtre. En vendant . ^ Atí0 nil s’étoit réservé le droit sur le spirituel, tellement que l Abbe e °ç úCC éàê>8c Collateur de cette Eglise; 8c Meffieurs de Berne, qui autour

ont eu le même droit. Rodolphe fit encore faire un gran ° jon 113de la ville, qui conduisoit la Thiele dans le lac de Bienne >plufieurs franchises aux habitans»