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la difserence des méridiens , il est évidentque li l’on savoir l’heure précise à cet en-droit , 8c qu'on la comparât à l’heure dupremier méridien , on en auroit la Longitude,Convaincu de cette vérité , on s’est attachéde tout rems à construire une bonnehorloge. Mais on n’est point encore venuà bouc de faire de Mouvement, 8c il n’estpas même possible d’en faire, qui puifle allerjuste dans tous les climats, fur tout dansquelques-uns des pais méridionaux, où lesrosées font si abondantes, qu’elles rouillentles parties d’une horloge 8c retardent parconséquent leur mouvement, si elles ne barrè-rent pas tout-à-fair. Cet obstacle n’est encorerien en comparaison d’un autre qui est alTezconnu : c’est qu’en differentes latitudes lesheures que montre l’horloge doivent êtredisterentes , même pour ceux au méridiendesquels elle est montée. Une horloge régléepour Paris, par exemple, ira plus lentement,étant portée fous l’équateur, de trois ou qua-rte minutes. Et l’on ne connoît point exac-tement la loi suivant laquelle retarde le ;.mouvement de l’horloge , à mesure que l’onavance vers l’équateur. Voilà pourquoi onne peut pas trouver les Longitudes enemploïant des machines à reílorr. Ap-ptiions ces réflexions par une déclarationue fait à ce sujet M. Sulli , bien capablee connoître l’étendue 8c l’application deces machines. « Puisque le pendule même« a manqué, dit-il, de réussir pour donner•» avec certitude la connoisíance des Lon-" gitudes en mer, 8c cela feulement à cause" des changemens ausquels les métaux font" sujets par la chaleur, le froid , & autresm causes physiques, parl’inégalité de la force» élastique, par I’inégalité de faction de la" pesanteur des corps , 8c par les mouve-» mens violens des vaisseaux sur la mer ;
" Quelle apparence y a-t-il qu’on trouve« jamais de remede à tous ces inconvé-" mens ? Peut-on changer la nature des•» corps 3 Ou peut - en empêcher que les» loix gcnerales établies dans l’Univers ne” produisent leurs effets accoutumés ; Où« trouvera-t-on donc un mouvement arti-" ficiel aflez egal pour servir d’une juste« mesure du tems en mer & en différons" climats « 3 ( Description abrégée d'une hor-loge d'une nouvelle invention pour la jujlemesure du ternssur mer , &c. pag. 16%. )
- S il est unmoien de déterminer fur mer lesLongitudes , on doit l’attendre du mouve-ment de la lune , quoiqu’on fe recrie fur lalenteur de ce mouvement. On fait qu,’elleavance de 13 degrés par jour. En observantjaonc sa distance d’une étoile à une telleTome II.
LON Si
heure , & sachant son éloignement à impais dont la Longitude seroit connue àcette même heure, on auroit aisément parcette différence la différence des méridiensde ce pais à l’endroit où l’on est. Il man-que pour mettre cette idée à exécution desTables exactes du mouvement de la lune ;5 c c’est à quoi visent tous les Astronomesqui travaillent actuellement.
I-e premier qui a cru que la lune pou-voir donner les Longitudes fur mer, est in-connu. On lit dans le Raion Asronomiquede Gemma Frijìus , cga'Oronce , à qui onl’attribuoit , n’en est pas l’Auteur. Cetteméthode est expliquée dans les Ouvrages deVirnerus , Nonius , Kepler , Regiomontan ,Metius , Ulacq 8c Morin. Celui-ci sur-toutl’a si bien dépouillée qu’il se l’est rendu pro-pre , 8c en a sait le sujet d’un Livre fortcurieux.
On trouve dans Y Hydrographie du P. Four -nier , Liv. XII. Ch. XXL le détail de laMéthode des anciens Astronomes.
On doit à Guillaume Nautonnier la cin-quième méthode. Elle consiste à déterminerles Longitudes par la variation de l’aiguilleaimantée. L’aiman a deux pôles , dit il , si-tués dans le 67 e parallèle tant du Nord quedu Sud, c’est-à-dire, distans des pôles dumonde de r;". Un méridien passe par cespôles , & les pôles du monde fous ce méri-dien. Là il n’y a aucune variation; 8 c de cegrand cercle jusques à 90 degrés à l’Est ,l’aiguille varie de 90 degrés vers le Nord-Est,& de là diminuant toujours du Nord Est ,retourne 8 c demeure fixe au même méridien.D’où il prétend que connoiffant la latitudede chaque lieu 8c la variation horisontale del’aiman , la Longitude de tout lieu est don-née. Mais cette prétention est fondée furdes idées chimériques qui font compassion.C’est assez d’avoir fait connoître cette pre-mière idée pour remplir 1 historique de cetarticle. Emmanuel Figuereido, Auteur-Portu-gais , a encheri fur cette idée , fans lui don-ner plus de solidité.
Ces pensées n’aïant point été heureuses,elles ont resté long-tems dans l’oubli. UneCarte que publia M. Hallcy fur la varia-tion de la boussole, dans laquelle sont tra-cées les courbes qui passent par les lieux oùla déclinaison de l’aiguille est égale, a faitrenouvelles depuis cette premiere idée, prisedans un sens plus raisonnable. Puisqu’onpeut connoître, a-r-on dit, la direction del’aiguille aimantée dans le lieu où l’on est,on peut donc avoir par certe Carte les Lon-gitudes. Cette conséquence si bazardée nes’est pas soutenue long-tems. On a d’abord
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