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» en droit de rejettes ; mais encore en» exigeant de vous d’embellir mes actions ,
» qui peut être ne vous en parodient pas»» dignes. Cependant quand on a une tois» pâlie les bornes de la modestie, on»> ne craint point de se montrer impudent« de la bonne sorte. Je vous prie donc très-» instamment de donner à mes actions des« louanges beaucoup plus fortes que celles»» que vous pourrez peut-être croire qu’el-» les méritent. Négligez les loix de l’his-- toire, & donnez à notre amitié un peu«> plus que la vérité ne le permet «.
Est-ce là un orgueil étoffe; La chose n’estpas croïable. Pour la rendre telle , voici larailon qu’en donne un homme d esprit :J’aurois peine à comprendre, dit il, queCicéron , qui étoit fans contredit un hommede très-grand elprit, eût eu la soibleile detémoigner si ouvertement & si grossièrementsa vanité , si je ne savois qu’il étoit Ora-teur même des plus applaudis. Cet avan-tage produit ordinairement en ceux qui enjouissent, une si grande intempérance d’a-mour propre , qu’il est très-diflìcile de luidonner des bornes. Il semble que les ap-plaudiíTemens qu’on reçoit, ou ceux qu’oncroit mériter, soient une fumée d’encensqui enyvre ceux qui en hument ou qui enont humé plus qu’il n’en faut. Elle les rendincapables de suivre les réglés de la mo-destie , dans lesquelles les plus grands Hom-mes , les Hommes d u mérite le plus supé-rieur doivent se contenir avec le plus de
E récaution pour en donner aux autres leon exemple.
Cicéron n’est pas le seul homme d’espritqui ait déprisé les Mathématiques. SextusEmpiricus { Adverfus Mathematicos, L. III. )íc Lucien ( Dialogues des Philofophes àVencan ) les ont tourné en ridicule. Lepremier leur a porté un sophisme qu’on veutbien appeller un syllogisme, auquel il n’y apoint de réponse. Il s’agit des demandes desMathématiciens , c’est-à-dire , d’nne permis-sion de faire une telle ou telle chose, de tirerune ligne droite d’un pointa un autre , deconcevoir une quantité quelconque qui soit
S uatriéme proportionnelle à trois autresonnées. Or là dessins Sextus Empiricus for-me ce bel argument contre les Mathémati-ciens. » Ce que vous exigez de nous, dit il,« est ou possible ou impossible. S’il est» possible, pourquoi voulez vous devoir» notre consentement à vos prières', plu» tôt qu’à la force de vos raisons ; Si la» chose est impossible, pourquoi voulez-» vous que nous accordions ce qui n’est ni» en votre disposition ni en notre pouvoir ; «
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Après cet effort de genie, Sextus Empiricuss’applaudit de tout son cœur de sa décou-verte qu’il croit naïvement être à l’abri detoute atteinte. A son dilemme on répondque la chose est possible , & qu’on ne pré-tend pas obtenir le consentement à des priè-res. Une demande est un fait dont on pré-vient l’Auditeur. Quand on demande qu’ilsoit permis de tirer une ligne droite d’unpoint à un autre, on n'exige point qu’ondonne son consentement pour cela. Seule-ment on previent que pour démontrer laproposition qu’on avance , on va tirer uneligne de ce point à cet autre. De mêmequand on dit de concevoir une quatrièmeproportionnelle à trois autres données , ons’embarrassic peu qu’on y donne son consen-tement. C’est encore un avertissiement quela démonstration est fondée sur une vérité ,sur une chose existante dont on ne sait querappeller le souvenir. La demande des Ma-thématiciens est encore moins demande quele dilemme de Sextus Empiricus , lorsqu’ildit : Ce que vous exiges de nous eft pojjible ouimpofjìble. Il scroit aussi ridicule de refuserune demande d’un Géomètre, que de ré-pondre à cela qu’on n’en sait rien.
Quelque pitoïables que soient les raison-nemens de cet Auteur contre les Mathé-matiques , cependant un bel esprit qui lesa trouvé admirables a formé fur eux le fondd’une dissertation étalée de preuves curieu-ses ramassées de differens Auteurs, danslaquelle il prétend prouver & l’inutilitédes Mathématiques , & la supériorité desBelles Lettres fur cette science. En peu demots, je vais analyser cet écrit, si beau auxyeux des Auteurs du Journal Littéraire ,qu’ils refusèrent d’inserer dans leur Journalla réponse qu’on lui avoir faite.
L’Auteur dans l’écrit, dont il est question,après avoir exposé les avantages de la Mathé-matique avec beaucoup de legereté , prétendque pour peu qu’on veuille coníulter la rai-son on réfutera aisément tout cela. Eneffet, qui pourra jamais se persuader , s’écrie-t-il avec force, qued'un amas confus de penteslignes , de croix , &de chifres, &c. dont leurs Li-vres font remplis ( les Livres des Mathémati-ciens, ) 6'qui PEUT-ETRE font misau hasard ,car que sai r-ON ; que de là , dis-je , on puisedéduire des inventions utiles à l'homme &avantageuses à la societe. Non , je ne lecroirai jamais , & qu a la nature a demeleravec cet impertinent barraguoin ? Est-ce là rai-sonner ? Il me semble que je vois un aveu-gle qui veut me soutenir que le soleil estcouché, parce qu’il ne le volt pas. Si cethomme formidable ne connoît rien ni au