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des sorties, on ne s’opiniâtre point» soutenir des ouvrages imparfaits ;mais on cède, & on fait retirer lesgens armes, & les Travailleurs furles revers des Places d’Armes pro-chaines, fe contentant de laisser agirle feu de la Tranchée qui fait beau-coup plus de mal à PÊnnemi, quela résistance qu’on lui pourroit fai-re, & l’opiniâtreté qu’on auroit àlui tenir tête dans des lieux dés-avantageux , qui ne feroient pasen état.
Par la même raison on ne fe pres-se point d’aller à Pennemi ; on Pat-tend, on le laisse s’engager & es-suyer le feu des Places d’Armes,tant & si long - tems qu’il le juge àpropos. Mais quand il est assoibli& bien engagé, on le fait chargerpar les Grenadiers & gens détachés,pendant que la Garde de Cavallerievient de son côté tomber fur lui,soit en le coupant, soit'en le pre-nant par les flancs. Quand on abattu la sortie, on ne la poursuit pasavec beaucoup d’opiniâtreté, on fecontente de la repousser á de larenfermer chez elle, après quoi onse jette promptement dans la Tran-chée, pour n’être pas exposé aufeude la Place qui est préparé, & estalors fort dangereux. On ne fe faitpas une affaire de voir PEnnemirenverser une douzaine ou deux degabions, & mettre le feu à quel-que bout de travail imparfait. Sile feu des Affiégeans est bien con-duit il le paye cher.
Les sorties ont toujours pour ob-jet de faire du mal aux Affiégeans,comme d’abattre la Tranchée entout ou en partie, de raser quelquebout considérable & mal protégé defes logemens, de retarder le pro-grès des attaques, d’attirer PAflîé-geant sous le feu de la Place pourlors bien préparé, de réprendre quel-que partie du chemin couvert, oùl’Assiégeant n’est pas encore étalai,de le chasser d’une brèche, où il
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est mal affermi, soit dans les demi-lunes, contre-gardes, ouvrages àcorne, d-c. ou dans Penclos de lamême Place, de chicaner le passagedu sosie, & enfin de tuer ou dechasser le Mineur de son trou. Lessorties qui se peuvent faire pourquelqu’une ou plusieurs de ces rai-sons font ou extérieures ou inté-rieures. On appelle extérieures,celles qui se font hors du chemincouvert ; on nomme intérieurescelles qui se font dans Penclos desmêmes chemins couverts.
On divise les sorties extérieuresen générales & particulières. Lesgénérales ne s’entreprennent quequand une Garnison est bien forte,ou que la Place a reçu un renfortconsidérable, qui la met en étatde braver les Affiégeans , & depouvoir faire impunément de gran-des entreprises fur eux. Alors lesprojets de ces sorties générales feréduisent à abattre la Tranchée,ou à enlever quelque Quartier desplus à portée : ce dernier projetne s’exécute que quand PAffiégeantest trop foible par rapport à laGarnison.
C’est à lui de sentir & de voirs’il est en état de continuer : pourne se pas laisser surprendre, il doitse précautionner d’une bonne corv-trevalladon ; & ses Quartiers les
plus exposés à Pattaque doivent êtrebien retranchés. II y fait bonnegarde nuit & jour ; pendant la nuitil a des Batteurs d’Estrades entre laPlace & lui ; il renforce tous lesjours fes Gardes ; il fe met en étatde n’avoir rien à craindre de ce cô-té-là ; il a toujours un piquet deCavallerie & d’Infanterie comman-dé pour s’en servir ail besoin , &
par ces précautions il est presqueimpossible qu’une sortie telle gran-de & bien concertée qu’elle puisseêtre réussisse.
Si la Garnison veut s’ouvrir enmême-tems toutes les Barricades duchemin