55 *
f* E T
PET
552
n’étant encore qtie Roi de Navarre,prit Cahors en 153p. par le moyendes pétards. Les autres Nationss’en font ensuite servi pour rompreles portes, ponts-levis, herses,gril-les à tout ce qui tient lieu de por-tes, pour abattre les murailles sim-ples, & non terrassées, & pouréventer des mines, pourvu qu'il n’yait pas beaucoup de terre entredeux.
On peut donner au pétard plu-sieurs’figures, dont la meilleure estcelle qui ressemble à une cloche. Ony met des anses par lesquelles on;l’attache fortement au madrier furlequel on le met. On peut aussi seservir des anses feulement, pour leporter & y faire un bord bien fort,avec quatre trous, par où on lecloue fur le madrier. La lumièrese met auprès de la culasse, & l’ony fait entrer la fusée jusque dans lemilieu, ou si l’on veut on fait uncanal dans 1 épaisseur de la culasse,jusqu’ati milieu, où ce canal se dé-terminera pour entrer dans lepétard.
La matière dont on fait ordinai-rement le pétard, est d’alliage oude bronze. En cas de besoin , onles fait de fer, de plomb, d’étain,& même de bois : mais ils creventtous, & leur esset n’cn est pas par-conséquent si fort. Le tuyau de lafusée doit être de même métal, &tenir bien au pétard.
La partie opposée à la culasse,s’appelle la bouche du pétard.Quand on le veut charger, on Pas-seoit sur la culasse, & on le remplitde poudre bien fine, que l’on batsans la dégrainer, enforte qu’il yentre une fois & demie autant depoudre, que le pétard en contien-droit fans être battue.
II est bon de mettre un bâton per-pendiculaire fur le milieu de la cu-lasse, de Pépaifieur d’un pouce ou unpeu plus, selon la grosseur d’un pé-tard. On met tout au tour de ce
bâton la pondre fine & bien battue,& après que le pétard est chargé, onretire le bâton, & l’on remplit l’e-space qu’il occupoit de poudre sine,qu’on ne bat point : ainsi pourPamorcer, on fait un trou à la char-ge par la lumière, jusques fur lemilieu de la culasse, & l’on remplitencore ce vuide de poudre bien bat-tue, ce qui augmente Pesset du pé-tard, à cause que cette poudre ditmilieu prend toujours mieux.
Quand le pétard est chargé jus-.qu’environ deux doigts près de la'mouche, on met fur la poudre untranchoir de bois, ou plusieurs car-tons bien forts, & l’on acheve de leremplir avec de la cire jaune, de lapoix grecque & de la térébentine.Le bon pétard doit avoir un petitrebord en dedans, afin que le ci-ment tienne mieux. Enfin on cou-vre le tout d’une toile cirée, qu’onlie tout autour, afin que la pluyen’y entre point, & l’on observe dele porter toujours la culasse en bas,pour éviter que la charge ne tombe,la fusée doit être d’une compositionqui fasse son esset un peu lentement,afin que le Pétardier ait le tems dese rétirer, quand il y aura misle feu.
Lorsqu’on veut se servir du pé-tard, on Rattache à une grosse piè-ce de bois fort, qu’on met devantfa bouche, & auquel on le lie parles anses, s’il n’a point de rebord,ou avec quatre gros clous plantésdans le rebord, s’il y en a un quisoit percé, ou avec des clous à cro-chet, s’il ne l’est pas. Cette piécede bois qu’on appelle madrier, doitêtre serrée avec de bonnes lames defer, mises en croix par dessus, afinqu’elle ne se brise pas. On y faitau milieu un creux rond, un peuenfoncé, fur lequel on met le pé-tard , & on y ajoute à un bout uneanse ou crochet pour l’attachçr con-tre Pendroit qu’on veut pétarder.
Si