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n’est pas le premier de tous les arts , puisque 1c’est le seul qui puisse former le vérirablehonnête homme Sc le bon citoïen ; Indé-pendamment de cet avantage qu’on tire desMathématiques , cette science ne contribue-t-elle pas plus à futilité, telle qu’on l’entendici, que toute l’adresse du'plusingénieux Ar-tisan , & route la force du plus robusteLaboureur;
Dans toutes ces querelles, j’ai toujoursobservé une chose que je ferois fâché detaire : c’est qu’aucun de ceux qui ont mé-prisé les Mathématiques n’a voulu fe rendrejuge compétent. Je crois mcme impossiblequ’on puille mépriser la Géométrie aprèsavoir goûté les attraits Sc les charmes decette belle science , à laquelle l’homme leplus barbare ne sautoir refuser la tendressela plus vive.
Quelle périt être la cause de cette mau -vaise humeur contre les Mathématiciens,gens assurément bien paisibles,détachés de tou-te vaine gloire, de tout amour propre, de toutevanité; C’est que le plus grand nombre n'ai-me à s’occuper qu’avec lui même, méditer,réfléchir tout seul. On convient que lesgenies de cette efpece font rares , que lespersonnes du bel air ne font jamais en simauvaise compagnie qu’alors, & que celled’un singe ou d’un perroquet leur est souventplus agréable. Mais on souhaiteroit qu’onfît main baûe sur ces spéculations sublimes,qu’on. croit occuper le Géomètre en pureperte. Une autre raison dégoûte encore desMathématiques ; c’est la sécheresse du stile/des Géomètres, qui ne présente souventque des contre-sens ou des phrases lou-ches. Un homme , qui a le goût délicat, nepeut pas plus supporter de pareilles lecturesqu’un bon Musicien des tons faux. On con-vient qu’il n’est pas possible qu’un hommeaccoutumé à méditer puiflë répandre delelégance dans son stile. L’esprit humainest un océan, comme le dit fort judicieu-sement le célébré Pope , il ne gagnera ja-mais d’un côté qu’il ne perde de l'autre.
( Essai J'ur la Critique. ) Cependant il íembleque.la premiere science après avoir bienpensé est de savoir s’exprimer. Il n’y a pasgrand art à construire une phrase, & certeconstruction outre qu’elle rend les chosesqu’on discute plus claires , pins faciles àcomprendre, c’est que la lecture des Ou-vrages des Mathématiciens deviendroit plusagréable.
Terminons cette réponse aux adversairesdes Mathématiques par ces belles &: sagesparoles de M. Wolf : Neque enim defendi-mus quod eâdem opérât d 11 d quis Mathe-
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mata fibí familiaria reddit, cceterarum quoqutrerum cognitione animum imbuat &• crimi-nationis loco habemus , Jl qui per malitiamaffirment , quod Mathematici glorientur ,penes fe solos este principia veritatis , ut aliasdisciplinas faciliùs , reçliìis & profundiùspercipere poffis , ubi ad eas indujlriam atqutaffiduitatem attuleris , id vero ejl quodasteve-ramus. NeJ’cio vero quâ fronte, qui inex-perta loquuntur , majorem f bi fidem haberivelint, quam iis , qui nifi experta non con-fitentur. Utinatji tandem , qui Ecclefce acRtipublicce prasunt, caverent ne ad cœteraJludia trdclanda animum appellerent , nifimathemaûçd cognitione irnbuti , neque ulliusdubito fore , ut aliam Ecclefice , aliarn Rei-publicœ faciem contueremur. ( C h. WoljElem.Math. univerfte , Tom. I.Prœfat. page xû) ),4. L’origine des Mathématiques est fort ob-scure , on croit que l’Astronomje Sc laGéométrie ont été d’abord cultivées. C’estce qu’on conjecture de la tradition de Joseph ,
( Foiei ASTRONOMIE & GEOMETRIE.)Après le Déluge cette science fleurit chezles Caldéens Sc ensuite chez les Egyptiens.Les premiers s'attachèrent à l’Astronomie,& les seconds à la Géométrie. De-Jà lesMathématiques furent transmises dans laGrece Sc dans l’Italie. Elles furent négligéespeu à près en Egypte , jusques à oublier lespremieres notions de la Géométrie , enfortequ’ils furent obligés de l’inventer en quelrque forte pour mesurer leurs terres dans lesdébordemens du Nil- ( H sct^GEOMETRlE.)Les Phœniciens développoient cependantl’Arithmétique ; Sc toutes ces connoissancespasserent en dernier lieu dans la Grece parles foins de Thaïes deMiler. C’est là qu’ellecommencerentà fleurir.PlusieursEcoles turentétablies à cette fin ; l’Ecole de Pythagore ,l’Académie de Platon , le Licée a Aristote.Bien tôt on vit des Mathématiciens formerun rang. Hyppocrate de Chio, Archytasde Tarente , Léon , Thaïes , Eudoxes ,Euclide, Erafiothene, Archimede , Hyp-parque , Appollonms Pergeus , Ctefibius ,Héron , Geminiis Sofigenes , Ptolomeus ,Pappus , IJiophante , Serenus , Proclus ,Theon , &c. fe signalèrent d’une façon écla-tante dans les Mathématiques , Sc par lesnouvelles découvertes que chacun d’eux yfit, elles changèrent cntierement de face.Je rends compte de ces découvertes à desarticles particuliers aufquelles elles doiventêtre rapportées. Aussi comme les Mathéma-tiques renferment l’Arirhmérique , l’Algé-gébre , l’Astronomie, la Physique, Sec. c’està ces articles , qu’il faut recourir, pourconnoîcre l’histoire de cette science. Je dirai
seulement