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Ses] Soldats en sentirent asser la puis-sance. Elle éroit en si grande re-commandation , que plusieurs dansson armée firent des recueils de sesHaranguer militaires, & M. le Che-valier Folard rapporte qu’Augusteprenoit un singulier plaisir à se lesfaire lire.
Les discours faits à la tête des ar-mées, où il y entre des mots deraillerie, dc de plaisanterie, font,dit PAuteur que je viens de citer,plus d’eífetque les plus sérieux quel-que bien tournés, qu’ils soient.Un bon mot quelquefois est d’ungrand effet. Celui d’Annibal à Gi-scon à la Bataille de Cannes en fitbeaucoup. Celui-ci lui dit: que lenombre des ennemis lui paroisfoit fortétonnant. Annibal, au rapport dePlutarque, fronçant le sourcil, luirépondit : Mais il y a une choseplus étonnante encore, Giscon, h'T àlaquelle tu ne prens pas garde : Gi-scon lui demanda ce que c’ étoit :C'ejì dit Annibal, que de tous ce pro-digieux nombre d’ hommes, il n y ena pas un seul qui s’appelle Gisconcomme toi : ce qui fit rire tout lemonde, & toute Tannée le sçut unmoment après.
Le même Auteur dit, qu’Antigo-nus ne faisoit pas d’autres Haran-gues à ses Soldats. Les Lace'démo-niens les faisoient encore plus cour-tes, mais toutes pleines de sens &dc force. Thucydide aussi bon Hi-storien , que grand guerrier, prêteà ses Héros de fors belles Haran-gues. Celles de Quint - Curce fontfort estimées. Les Livres sacrésnous en fournissent un très - grandnombre, qu’on ne sçauroit trop ad-mirer. Tacite n’excelle pas dansles siennes. Celles de Polybe fontcopiées d’après celles des Généraux.Dans celles de Tite-Live il y a tropd’ornemens de Rhétorique. Un Ge-neral ne les connoît point.
Nous avons dans Vacillas uneHarangue de Zisca. Cette Harangue
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pleine de force, digne d’un militai-re , dc faite à des Soldats pour lesdétourner du pillage de Prague, scpeut lire dans PAuteur que je cite.Ce chef des Huffites, comparableaux plus grands hommes de Panti-quité, avoit la coutume de haran-guer ses trouppes pour les animerau. combat, & pour d’autres rai-sons où son éloquence étoit né-cessaire.
La moyenne antiquité, dc les mo-dernes eux-mêmes nous fournissentUn assez bon nombre de Haranguesfaites à la tête des armées. Proco-pe en rapporte quelques-unes furtoutes fortes de sujets militaires,d’autant plus belles, qu’elles fonttrès - courtes, & pleines de sens &de force.
Depuis Henri IV. il y a peu deGénéraux, qui se soient mêlés deharanguer leurs trouppes, pour le#encourager à bien faire, si ce n’estCharles XII. Roi de Suéde, à la Ba-taille de Nerva. Les Officiers par-ticuliers, qui font à la tête descorps, n’ont pas tout à fait oubliécette bonne coutume, ils n’en fontjamais que fur le modèle de celle*des Lacédémoniens. Henri IV. à laBataille d’Ivry, avant que d’enga-ger le combat, parcourut toute laligne, & montrant à ses Soldats sonCasque, surmonté d’un panacheblanc, leur dit : Enfant, Jt lesCornettes vous manquent par quelqueaccident, voici te signal du rallie-ment, vous les trouverez toujoursfur la route de ■{honneur, cs de laviCloire.
HARENG: c’est un petit pois-son dont la grande pêche se fait àla fin duPrintems dc Automne. Onle trouve en de grosses trouppesdans la mer du Nord dc ailleurs.Les harengs suivent les feux, & enpassant ils semblent un éclair. Lapêche dc préparation du hareng senomme droguerie. On appelle ha-renguaison la saison où l’on pêche