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Renient aux prises avec ie Comte de Neuchâtel, qui eutîa satisfaction de voir lever le siégé de sa petite ville deLanderon, où ce Prélat ne fit que se montrer, pour fuirlâchement, laissant tous ses bagages ôc fa vaisselle à lamerci du premier venu. Les Bernois s’en étant emparés,les renvoyèrent à TEvêque, qu’ils soutenoient dans cetteexpédition. Ils revinrent une seconde fois devant cetteplace redoutable, ôc échouèrent encore. On n'avoit pointd’artïllerie alors, ôc l’efpérance des Bernois, dans ce fiegefameux, étoit fondée fur le succès d’une machine de guerre,que les anciennes chroniques de la nation nomment unchat : on place cette expédition fous Tannée 1324. De-puis cette époque le Landeron se soutint ; il fut mêmeautorisé dans la fuite à contracter avec Soleure, en iyoi,une Combourgeoisie particulière ; ôc même de nos jours,à T instar de Neuchâtel, cette ville porte les armes fousfa propre bannière. Elle professe, ainsi que toute la Châ-tellenie, la Religion catholique, ôc renferme un Hospicede Capucins : son Clergé est du diocèse de Lausanne.Cette Châtellenie a conservé Tancien culte, tandis quele reste des habitans du Comté de Neuchâtel embrassala Réformation. La maniéré dont ce grand changements’opéra en Suisse, tient du caractère national; on la traitacomme une affaire où chacun étant intéressé, devoit avoirle droit de voter. Rien en. effet ne paroiffoit plus juste ,dit M. de (59) Sinner; SC Jl la nouvelle Religion nédépend plus aujourd'hui de la volonté libre de ceux quila professent , convenons du moins qiielle fut dans sonorigine entré les mains de la pluralité. Cétoit , à la vérité ymettre les affaires de Vautre vie ait rang de celles de cemonde y mais che £ des peuples libres , il convient que lavolonté de chacun fesoumette à celle du plus grand nombre icependant , s'il ri y a qu une foi qui fauve , SC s'il fautêtre Chrétien selon les lumières de fa conscience , com-ment la pluralité des voix peut-elle décider de la foi dechaque individu ? Quoi qu il en soit y f là nouvelle doc-trine des Réformateurs Vemporta , comme disent les Histo-riens , de dix-huit voix dans la ville de Neuchâtel y laMesse eut le dessus (60) à Landeron y dé un ou de deuxsuffrages. Le village de Crefsier prit le même parti. LaFoi catholique s’y est toujours maintenue y les habitans°nt conservé leur premier ^ele au milieu du culte des Ré-formés qui les environnent.
Entre Landeron ôc Cressier , Ton voit fur une émi-
nence du Mont-Jura, la Chapelle de Combes y sondéepar Madame de Nemours, Comtesse de Neuchâtel, oùles Capucins de Landeron vont tous les quatorze joursdire la Messe, pour les habitans des montagnes des envi-rons. L’Eglise (61) de Cressier est assise sur un rocher fortélevé, éloigné d’un grand quart de lieue du village. Orìvoit entre Cressier ôc Saint-Biaise, une montagne déta-chée , qui paroît formée des débris des éboulemens dìLMont-Jura; ce font des amas immenses de pierres cal-caires de quatre à cinq pouces d’épaisseur, en forme debriques. Près de Cressier , au milieu des bois, est unebelle carrière de pierre de taille calcaire, très-appro-chante de la finesse du marbre , qui fournit des pierrespour bâtir à une grande partie des environs.
