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Tome II.
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sous Charles VII. cela s’appelloit as-siéger par bastides.

Les élévations de terre lices avecdes fascines, soutenues par les co-tes de ci liés, & de troncs d’arbres,que les Romains appelloient, oggtr,étaient -milt en usage fous PhilippeAuguste, & son succesléur. DepuisPhilippe de Valois à la faveur deslarges ou pavois qu’on Echoit enterre par la pointe, & qui e'toientà l’épreuve des flèches, on faisoitavancer les machines & les tours debois qui avoient des roues ; onconstruisait des galeries dans le fossé,pour attacher le Mineur à la mu-raille , ou pour la rompre avec lebélier.

L’usage des anciennes machines deguerre à cessé en France, sous Char-les VII. c’elt auíli fous le régne dece Prince, que l’on commence àvoir distinctement l’usagc destranchées.

De tous tems la résolution dessièges a été une affaire de Cabinet.C’est la partie de la guerre la plusdifficile, cite demande beaucoup demesures & de circonspection. Lesuccès d'un siège dépend du secret,sans lequel, il est disticile de réussir;des forces que l'on a fur pied pourattaquer les Places des Ennemis, &pour défendre les siennes ; de ladisposition des Ennemis, qui, s’ilsfont réunis & aussi forts que nous,peuvent empêcher de faire une siè-ge ; de l’état des magasins, quidoivent être à portée des lieux,dont on veut s’eraparer ; de laconjoncture des tems, car tous nefont pas propres à faire des sièges,ck l’hyver sur-tout on en fait lemoins qu’on peut ; enfin le succèsd’un siège dépend des fonds néces-saires ìi leurs dépenses. I.’argentest le nerf de la guerre ; fans luion ne peut rien entreprendre.

Ces mesures prises de longuemain, font dirigées à loisir, & sou-vent sont-elles interrompues par

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l’Ennemi, qui aussi fort, ou du-moins autant, a. de son côté desdesseins, entreprend fur des Places,dont la conservation est importante:fait dcò courses, porte la désolationdans une Pays, pendant qu’on estoccupé au siège d’une Place, & sedédommage des pertes qu’il peutsouffrir d’ailleurs. Mais un Géné-ral habile, avant que d’être établidevant une Place qu’il veut atta-quer, prend toujours si bien sontems', que l’Ennemi ne puisse tom-ber fur lui, il a l’attention d’être leplus fort, & d’avoir, s’ii se peut,deux Armées, une qui assiège, &l’autre qui observe.

Celle qui assiège, se renfermedans les lignes ; celle qui observe,rode & fait garder les avenues, paroù l’Ennemi peut sc présenter. Onprend des postes, on s’y retranche,on le fuit, s’il s’éloigne en le côto-yant, & sc postant toujours entrelui & P Armée assiégeante, le plusavantageusement qu’il est possible.Deux Armées qui sc tiennent à por-tée l’une de l’autre, fur-tout dansles commencemens, font en état desc secourir, & tiennent l’Ennemiéloigné, qui de son côté appréhen-de de les approcher de près, crainteque les deux ensemble, si elles sontplus fortes, ne tombent fur lui.

Une Armée d’obfervation dans lescommencemens d’un siège est d’ungrand secours à l’Armée assiégeante.Elle veille à fa conservation, ellela favorise, elle escorte ses convois,elle fournit des fascines, L fait plu-sieurs autres corvées. Réciproque-ment l’Armée assiégeante peut larenforcer dans le besoin, après lessix ou fcpt premiers jours de tran-chée, & quand elle a pris toits sc savantages contre la Place. Quandla résolution d’un siège’ est arrêtée,un Général fait son possible pouréloigner le soupçon que l’Ennemipourroit avoir de scs desseins.

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