Band 
Tome second.
Seite
87
JPEG-Download
 

L U M

pénétrer même le verre , assez puissantepour ébranler les petits filets qui font aufond de nos yeux, Sc être mise en mouvementpar les corps lumineux. Mais quelle estcette matière, Sc de quelle façon est-ellemue ? Descartes répond que c est la matièrecéleste , ou les globules du second élemenrcomposées de patries sphériques ou rondes,Sc qu’clle se réfléchit à angles égaux d’in-cidence Sc de réflexion. A l’égard de sonmouvement , il est produit par un certainmouvement des parties du corps lumineux,

? |ui poulie cette matière à la ronde. Ceystême est soutenu par les preuves les plusingénieuses. 11 n’est pas pour cela mieux gou-ré. Le P. Malebranche qui adopte la matièrede Descartes l’improuve hautement. Celuique ce docte Méthaphysicien embrasse esttout-à fait digne de lui. 11 est formé fur lemodele du système du Son. J’ai dit danscet Ouvrage que le son est produit par desvibrations des parties du corps sonore,( Voìe^ SON ) Sc que les vibrations plusgrandes ou plus petites, qui se font sensi-blement en rems égaux, produisent des sonsqui ne diffèrent entr’eux que par leur forceou leur foibleííe. De même , selon le P.Malebranche, routes les parties d’un corpslumineux font dans un mouvement trèsrapide , qui d’instant en instant comprimepar des secousses très-promptes toute la ma-tière subtile qui va jusques à l’œil , Sc luicause des vibrations de pression. Plus lesvibrations font lentes , plus le corps paroîtlumineux ou éclairé. 11 est de telle ou tellecouleur , selon qu’elles font plus promptesou plus lentes. Aussi le dégré de la Lumièrene change point l’espece de couleur : ellesparaissent les mêmes à un plus grand ou unplus petit jour , mais seulement plus oumoins éclatantes.

Laiííànt là tous ces globules , toute cettematière subtile, Newton veut que la Lumièresoit une sensation produite par la présencedu corps lumineux, duquel il émane unécoulement continuel d’une infinité departies insensibles, comme elle se fait dansles corps odoriferans ;le musc , par exemple,Sec. ( Foïei DIV1SIBILITE’ ). Si ce systèmeest celui de fa nature , il viendra un rems,disent les Cartésiens, où l’on n’y verra pasdu tout. En effet, il n’est pas poisible deconcevoir qu’il se fasse une si prodigieusedissipation de parties dans un corps.lumi-neux fans qu’il fe dissipe un jour entiere-ment , ou du moins fans qu’il diminue sen-siblement dan» une longue révolution dede siécles. A cette objection les Newtoniensrépondent, i°. Que la matière lumineuse

L U M 87

est si subtile Sc si rare , que son effusion nesautoir diminuer sensiblement la grolseurdes astres qu’après plusieurs milliers de sié-cles. ; z v . Que la nature peut réparer ladissipation continuelle que les astres font decette matière.

On prouve ainsi la premiere partie dede cette reponfe. M. KeilSc plusieurs Phy-siciens on démontré, qu 'étant donnée unequantité de matière, quelque petite qu elle pttijseêtre , par exemple , celle d'un grain de Jable,& étant de même donné un espace infini quel-que grand qu il puijse être ; par exemple, lecube circonscrit de l'orbe de Saturne, c’efi-à-dire , toute la capacité du ciel de Saturne &au-delà , il efi possible que la matière de cegrain de sable soit répandue par-tout cet es-pace , de telle sorte que cet espace en soit toutrempli , sans qu'il s'y trouve des pores dontle diamètre soit plus grand qu une ligne don-née quelque courte qu'on lasuppoje. Cela po-sé , quelle impossibilité y a-t-il que le so-leil , qui est au moins un million de foisplus gros que la terre remplisse de Lumièredes espaces prelqu’immeníes pendant plu-sieurs siécles fans s’affoiblir Sc lans diminuersensiblement de grosseur ;

En second lieu , le soleil peut recouvrersans cesse une nouvelle matière lumineuseou simplement une matière , qui étant mêléeSc confondue dans celle dont il est com-posé, y reçoive la figure, les mouvemens,le dégré de subtilité Sc routes les prépara-tions nécessaires pour devenir Lumière. Etd’abord le soleil peut recouvrer de nou-velles parties lumineuses déja toutes forméesdes autres astres , qui en renvoient vers luicomme il en pousse vers eux. La matièreétherée des couches les plus proches de lasurface du soleil , peur s’y introduire pourremplacer l’effufion des corpuscules lumi-neux i Sc après y avoir fait plusieurs circu-lations acquérir toutes les qualités essen-tielles à la Lumière. Pour rendre cette cir-culation sensible, M. De Mairan imaginele soleil comme un globe d’une matière très-subtile Sc très-agirée , lequel par des bouil-lonnemens& des palpitations très-promptes,repousse à chaque instant les compressionsSc les secousses de l’éther qui fe meut cir-culairement autour de lui, Sc qui en cesens fe meut plus vite que lui. Ce mouve-ment de vibration résulte, selon M. DeMairan, de la contraction Sc de la dila-tation alternative des parties qui le compo-sent. C'cst dans leur contraction ou dansleur resserrement qu’il lance la Lumière :c’est dans la dilatation qu’il fe remplit de lamatière des couches voisines, laq elle va