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à cette eau qui semble être tiréede la mer par une pompe retombesouvent tout d’un coup. Quel-q tes-uns croient qu’elle vient de lamer, & qu’elle en a été attirée parle Soleil. Les Matelots s’affìigentquand ils voient cette pompe, tantparue que si elle venoit à tomberfur le Vaist'eau elle pourroit le cou-ler à fond, ou le faire sombrer sousvoiles, que parce qu’ordinairementelle elì suivie de violentes tempê-tes qui ne font pas moins à crain-dre pour eux.
POMPER, est faire jouer lapompe.
PONANT: ce mot veut direl’Occident : mais dans notre Marine,il est pris pour la mer Océane distin-guée des mers du Levant par le Dé-troit de Gibraltar. Ainsi nous di-sons, Mer du ponant , Escadre duponant, Officier ponantin , Classeponantine.
* PONCER: c’est passer surun dessein piqué, de la poudre decharbon envelopée dans un linge,pour contretirer le dessein fur du pa-pier, ou fur quelque autre matière.Poncer un dessein ; poncer fur latoile, fur le bois, fur le velin.
Le dessein piqué, à qui sert demodèle, s’appelle Ponds.
PONT, est un chemin que l’onfait fur les rivières ou fossés, pourcommuniquer d’un côté à P autre.Les plus ordinaires font les ponts.debois ou de pierre ; comme on lespratique fur les rivières, & mêmedans les fortifications. Pour facili-ter le passage à une Armée, lors-qu’il n’y a point de pont, on enfait fur des Bateaux, ou fur deschevalets.
On commet une grande faute dansla conduite de la circonvallation desPlaces, qui font coupées par des ri-vières en deux ou trois parties, lorf-qu’ou ne fait qu’un 011 deux pontsà chaque coupure : car le premierdésordre qui arrive ìt un de ces
ponts sépare P Armée, dr la meten péril. C’est bien pis lorsquel’Ennemi donne dans les lignes :car le moyen de s’entre - secourir,puisque le moindre Bataillon enne-mi qui se fera saisi de l’une de cesextrémités de pont , peut empêcherque toute une Armée ne passe ? &de quel effet peut être un secoursqui se trouve obligé de défiler qua-tre à quatre par-dessus un pont, quidès la prémiere alarme fera remplid’un débris épouvantable, & d’uneinfinité de Fuyards de toute espèce,qui se laisseront plútòt tuer, que decesser d’y passer? joint à cela quela Place ne manquera pas de fairefaire toutes fortes d’essorts pour lerompre, ôtant par ce moyen toutespoir de secourir cette partie del’Armée qui sera attaquée. C’est-làun des plus grands défauts où unAssiégeant puisse tomber : c’ estpourtant celui où sans contredit ontombe le plus.
L’exemple du Siège de Valencien-nes en fait foi. Après que les En-nemis eurent forcé les lignes du Ma-réchal de la Ferté, <& mis son Ar-mée en déroute, une partie de sondébris, au nombre de trois ou qiK- 'tre mille hommes, se retira en dés-ordre, & dans un extrême péril,parce qu’il n’y avoit qu’un pont à lajonction de la circonvallation au-dessous de la Ville, par où on pûtaller du côté de M. de Tu renne.
PONT, couper un pont, se faitsoit en mettant de petits radeauxchargés de copeaux, ou fascinesgoudronnées, ou autres matièresfort combustibles autour des pilotisqui supportent le pont, soit en em-plissant, si l’on est pressé, de pail-le & autres matières telles que jeviens de le dire , les bateaux dupont qui en est composé.
II y a pendant ce tems fur le pontdes Grenadiers, qui ne quittent quepied à pied, & à mesure que le feules gagne.
PONT