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Tome II.
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969-970
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ambition, eu-ent donné relâche-ment à la discipline militaire.

L’aisé ác l’opulence du Soldat luifit perdre le goût de 1’obéissance.De là vint toutes ces cabales âc tou-tes ces séditions que nous offrel’histoire.

Les Romains fatiguoient tropleurs Soldats en teins de Guerre :les occupations qu’ils leur don-noient, étoient plus raisonnables.Nos Soldats à présent sont occupéspendant la Guerre ; mais pendantla paix, (fi j’en excepte quelquesBataillons qu’on occupe fur nosFrontières à des ouvrages publics)ils ne font pas aller occupés. Onles tient long-tems dans des Garni-sons à n’ être exercés qn’à monterdes gardes, faire des revues ouquelques évolutions bien bornées,ou bien on les tient des années en-tières dans le plat pays.

L’abus de ces deux choses rendle Soldat trop sensible à son repos,& peut le porter à l’indocilité, sour-ce de bien d’autres désordres. Discordiâ laboratum est, cum assuetus cx-peditionibus miles otio lasciviret , ditTacite. II faudroit en suivant l’ex-cmple des Romains, l’occuper fanscesse à des travaux publics, ce quiserviroit beaucoup à décorer un Pays& à lui procurer la richesse par uneaugmentation de commerce. Cetteremarque judicieuse est de PAuteurdu Traité des marques Nationales.

Comme il y avoit plusieurs sor-tes d’armes chez les Romains, il y.avoit plusieurs sortes de So'dats:les uns fur le pied Romain, fur lepied étranger, ou auxiliaire & furcelui de garder toujours la frontiè-re, qu’on appelloit Milites Limita-nei. II y en avoit d’autres connusfous le nom de Togati & Cinfti :ceux-ci a voient de longues robes,ou portoient leurs épées avec desceinturons. Ilss’appelloient Discin-fli, quand ils fe dépouilloient deleurs robes pour combattre, ou

quand ils portoient leurs épées fansceinturon : Palliait , quand ilsavoient des manteaux, comme lesGrecs : SagJti, quand ils étoientvêtus à la Gauloise à Sago , Gallo-rum gtftamine. Caligati à catigâ,espèce de bottines qui leur couvroitles jambes, & une partie des cuis-ses, étoient les plus vils & les der-niers Fantassins, ou ceux qui por-toient dans les Combats la lance, &les autres armes de leurs Maîtres.Sub/ìdiarii étoient ceux qu’on gar-doit au Corps de réserve pour re-médier aux désordres d’un Combatopiniâtre. Triai ii étoient ceux quiavoient trois Enseignes dans leurcorps. Euocati étoient ceux qu’onforçoit d’aller à la guerre pour quel-que cas imprévu. Les Soldats ex-traordinaires, étoient les joueursdes hautbois, de flûtes & autres in-strumens.

Philippe Auguste est le premierqui ait eu en Corps des Soldats ouSoudoyés. Jusqu’à lui les ArméesFrançoises n’étoient composées quedes communes (c’étoient des Troup-pes que les Villes & les Paroisses dela Campagne étoit obligées de four-nir) & de la Noblesse & des Vas-saux de la Noblesse. Cependant lesArmées des Croisades étoient com-posées d’hommes que les Chefsavoient à leur solde, parce que cesGuerres étoient volontaires, & queles Vassaux & les Villes n’étoientpoint dans l’obligation d’y con-tribuer.

Philippe le Bel est le premier denos Rois qui ait traité avec lesEtrangers , pour avoir de leursTrouppes à son service. Avant luion ne voit gueres de TrouppesEtrangères, soit à la solde de nosRois, soit en qualité d’auxiliaires.Ils n’avoient pas alors d’alsez grosrevenus pour subvenir a cette dé-pense, & ils ne pensaient gueres àfaire des conquêtes hors de la Fran-ce, mais seulement à affermir leurFI h 3 Trône,