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côte des flancs dans un boyau, quisert de communication.
Us tâchent auflì qu’il y ait entreles deux Approches une espèce dedetni-rond pour se mettre à couvertde Penfilade. On ne peut rien voirde plus difproportionné que ces Ap-proches tortues, & d’une inégaleprofondeur, ce qui ne vient quefaute de Directeurs capables & ex-périmentés , & de ce que les Janis-saires , qui les couvrent, ne fontpoint guidés par une ligne droite defascines, ou par des Piquets, & seplacent tout de travers, travaillantaiïis avec les jambes en croix.
Les instrumens dont ils se servent,sont emmanchés fort court, & parconséquent proportionnés à l’atti-tude des Travailleurs. Cette ma-niéré de creuser assis, leur est fortavantageuse, parce qu’ils font bien-tôt à couvert des baies. Les Batte-ries de canon font ensuite ce quiachève de former l’attaque. LesTurcs commenceront à s’en servirdurant le Siège de Candie, & ontcontinué depuis. Les mines fontaussi fort en usage parmi eux.
SIE’GE BRUSQUE': Quandle sége est formé à l’entour d’unePlace, & fans y faire des lignes, &,qu’au-Iieu d’ouvrir la tranchée dansles formes ordinaires, on commen-ce par insulter les dehors, ou fe lo-ger fur la contrescarpe, travaillantensuite en arriéré, cela s’appelleJiége brusqué. Avant que de finirI’article des siéger, je dois dire qu’il ya des fautes qui fe commettent le pluscommunément dans les Jìéges.
La première vient du peu de foinqu’on a d’en tenir le dessein caché& secret. II est toutefois de la der-niere conséquence d’en tenir le des-sein caché jusqu’à ce que la Placesoit investie. Car pour peu que lebruit s’en répande dans le Camp,l’Ennemi ne manque jamais d’enêtre averti, & de faire après tousses efforts pour en détourner l’effet,
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ou du - moins pour en accroître ladifficulté.
La seconde faute provient de ceuxqui ont ordre d’investir la Place,qui quelquefois par négligence,manque de s’y bien entendre ou au-trement, ne prennent pas allez leursmesures pour n’v arriver que denuit, & ne fe montrent qu’au grandjour, tous à la même heure & detous côtés. Car faute de bien pren-dre son tems dans cette expédition,il arrive ast'ez souvent que les Pla-ces en font averties de fi bonne heu-re que l’Ennemi a le tems d’y jetterdu monde à des munitions, & queles gens de la Place ont le loisir des’y retirer, quand ils font dehorsavec leurs bestiaux. 11 arrive dece manquement que les Places fetrouvent secourues, avant que d’ètreassiégées, & qu’on perd P occasiond oter à l’Ennemi un secours très-confiderable, dans le meme mo-ment on prive ses propres Troup-pes d’ttn rafraîchissement fort avan-tageux, dont profite une Place qu’ona dessein d’attaquef.
La troisième faute qui fe com-met dans un siège, vient du pendefoin qu’on a de resserrer PEnnemidans la Place, au moment qu’eileest investie. Quand on a cette né-gligence, les Ennemis profitent aumoins de tous les fourrages qui fontfous la demi - portée du canon. Usy menent impunément paître les be-stiaux , ils en retirent tous les ma-tériaux qui s’y trouvent, & quipeuvent leur être propres, & toutce qui peut leur servir à faire desfascines & des palissades. Cela leurdonne encore le moyen de faciliterPentree des secours, de jetter desEspions dans les Camps, de tenirles Assiégeons plus éloignés de laPlace, de les contraindre à faire degrands tours, pour communiquerd’un Quartier à Poutre, & de lesempêcher de reconnoître les fortifiacations avec tant de facilité.
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