La Châtellenie (62) de Boudry est située entre lesMairies de Cortaillod, de Bevaix ôc de RoChefort, ôc laSeigneurie de Colombier , près du lac de Neuchâtel ;elle comprend la petite ville de Boudry & les villagesTrois-Ros, Areuse , ôc en partie Bêle. La ville de Bou-dry, située fur les coteaux qui dominent les plaines, estune des quatre Bourgeoisies qui dans certains cas repré-sentent le corps de T Etat : elle est la seconde Châtelleniede la Principauté de Neuchâtel. A cela près , Boudry |n’estguères connu (63) que par les excellentes truites qiTostprend dans la Reufe. Le nom de Reufê, qu’elle partageavec la Reussy une des plus grandes rivières de la Suisse ,doit être aussi ancien que la langue ôc les habitans, s’ilest celtique, comme le prétendent quelques Savàns» LaReuse divise la ville de Boudry en deux parties inégales ,qui font réunies par un pont. Le vin rouge de Boudry ipasse pour être un des meilleurs du Comté de Neuchâtel»Près de Boudry on trouve une mine de gyps ; il y a aussiune fabrique de toiles peintes. M .Bernoulli, après avoirfait le tableau des diverses manufactures qui depuis soixanteans se sont multipliées à Boudry ôc dans les autres districtsdu Comté de Neuchâtel > leur ( 64) attribue en grandepartie la corruption visible des mœurs dans le peuple àla campagne. Ses observations partent d’un véritable Pa-triote , que Tilluíìon de Tégoïsme n’aVeugle pas dans sesspéculations.
On trouve dans les montagnes de là Châtellenie déBoudry y plusieurs quadrupèdes, ainsi que {6s) des oi-seaux {66) qui sont assez rares en Suisse; on prétend aussiqu’il y a des sources salées, mais on n’en tire aucun parti»
(5 9) Ibidem, tom. I, pag. 14p.
(60) En 154*.
(61) M. Bernoulli rapporte des inscriptions romaines trouvées à Creflîef.t Description du Comté de Neuchâtel , pages 441-332]. Un de ces monumenssemble indiquer qu’il y avoir en cet endroit un Temple consacré au Dieuàrr. FANUM MARTIS.
(61) Leu, ibid. tom. IV, pag. 137. Tfcharner , ibid. tom. I, p. 146-147.
Sinner, ibid. tom. I, pag. 15 9, Lcc.
(63) Boudry est encore notable par une espece de servitude très-fingu-liere pour un pays de franchises tel que le sien. Dès le milieu du quator-zteme siécle, elle a formé un corps de Bourgeoisie , qui, par les termes
*ta l’iustitution même, rend tous ses membres sujets à la glebe : ils fontatt achés à son fol, au point de ne pouvoir l’abandonner ou l’échanger,siue de l’exprès consentement du Prince; c’est, à quelques modificationsP r ès, la Leiòeigenfchafft , établie dans tant de Provinces d’AIIemagne 8t‘tans tant d'autres pays septentrionaux; & il n’est pas douteux que ce neLit en vertu de cette constitution fondamentale, laquelle n’est d’ailleursbalancée dans Boudry par aucune immunité bien essentielle, que fa Bour-
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geoisie prétend être dans l’usage, inconnu aùx autres corps de fa forte ïde fe donner des membres» à Pinsu même du Souverain. II est visible, 1en effet, que moins affranchis que ceux du reste de l’Etat» les Bourgeoisde Boudry péuvént augmentér en nombre quelconque, fans diminuer esttietì par-là le profit direct de leur Prince; mais comme il est sensible estmême temps, que fous la domination d’un Souverain tel que le Roi dePrusse, le profit direct de la Couronne ne sautoir être Punique objet desvues de son Gouvernement, Sc qu aux avantages immédiats de ses financesfut toujours associée la gloire de régner avec lumières & bonté, Pon alieu de croire que la Ville de Boudry fera avec le temps affranchie de sonassujettissement actuel, & mise dans lé rang des autres Bourgeoisies,quant à la réception de ses Bourgeois. [ Note de M. de Tscharnet , dansson Dict. géog. de la Suisse, tom I, pages 146-147].
(64) Description du Comté de Neuchâtel, pages ;s6-;sS.
(65) Des ours, des sangliers.
(66) Le Rouge-queue-noire, le Merle à coiier, le Cassenorx, íg Bec* *croisé, la Mésange huppée ; fke.
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