Band 
Tome second.
Seite
127
JPEG-Download
 

MAT

langage ni aux expressions des Mathémati-ciens , pourquoi décider que l’un 8c 1 autrefont ridicules ?

Aïant attribué les plus belles découvertesdes Mathématiciens su hazard , 1 Auteurprépare son Lecteur à cet argument, quianéantit absolument les Mathématiques.» Une science fondée fur des définitions» absolument fausses 8c fur des axiomes» contestés, 8c des demandes inutiles ne peut« être certaine Or les Mathématiques n’ont» d’autre fondement que celui-la. Donc, Sic.La majeure de cet argument est vraie. Il s’a-git de prouver la mineure : c’est à quoil’Auteur s’attache. Er d’abord il observe queles définitions font fausses. Car ou trouverdes lignes fans largeur 8c des points lansétendue ì S’il n’y a rien de tout cela, lessens peuvent-ils nous en offrir les images.Nous ne pouvons donc en avoir aucune idée.L’Auteur sourient cette conséquence par unebelle maxime d 'Aristote , qui est : Nihil ejlin intelleclu quod non prius fuerit in J'enjtt.Ainsi toutes les Mathématiques fondées furces définitions imaginaires font réduites àun être de raison. A quiconque s’aviferoitd’expliquer la maxime d 'Aristote. ce terri-ble homme le traiteroit de séditieux ,de mutin , de vouloir contredire l 'Oraclede la Nature , 1c divin Aristote. Sur cette au-torité , qui tient lieu de preuve, notre el-prit doit le tranquilliser & fe roidir contreles objections. Quand le Prince des Philoso-phes a prononcé, tout est dit. Plus que ía-risfait d’avoir porté un coup si mortel auxMathématiques , dont cet anonyme , n’a,comme il le dit fort bien , aucune idée ;( Voiei LIGNE & POINT ) il attaque per-Jri cl a fronte les axiomes des Mathématiciens,en niant que le tout soit plus grand que fapartie. Enfin , après avoir maltraité la mé-thode des Géomètres , par des raifonnemensauílì forts que ceux qu’on vient de voir ,cet Auteur leur décoche quelques vers assezbien frappés 8c dont il s'applaudit. Par grâ-ce spéciale il finit en accordant que le íeulavantage qu’on peut retirer des Mathéma-tiques , qui est la production de quelques ma-chines assez drôles , mérité peu d’ctre expolc a 1 envie.

Tel est le fond de cette méchante cri-tique auquel je ne me fuis arrêté, queparcequ’on en a fait cas dans le rems ,'qu’elle estbien écrire , 8c que l’Auteur y montre del’eíprit. Je ne parlerai point du parallèleque l’Auteur fait des Belles Lettres avecles Mathématiques. J’avertirai feulement quel’Auteur en conclud une supériorité mon-strueuse fur les Mathématiques. Pour donner

MAT i ï7

un- échantillon de fes preuves en ce genre,en voici une remarquable , & qui fait bienvoir qu’un homme peut avoir de l’imagina-tion fans jugement. » Un Cordonnier par» une étude sérieuse rappelleroit la due pro-» portion 8c la véritable forme du cothurnev 8c des brodequins , 8c par-là fe rendroic» utile à nos théâtres ". Journal Littéraires ,Tom. II. 171 $ , mois de Septembre 8c Oc-bre). Voilà des avantages réels. Apres depareils traits, on pourroit croire que j’aichoisi à dessein cette dissertation pour fairevoir avec combien peu de raison on atta-que les Mathématiques. Mais il faut que l’onlâche que c’est là où fe réduisent les criaille-riez qui font tant d’impreffion fur des per-sonnes non instruites.

Je terminerois ici cette discussion si jecroiois pouvoir me dispenser, après les enga-gemens que j’ai pris envers le Public dans leProspectus de ce Dictionnaire , me dispenser,dis-je , de faire mention cl’une attaque con-tre les Mathématiciens , 8c plus sérieuse 8cplus importante. Jufqu’ici on n'avoir dési-gné personne. Maintenant on leve le mas-que ;on nomme , on designe. Les Dejcartes yles Gassendi , les Newton , les Leihnit^ , less'Gravesande font traités fort cavalièrement,8c si j’ofois trancher le mot, avec une fortede mépris. Un Auteur estimable, 8c qui estestimé, savant, bel-esprit, Philosophe mêmequoiqu’il fasse peu de cas de ces Philosophes,a publié depuis peu un Ouvrage {Le Spec-tacle de la Nature, Tome Vil. ) qui est en-tre les mains de tout le monde , dans lequelaucun de ces gens là n’est à l’abn du blâme.La grande raison fur laquelle célébréEcrivain fe fonde, est, que les Philosopheséblouilíènt quelquefois par leurs maximesqu’ils dégoûtent souvent par la multitudede leurs pensées, & qu’ils étourdissent parun babil qui n’intèreíTè pas le cœur. Ilajoute que les Philosophes (on entend iciles Mathématiciens ) font inutiles à la So-ciété. Et que comme le dégré de science nsfe mesure que par futilité quelle lui pro-cure , la plupart des Mathématiciens quipensent 8c qui raisonnent bien , ne fontcependant rien moins que favans. Le La-boureur , l’Arrifan , le Faiseur même d.'allu-mettes en lavent, selon lui, plus qu’eux.M. Pluche me permettra de lui dire, fansvouloir le moins du monde entrer en dis-pute avec lui : c’est pousser trop loin le pa-rallèle. Ne fommes-nousdonc dans ce mondeque pour manger 8c pourboire ; N’existons-nous que pour vivre ; Est-ce que l’art de mé-diter, de réfléchir, de raisonner, de fe con-noître soi-même 8c de connoître les autres,