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Tome II.
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Maïs quand les Romains n'eu-rcnt pins h combattre contre desEléphans, les intervalles par euxinventés leur parurent si avanta-geux, pour empêcher qu'u n Corpsparticulier étant défait, ne fût lacause de la défaite d’un autre enretombant sur lui, qu’ils les con-servèrent.

Pour ne pas laifl'er des vuides siappareils, que dans l’ordre en co-lomne, lequel ordre constammentgardé auroit pu faire retomberdans l’inconvénient qu’on vouloiréviter, qui étoit d’empêcher qu’unCorps défait n’en défît un autre,ce qui pouvoit arriver à une co-lomne dont les sections fe pouvoi-ent renverser les unes fur les au-tres, ils imaginèrent l’ordre enQuinconce, qui n’oftroit plus quedes allées fermées.

Le Chevalier Folard par sonTraité de la Colomne, a voulu re-mettre cette ordonnance en vogue :mais il a soutenu son système avecun peu trop d’obstination, voulantplacer des colomnes en toutes oc-casions , & soutenant que ces co-lomnes font d’une bonté préféra-ble à tous autres arrangemens ;c’est ce qui fait qu’il à essuyé tantde critiques.

Si les Romains, scion Tite-Live,dès les premiers tems de leur Ré-publique, formèrent leur Tactiquefur celle des Grecs , il faut du-moins convenir que ces Romainsne prirent pas d’abord tout ce quela Grèce leur auroit pu fournirfur cela, & que ce ne fut qu’k laguerre de Pyrrhus, qu’ils cesserentde prendre des Grecs tout ce queceux-ci fçavoient fur l’Art Mili-taire. Le profit qu’ils firent lesmit en état de se composer uneTactique prise de ce qu’il y avoitde meilleur dans celle des Peuplesd’avant eux, fans qu’il leur encoûtât d’autre étude que de prati-quer, ou tout au plus de perfe-

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ctionner, ce que d’autres a voientinventé ; ils apprirent par ce moyenà vaincre tous les autres Peuples,qu’ils’ eurent par la fuite à com-battre.

On trouve dans l’Histoire denotre Monarchie , trois différentesmaniérés de ranger une Armée enbataille , qui furent les plus usitéesen Europe , depuis le cinquièmesiécle jufqu’au dernier.

Le prémier est de mettre I’Infan-terie en prémiere ligne, & la Ca-vallerie en seconde, tel que celasc sit k la Bataille de Creci.

Le second est, au contraire, demettre la Cavallerie en prémiereligne, & l’Infanterie en seconde,comme cela sc sit à l’attaque duCamp de Courtrai de l’an 1302.

Et le troisième est de mêler dansune seule ligne l’Infanterie avec laCavallerie, comme cela sc fit k lajournée d’Yvri. Henri IV. en cetteBataille, partagea toute fa Cavalle-rie en sept gros Escadrons, dontchacun étoit flanqué de Bataillons,& avoit au-devant de lui uneTrouppe dEnfans perdus.

De ces trois arrangemens le pre-mier peut passer. Le second nevaut rien, & le troisième est bon.La défectuosité du second paroi t,en ce qu’il a toujours été fatal kceux qui s’en font servi. Une Ca-vallerie en prémiere ligne quivient d’être défaite, ne peut man-quer de rompre & d’emporter l’In-fanterie qui est derriere elle, au-lieu qu’unc Cavallerie en secondeligne, ce qui fait le prémier de nos .trois arrangemens, peut rester plusaisément, & tenir ferme quoiqueP Infanterie qui la couvroit soitdéroutée.

A l’e'gard du mélange de l’Infan-terie avec la Cavallerie, on donneh cet arrangement la préférencesur les deux autres, pourvu quele terrein où il se fera, & que

Tordre