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Au derriere de la ligne étoieiltVautres chariots faits en façon deTours, fur lesquels e'toient desArchers. L’ufage des chariots deguerre étoit de commencer le com-bat, en s’eíforçant à toute coursed’ouvrir PArmée ennemie, pour yporter le carnage & le dérange-ment. Ensuite la ligne des Com-battans avançoit, on en venoit àla charge, les Soldats bien serresdans leurs rangs , & pendant lacharge , les Archers qui e'toientfur les chars, & qui domitioientfur la ligne, ne celToient de déco-cher des flèches à l'Ennemi.
La bataille de Tvinbara feulepeut suffire pour donner un exem-ple de presque toutes les manœu-vres de guerre , usitées dans cespremiers teins. Les Grecs avoientdeux différentes maniérés de mettreune Armée en ordre bataille, &ils avoient des noms significatifs àleurs arrangemens. Si le centre oule corps de bataille avançoit plusque les ailes, & formoit par-là unefigure d’angle sortant, cela s’appel-loit faire l’Embolon. Si, au con-traire, le centre se trouvoit plusreculé que les ailes, ce qui faisoitune figure d’angle rentrant; celas’appelioit faire le Pcplegmenon.
A la bataille de Mantinée, lesArcadiens & les Lacédéuionienscombattant l’un contre l’antre, PAr-mée des prémiers fit le Pcpieomc-n on, c’est-à-dire creusa ou enfon-ça son centre, ce qui obligea l’Arméedes seconds à former l’ordre opposé,<5t à faire VEmboìon. Les Auteursqui ont parlé de cette Bataille,après Pausanias, relèvent beaucoupl’ordonnance gardée par les Arca-diens , qui eurent la victoire. Ce-pendant Annibaì ne gagna la Ba-taille de Cannes, que pour avoirfait PEmbolon, qui étoit l’ordon-nance qui fit perdre aux I.acédé-moniens la Bataille de Mantinée.Les Grecs, devenus Sujets des
Romains , prirent la maniéré decombattre de ceux qui avoientappris d’eux beaucoup de choses.Les Ecoliers à leur tour, montrè-rent à leurs Maîtres. C’eít de Tite-Live que l’on sçait que les Romainsapprirent des Grecs, à disposerleurs Légions en Phalanges, à laMacédonienne: Et quod anteà Pha-langes Jìmiles Macedoniis , ho c pofteâmanipulatim Jìrucla actes cocpit effe.
L’ordre en Quinconce ou en Echi-quier dont je parlerai plus bas,ne fut pas d’abord en usage cherles Romains. Leurs Légions e'toi-ent divisées en plusieurs Corps sé-parés par des intervalles capablesde contenir un autre Corps; & cesintervalles faifoient paroître Tordreen colomne, qui fut leur Cuneusou Rojlrum , qui répondent à t’Em-loion & au Plejìon des Grecs.
Cet ordre conlìstoit à rangerplusieurs Manipules ou Cohortes(car les divisions des Légions eu-rent successivement ce nom) lesuns sur les autres, ce qui faisoitune colomne ; & entre cette co-lomne & une autre semblable quil’accostoit, se laisl’oit un intervalleen façon d’allée, dont l’isliië sur lederriere, n’étoit point fermée parun Corps, comme dans Tordre enQuinconce.
Ces allées étoient faites pour yfaire entrer les Ele'phans, qui yétant une fois engagés, traverfoi-ent P Armée fans y causer de dé-rangement. La manoeuvre des Ro-mains, pour obliger les Ele'phansde leurs Ennemis d’enfiler les alléesdes Légions, étoit de détacher deshommes armés à la légere qui ta-choient de gagner la croupe de cesanimaux , & s’ils en venoient àbout, ils les forçoient , malgréleurs Conducteurs, de passer parles allées, fans endommager lescolomnes ; c’est-là la manœuvre quile fit à la Bataille de Zama, oùScipion défit Annibal.
Mais