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Tordre que prendra l’Armée qu’onaura en échec, y convienne.
C’est un fait très - expérimente,que les Corps de Cavailerie Ôcceux d’Infanterie fe soutiennentmutuellement bien. Les metrre àune grande diílance les uns desautres, c’est un défaut, & c’est ce-pendant ce qui arrive dans l’arran-gement ordinaire d’une grande Ar-mée, qui à son Infanterie fur uneligne st étendue, que le centre decette Infanterie n’a aucun secoursà espérer de la Cavailerie, cetteCavailerie étant aux deux extrémi-tés de cette longue ligne, & parconséquent éloignée quelquefoisde plus d’une lieue de ce centred’Infanterie.
L’Amiral de Coligny, un desbons Capitaines de son tems, avoitcoutume de mettre entre ses Esca-drons des pelotons d’Arquebulìersà pied, pour que le feu de ceux-ci dérangeât un peu les Escadronsennemis, qui venoient chargerles liens.
Le Vicomte de Turenne faisoitla même chose. II sçavoit re-médier au défaut d’une Infan-terie trop éloignée de sa Ca-vallerie. ' A la Bataille d’Ensheiradonnée en 1674. entre les François& les Impériaux, ce Vicomte fitplacer cinq Escadrons dans le cen-tre d’entre les deux lignes, furlesquelles T Armée Françoise com-battit.
Les François ne prirent que peude chose de l’art de combattre desRomains. Bien des gens veulentôter à ceux-ci l’invention de Tor-dre Quinconce ou en Echiquier. Ils• 'attribuent à Palémedc , fils deNatipilius , qui, selon eux, l’in-venta au siège de Troye , pourque les Phalanges Grecques cou-pées par petits Corps, puisent fairedes manœuvres séparées.
Il ne paroi t pas que cette or-donnance en Quinconce, si souventDift. Milit. Tom. IL.
pratiquée par les Romains, Tait étéde même en France. Ce n’est quedepuis environ un siécle que lesEspagnols fous la conduite deleurs Ducs d’Albe & de Parme, lesHollandois fous leur Prince Mau-rice, & les Suédois fous leur RoiGustave - Adolphe, ayant reprisTordre en Quinconce, nous ontpareillement mis dans le goût dele reprendre.
Cet ordre consiste à placer lesBataillons de la seconde ligne vis-à-vis les ouvertures ou interval-les laides par les bataillons de laprétniere ligne. Ces ouvertures fontfaites pour que chaque bataillonpuisl'e manœuvrer commodément,fans nuire à ceux dont il est flanque,pour que la seconde lipne puissepafl’er en avMt de la premiere, s’ilen étoit besoin , & pour (en casde défaite d’une premiere ligne)que les fuyards de cette ligne puis-sent passer entre les intervalles desBataillons de la seconde ligne, fansque cette seconde ligne puisse êtreébranlée.
Quoique cet ordre soit aujour-d’hui préféré à tout autre, il estdes cas où il pourroit ne pas con-venir. C’est une erreur de croirequ’en fait de manœuvre de guerre,on doive s’attacher plus scrupuleu-sement à Tune qu’aux autres, quandaucune n’est dans le cas d’être re-jettée comme totalement mauvaise.
Ce sont les lieux, les circonstan-ces & le génie des Peuples donton a la conduite, ou contre les-quels on a à combattre, qui doi-vent déterminer un habile Géné-ral fur la forme de Tarrangementqu’il fera prendre à son Armée.
Si un Général s’avifoit de garderun ordre constant d- toujours uni-forme dans ses dispositions pourcombattre, fans avoir égard auxchoses qu’on vient de dire, & quidoivent le faire varier dans fa mé-thode , il pasleroit avec raisonO pour