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si la Bdlc Littérature devoir Pemporter surla belle Géométrie. La plus grande paruede ce Publie , qui est ennemi d’une étudesérieuse-, qui baille à l’ouverrute d’un livrede science, & qui court à ces Ouvrages galans , plus propres à corrompre le coeur qu aéclairer I’esprit, saisit avec avidité tout cequi peut appnïer ces belles maximes, tantpour autoriser ion imperitie , que pouravoir le droit de mépriser ce qu’il ne peutcomprendre. Ces idées Sc ces réflexions ,qu’on ne manque - pas de faire palier dans legrand monde , n’annoncent le Mathémati-cien que comme un homme ennemi duvrai beau , un sage Stoïcien, qui s’abnndonneà une étude stérile, où l’eíprit ne trouverien que des spéculations vaines Sc frivoles,plus capables de l’éblouir Sc de l’occuper,que de l’instruire véritablement & de le sa-tisfaire. Une forte de gens, qui ont à cœur desoutenir ces jolis sentimens, ne manquent pasde mettre à profit les conversations peu ré-jouissantes des Géomètres , la dureté Sc lafroideur de leur strie , Sc d’en inférer qu ilsne gagnent par leurs travaux & leurs médi-tations , qu’un certain goût de misantropieà charge à la Société.
Ce n'est pas afl'ez pour quelques beauxesprits d’appeller des Géomètres des Misan-tropes. Ils font encore , selon eux, des gé-nies médioefes, même ceux qui y excellent,car on n'en excepte aucun. Cicéron l’adit autrefois , ( Fóie[ Cicéron O ratio deOratore ) , Sc Cicéron étoit un grandOrateur. Après cela, il n’y a plus rienà dire. Cet homme célébré convient d’a-bord que les Mathématiques font un amasde connoiflances abstraites. Néanmoins ilse persuade , qu’il n'est point d’hommes quine puisse y faire de grands progrès. C’estune vérité d’expérience, fi on l’en croit,que tous ceux qui se sont appliqués aux Ma-thématiques y ont parfaitement réussi.
Voila fans doute une autorité d’un grandpoids contre les Mathématiciens. Mais Ci-céron pouvoir il juger des Mathématiques parles réglés de l’éloquence? Cet Orateur n’a-voit-ilaucune vue en parlant ainsi, ni aucunintérêt à ménager 1 Cicéron vouloir prouverque sart de l’éloquence étoit celui de tousles arts le plus difficile. Les Mathématiques ,quoiqu’alors dans le berceau , croient ce-pendant en vénération ; Sc il falloir pourfaire goûter cette proposition les déprimer.L'art de l’éloqu*nce, disoir-il, ne s’acquiertpoint par l’étude. Il faut être né Orateur pour1 être -, avoir de l’esprit, du feu , de l’imagi-nation. Pour être Géomètre, il ne s’agit quede saisir ( suivant Ciceton ) une vérité , puis
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une antre-, atteindre à celle-ci; parvenir àcelle-là , & acquérir ainsi par dégré, à forced étude Sc de travail, tout ce que les Mathé-matiques renferm.nr. En vérité, Cicéronavoit une idée bien imparfaite du véritableGéomètre. Il n’y a qu’un génie créateur, pé-nétrant , judicieux, qui ait droit à cettequalité 5 & celui là s’abuse , qui s’imaginequ’on puisse à coup de livres en former un.Le vrai Mathématicien pense, raisonne ,imagine, invente tout seul, Sc n’appelle lesMathématiques au secours que pour étaie rl’élevation d’une théorie , 011 la perfectiond’une découverte. Ainsi ce qu’on dit d’unOrateur doit s’entendre d’un Mathématicien.Je ne fais pas même, s’il est plus difficiled’instruire, de toucher & de plaire, quede découvrir dans un chemin étroit Sc épi-neux une vérité prête à nous échapper ; àsuivre les replis tortueux de la nature , laprendre fur le fait , la dévoiler, pour ren-dre fes bienfaits Sc plus riches Sc plus abon-dans. Sans partialité Sc fans vouloir dégraderl’éloquence , je ne le crois pas ; Sc je pensemême que Cicéron savoir bien qu’il dégui-soit la vérité, en soutenant le contraire,parce qu’il avoit trop de jugement pour nepas le sentir. Mais Cicéron étoit vain. Ilne rrouvoit beau que ce qu’il faisoit , Scse glorifient sans façon lui - même. SesLettres étoient selon lui trcs-belles, ( Faldebella e(l , dit-il , dans fa Lettre à Atticus( Epifi. Fl. Liv. IF. Ad Attic. ) Le désirqu’il avoit d’être loué, le faisoit descendreaux sollicitations les plus basses Sc les plusurgentes, jusques à se donner lui-même deslouanges avec une mâle effronterie. Il l’a-voue de la meilleure foi du monde en écri-vant à Luceius , à qui il demandoit deslouanges dans une histoire que celui-cifaisoit, Sc dont Cicéron avoit une hauteopinion. C’est ainsi qu’il s’exprime en écri-vant à cet Historien Neque tarnen ignoraqitàm impudenter faciam , qui primum tibitantum oneris imponam ( potejl enim mihidenegare occupatio tua ) deinde etiam utornes me pojlulem. Qitid fi illa tibi nontantoperé videtur ornanda ì Sed lamen quistmel verecundiee fines tranfierit , eum bene& naviter opportet ejfe impudentem. Itaqitete plané etiam atque etiam rogo , ut ornes eavehementius etiam quam sonate fends & ineo leges hiflorice negligas ..... amori quo-que nojìro , plufculum etiam quam conceditVeritas largiare. ( Epifi. ad famìlìares , Liv.F. Ep. 12. ) C'est-à-dire : » Je n’ignore pas« combien j’agis effrontément, non-seule-» ment en vous engageant à prendre tire» peine que vos occupations vous mettent