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quoi consiste l’eísence de la Matière. Ontrouvera ià le détail que peut ou doit com-porter la connoistance de cette (ubstance.
Matière subtile. Aristote entendoit par ceterme une matière étherée, un feu répandudans l’air. Descartes appelle ainsi des glo-bules durs & imperceptibles dont il rem-plit tout l’univers. Et Newton entend par-làun fluide actif, infiniment subtil, c’est-à-dire l’érher répandu dans les cieux tk furla terre par son élasticité, & traversant li-brement les pores de tous les corps. C’estla définition qu’adoptent aujourd'hui lesPhysiciens. En effet, il est difficile de re-jetter la Matière subtile dans ce sens. Elleíe manifeste avec trop d’évidence. La lu-mière en est bien une, je veux dire que c’estune Matière beaucoup plus déliée que l’air,puisque nous votons qu’elle pénétre le ver-re , le cristal, le diamant , &c. là où l’airne peut palier. Auflì les Physiciens cn fontun grand usage, pour rendre raison de laplupart des phénomènes. Les uns lui attri-buent la congélation , ( V6ie\ CONGELA-TION ) les autres la cause de l’élasticité descorps. ( Voie^ ELASTICITE’. ) Ceux-ci enfont dépendre la cause de la pésanteur ,( róïei PESANTEUR ) tk ceux-là celle deseffets de l’électricité. ( Voie{ ELECTRICI-TE’. ) Enfin, la Matière subside entre dansl’explication de presque tous les phénomè-nes de la nature ; & il est bien difficile dela dépouiller de ce glorieux avantage.
MATURE. L’art de mater les Vaisseaux.C’est la définition que comporte le défini.Cependant depuis que la théorie de la Mâ-ture a été développée par les Mathémati-ciens , cet art emporte avec lui l’arrimage& la connoistance générale des mouvemensverticaux du Navire. Pour ne pas anticiperfur le progrès de la Mâture j tenons-nousenà cette définition , & examinons ce qui laitl’objet de cet art , tel qu’on l’a d’abord con-sidéré & tel que nous Pavons défini. Decette façon , l’art de mater se réduit à lasolution de deux problèmes. Le premier estla position des mâts fur le Vaiífeau. Le íe-cond consiste à déterminer la hauteur deces mâts. Ces problèmes feront le sujet dedeux articles.
2. Déterminer la position du mât fur le Vais-seau, c’est limiter le point où les impul-sions de Peau fur fa surface font en équili-bre dans toutes les routes , c’est-à-dire dansroutes les dérives. Par ce moi en la résistancede Peau est toujours en équilibre fur le mâtplacé à ce point, & le sillage n’est pas al-téré. Dans toute autre situation la résistancede Peau plus grande d’un côté que de l’ati-
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tre , scroit pirotieter le Vaiífeau autour dela ligne de l’essorr du vent par la directiondu mât. Il est vrai qn’on peut rétablir l’é-quilibre par le gouvernail, l’eífort de Peaucontre cet aviron contrebalançant la résis-tance trop grande , soit du côté de la proueou de celui de la poupe. Mais il est vraiaussi que ce secours est nuisible au sillagedu Navire. Car la force du vent aïant àvaincre la résistance du gouvernail , ne ferapas emploiée toute entiere à faire avancerle Vaifleau. Le mât doit donc être plantédans l’axe de la résistance moïenne de Peaucontre le Navire. II faut par conséquentconnoître cet axe , & la chose n’est guérespossible ; la figure du Vaisseau étant entie-rement mécanique. Aussi dans la pratiqueon suppose que cet axe se trouve à peu prèsau milieu du Navire & on y éleve le mât.Afinde faciliter cette pratique , M. Bernouiliaïant supposé la courbe du Vaiífeau connue,a déterminé géométriquement l’axe de larésistance moïenne. Pour moi qui ai tou-jours pensé que la connoistance de l’axede la résistance moïenne , qui dépendde celle des efforts de Peau fur la ca-réné du Vaisseau, étoit absolument es-sentielle , non - feulement pour la Mâture ,mais encore pour la théorie générale dumouvement du Navire , j’ai proposé au-trefois un moïen pour la déterminer, quel-que irréguliere que soit la caréné. Maméthode est fondée sur plusieurs expérien-ces que je voudrois qu’on fît fur le Vais-seau même. S’il ne s’agissoit point ici d’uneinvention qui m'appartient ; je la feroisconnoître dans cet Ouvrage en faveur desgrands avantages dont je la crois susceptible.Mais ce n’est point à moi à apprétier mesdécouvertes , déja soumises au tribunal duPublic , pour les lui présenter dans un plusgrand jour. Je dois me borner à citer le Trai-té où on la trouve, Nouvelle théorie de laManoeuvre des Vaisseaux à la portée des Pi-lotes , Ch. VI.
5. Le second problème de la Mâture a pourobjet la hauteur des mâts. Il a exercé & lesanciens & les nouveaux Mathématiciens.,Pour le résoudre, il faut d’abord fixer lepoint d’appui du mât. Cela connu, fa hau-teur est trouvée.. Aussi s’est-on attaché de-puis long-tems à déterminer cepoint d’appui.Aristote , c’est-à-dire , le premier qui y afait attention , le place au pied du mat.Selon Baldus , Aristote le trompe. Si le pieddu mât est l’hypomoclion de ce lévier ; lemât doit casser , dit-il à cet endroit ou leNavire doit faire capot. Cela paroît bienfondé. Le mât ne tendant qu’à déaire un