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Tome II.
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S’il y a des meurtrières ou mache-coulis en dehors ou en dedans, en-tre deux Corps-de-Gardes; quelleschoses on y tient pour jetter furceux qui voudroient entreprendrefur la Place. Enfin l’on doit s’in-struire à fond de tout ce qui peutempêcher ou aider le succès de l’en-treprisc.

Après avoir pris toutes les infor-mations nécessaires , on fait fcspréparatifs, & l’on se met ensuiteen marche. On doit avoir doublee'quipage de pétards, de ponts vo-lans, de fléchés, de crics, haches,tenailles, pieds de chèvre, mar-teaux & autres instrumens, pourrompre & briser tout ce qui pour-roit faire obstacle.

Outre le Pétardier & un Chef, ilfaut 20. hommes, i. qui porte lemadrier, 3. pour le pétard, c’est-à-dire deux pour le porter & un pourles aider, en cas de besoin, & tousles quatre pour le porter alternati-vement de deux en deux, s’il est at-taché au madrier. Les deux qui sereposent, portent chacun un mar-teau de Maréchal.

Après ceux-ci, viennent deux au-tres, qui ont chacun une grande'hache, ensuite un autre avec unpied de chevre, un autre avec unelanterne sourde, un autre avec desbouts de mèche allumés, & un di-xième qui porte un tire-fonds avecde bons clous à une masse. II fautaussi observer d’avoir plus d’un Pé-tardier pour chaque pétard, à cau-se du grand danger où ils sont ex-posés.

Si la barrière que l’on trouve enapprochant de la Place, 11’est faiteque pour arrêter les chevaux & lescharrettes , on les passe fans rienrompre : mais s’il y a une palissa-de, on en scie quelques pieux ou onles rompt avec des haches ou autresinstrumens.

Si après avoir passé la barrièreon rencontre des ponts-levis, 011

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fait passer quelques Soldats à sec ouà la nage, selon que le folle est secou plein d’eau, pour défaire les an-neaux de la chaîne qui ne sont pointbrasés, tels que font ordinairementles derniers d’en-bas, < 3 c pendant cetems-là, on soutient le pont avecdes hallebardes, pour le laitier al-ler doucement. Mais s’il n’y avoitpoint d’anneaux qui fussent ouverts,on les casse avec quelque instru-ment qui fasse son effet prompte-ment & fans bruit.

Quand on est arrivé auprès de laporte de la Place, on y attache lepétard de quelqu’une des maniérésque nous avons rapportées selonqu’il en est besoin, & dès que laporte est à bas, on fait entrerpromptement le plus de monde quel’on peut, avant que la Garnisonait le tems de fe reconnoître. Ondétache quelqu’un qui arrête ou tuëcelui qui est chargé d’abattre la her-se , & pendant ce tems-là, on metdes potences aux coulisses de la por-te ou des chevalets par-dessous, pourl’empêcher de tomber.

S’il y avoit des orgues, on met-troit à chaque côté de la porte deuxtréteaux un peu hauts, & on lescouvriroit de fortes planches, quitraversant la largeur de la porte,empêcheroit les orgues de s’abat-tre, & donneroit un libre passagear-dessous. Si les orgues ou laerse se baissoient avant qu’on eûteu le tems de les empêcher, il fau-droit alors y appliquer un autrepétard.

Dès qu’on est le maître de l’en-trée, on achevé l’exécution, ob-servant toujours qu’ on marche enbon ordre, & que personne ne s’é-carte ou fe mette à piller, de peurque la Garnison venant à se rallierdans cette confusion ne repousse vosTrouppes.

Quand il faut nécessairement pé-tarder plusieurs barrières ou por-tes, avant d’arriver à celle de la

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