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parent, bien dégraissé, & bien pur-gé de sel.
On doit le laisser six mois, & mê-me un an s’il se peut, sur des plan-chers exposé au Nord. On doit leretourner de tems en teins potir lebien faire sécher. Pendant ce teinsil a lieu de se décharger du reste dela graisse que le rafinage ne lui apu ôter entièrement, & dont Pairdissipe une partie.
Pour connoître si les salpêtressont gras ou salés, il en faut fairebrûler, & en mettre une poignéefur une planche de chêne, & poserun charbon ardent dessus, si en brû-lant il pétillé, cela marque le sel,& s’il est pelant, & que le feu aitde la peine à s’e'lever, & que l’onvoie un bouillon épais, cela mar-que la graisse. Quand il est d unebonne qualité, qu’il n’est ni gras,ni salé, il jette une flamme, quis’éleve avec ardeur, à qui consom-me le salpêtre, en sorte qu’il n’yreste qu’un peu de blanc, qui est lefixe du salpêtre.
Comme le soufre entre dans lacomposition de la poudre, j’envaisparler ici. Le soufre est un miné-ral , c’est-à-dire, une matière qui setrouve dans des mines, comme l’or,l'argent, l’étain , le plomb, ílsc.engendré d une substance terrestre,onriueuse, & qui s’enflamme ai-sément.
Le soufre naît dans la terre, defa graisse & de I écume des feuxsouterrains de la même maniéréque la fuie est l’écume ou la graillédu feu ordinaire.
Les volcans, qui sont des monta-gnes qui jettent souvent des flam-mes, comme le Vefuve, l’TEtlma& autres, 11e brillent qu’à cause quece sont des mines de soufre quisont allumées.
Les fleurs de soufre sont le pluspur du soufre , qui s’attache auchapiteau du vaisseau ou alambic,quand on le sublime par le feu, &
on les appelle fleurs blanches,quand on les distille avec du nitrecalciné, & fixé avec le soufre.
11 y cn a de blanc, de jaune, &de verdâtre. Le jaune est le meil-leur. II faut qu’il crie à l’oreille,quand on l’en approche. C’estdanscertaines montagnes d’Italie, situéesau-delà de Naples ou de Sicile, quese trouve toujours le soufre dontnous nous servons en Europe. Lesoufre est ou pur, ou mêlée avecla terre, ou des eaux dont on lesépare par art.
Le soufre vif est la glèbe ou terresoufreuse de couleur jaune, de la-quelle on tire le soufre ordinaireavant sa prémiere fonte. Cettefonte ou rafinage se fait en Hollan-de, plus ordinairement qu’ailleurs.C’est-là le meilleur soufre, on le ré-duit en morceaux. Les plus petitssont ce qu’on appelle Magdalons desoufre, qui sont de petits rouleaux;qui sc vendent chez les Apoticaires.
Le soufre qui sc rasine, & sc dé-bite en Provence, est gras & pe-sant, & c’est la peste de la poudre.Pour voir si le soufre est bon, onprend deux terrines vernissées. Onles met fur l une Óc fur l’autre. Onallume du feu dessous, si le soufres’attache au haut de la terrine dedessus il est bon, & s’il demeure enbas, il ne vaut rien.
SALPETRIERS : Ouvriersqui travaillent au salpêtre.
C’est le Grand-Maître qui donneles Commissions aux Salpêtriers,pour avoir la faculté de travailler.Le nombre 11’en est fixe qu’à Paris,où il n’y en a que trente, parceque ce nombre y sustit.
Le nombre de ceux qui sontdans les autres Provinces est deZ16, quelquefois plus, quelque-fois moins.
Ils font tous tenus de porter auxRasineries les quantités de salpêtrebrut, que l’on sçait qu’ils peuventfabriquer.