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Tome II.
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553-554
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Si on peut approcher de la porte,qu’on veut faire sauter, on y atta-che le madrier, avec un ou deuxtirefonds, le joignant autant qu’onpeut à la porte, afin qu’il fasseplus d’esset.

Si la porte etoit ferrée, & qu’onn’y put pas planter des tire-fonds,on y mettroit une fourchette, quisoûtiendroit le madrier. Quelque-fois même on en met une à chaquecôté du pétard, pour le soutenirmieux ; & c’est ainsi qu’on rappli-

que contre les herses & les bar-rières.

Quand on ne peut pas approcher,on attache le pétard au bout d’unpont volant, qui est arme au boutde deux pointes de fer, & l’onpousse le pont avec rapidité, asinque les pointes entrant bien avantdans la porte, 1 e pétard s’y trouvejoint le plus près qu’il fe peut.

Les flèches dont on se sert dansces fortes d’occasions, valent beau-coup mieux que les ponts. Cettemachine est plus légere & plus fa-cile à construire. Voyez F L e'-C H E S.

Si le fossé e'toit trop large, onpourrait fe servir d’une machine,que le Chevalier de Ville nommeescale. J’ai parlé de sa constru-ction à son article. Voyez escale.

Dans ces trois cas on met le feuau pétard, avant de pousser la ma-chine contre la porte : niais l’onobserve de faire une fusée extrême-ment lente, afin qu’il ne fasse passon effet plûtòt qu’il ne faut : oupour plus de sûreté, on attache lelong de la machine une mèche debonne composition qui répond à lafusée, & l’on y met le feu, aprèsqu’on a avancé la machine.

La grandeur des pétards doit êtreproportionnée à la force des portesqu’on veut rompre : car un petitpétard ne feroit presque rien contreune porte double & bien barrée;& un gros pétard ne feroit qu’un

trou, de même qu’un boulet de ca-non dans une porte foible. C’estpourquoi il faut en avoir de diffé-rentes grandeurs, & si l’on n’avoitqu’un grand pétard pour appliquercontre une porte foible, il faudroitalors faire le madrier beaucoupplus grand qu’à l’ordinaire, afinqu’il aide à briser la porte. On ob-serve la même chose à l’e'gard despétards qu’on met aux barrièrespour emporter plus de pieux ala fois.

Quand on veut surprendre uneVille par le pétard, il faut aupara-vant s’informer, non-sculement dece qui regarde l’intérieur de la Pla-ce, la force de la Garnison, lesavenues & les lieux circonvoisins.Mais il faut outre cela faire recon-noître & sçavoir au juste de quellemaniéré sont faites les portes, s’ily a quelque demi-lune au-devant,avec ou fans fossé, si le folle est secou plein d’eau, & qu’clle en est lalargeur, s’il y a des barrières bas-ses ou hautes , fortes ou foibles,quelles sentinelles on y met, com-bien de portes il faut passer, & quel-le est leur distance, si elles font debois ou de fer, vis-à-vis ou en dé-tournant, en quel endroit font lesCorps-de-Gardes, combien il en fautpalier, avant d’arriver à la Place,& comme ils font situés.

S’il y a des canons, pierriers, ouautres machines : combien on doitpalier deponts-levis, s’ils font à flè-ches, à bascules, ou simplement deplanches, qu’on ôte & qu’on metquand on veut, quelle est leur lar-geur, s’il y a des herses ou des or-gues, comment elles font soutenues,par où elles tombent, & qui est ce-lui qui est chargé de les abattre:où font les serrures, gonds, chaî-nes & autres choses qui ferment laporte, parce que c’est là où il fautattacher le pétard, asin qu’il ouvretout d’un coup.

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