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Tome second.
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arc Sc à faire incliner le Vaisseau; il est cer-tain que ou il inclinera, tant que le ventfera essort fur les voiles, ou le mât fe rom-pra : il n’y a point de milieu. Cette véritéreconnue , Baldus pense que le mât formeun lévier angulaire avec la contre-quille ,dont le point d’appui est dans sangle. Defaçon que la force du mât n’augmente queproportionnellement à l’excèsdela longueurdu mât fur la demi-longueur de la contre-quille , Sc non en raison de fa hauteur.

Ceux qui font venus après Baldus, ontprétendu que le mât ne devoir point êtreregardé comme un lévier, par la raisonqu’en tout lévier le point d’appui doit êtrefixe , Sc que dans le mât il ne peut y avoirde tel point, puisque tout fe meut. Ce sen-timent ne conduiíoit à rien. Il restoit àexpliquer l’effet de la hauteur du mât fur lemouvement du Vaisseau. Quelques-unscroioient que son sillage ne s’acceleroit pointlorfqu’on donnoit plus de hauteur à la vergueou au mât, quelle que fût la longueur du brasde lévier par lequel le vent agir. On voirici des gens qui tâchent de fe íauver d’unedifficulté fans vouloir y toucher. Pour fairevoir la futilité de cette íolution , on répon-dit que le mouvement du mât étant circu-laire , ne pouvoir rien produire fur le sillagedu Navire, Sc que son action n’avoit desdroits que fur son tangage Sc fa tourmente.Le P. Fournier a confirmé cette vérité parune expérience : c'est qu’on tire plus aisé-ment des barques le long d’une riviere,lorsque la corde, par laquelle on fait effort,ost attachée au pied du mât, que lorfqu’elleTest à un point plus élevé. Laissant la diffi-culté du point d’appui, il fe contente derendre raison de faction du vent fur le mât.Le mât j dir-il, lorsque le vent agit, nepeut incliner étant attaché fortement auNavire, Sc il ne tend qu’à le soulever & àl’entraîner après lui. Par-là le sillage du Vais-seau augmente ou diminue selon que lemât est. plus ou moins attaché, Sc que levent est plus ou moins rapide.

Après toutes ces recherches, qui n’étoientque des tentatives pour déterminer la hauteurdes mâts, un Membre célébré de l’AcadémieRoïale des Sciences ( M. Bouguer ), a rema-nié de nouveau cette question , qu’il a con-sidérée fous un point de vue tout diffèrent.Aïant distingué deux états dans le mouve-ment du Vaisseau, l’un horifontal l’autre ver-tical, il a admis dans le premier le centrede la terre comme l’hypomoclion du mât, lefardeau Sc la puissance étant sensiblement àun même point; Sc le centre de gravité duVaisseau le devient dans le second , je veux

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dire, dansle cas du tangage& du roulis. ( Onrappelle Tangage le balancement de proueàt poupe , lelon la longueur du vaisseau, ScRoulis son balancement suivant la largeur, )parce qu’une puissance tend damant plusà faite incliner un corps qu’elle est pluséloignée, selon M. Bouguer , de ion centrede gravité. Pendant donc que le vent tra-vaille à faire plonger la proue du Navirepar le mât dont le point d’appui est actuel-lement le centre de gravité , l’impulsion dede l’ean (ur la proue s’oppofe à cet effort,5 c elle le contrebalance. Ainsi elle travailleà soulever le Navire , tandis que le venttend à le faire caler. Ces deux forces fedécomposent en une, & c’est à cette troi-sième, effet des deux autres, que le Vaisseauest en proie.

Or suivant que celle-ci agit fur le Navirecette masse doit prendre differentes situa-tions. Lorsque fa vitesse est uniforme , cetteforce agit constamment, Sc si elle est maldirigée par la disposition de la Mature , ilest certain que la hauteur des mâts est maldéterminée. Pour concevoir comment laforce composée agit fur le Vaisseau , il faucfaire attention que la direction de la forcedu vent est parallèle à la quille, Sc quecelle de la résistance de l’eau est perpendi-culaire à la proue. Ces deux directions, étantprolongées , fe rencontrent Sc fe décompo-lenr. La force qui refulte de cette décom-position , tombe en quelque façon du côtéde la proue ou d u côté de la poupe , sui-vant que la décomposition fe fait à tel outel point. Ce point dépend de la hauteurde la direction du vent. Ainsi il est questionde déterminer certe hauteur à un tel pointque la force composée soulevé le Vaisseaude la façon la moins désavantageuse. C’estlà en quoi consiste l’art de découvrir quelledoit être la hauteur des mâts. Mais la façonla moins désavantageuse de fou lever un corps,est de le prendre par son centre de gravité ,afin qu’il ne perde pas son parallélisme. Unebonne Mature doit donc faire soulever leVaisseau par son centre de gravité , fans celail inclineroit ou du côté de la proue , oudu côté de la poupe : ce qui feroit très—dangereux.

Telle est la substance de la théorie de laMature de M. Bouguer , qu’on trouve dansson Traité de la Mature , qui a remporté lePrix de l’Académie Roïale des Sciences en1727, Sc que j’ai dépouillé dans un demes Ouvrages intitulé : La Mâture discutée& soumise à de nouvelles loix. Quelquesréflexions que j’ai faites fur cette théorie ,ont donné letre à une nouvelle , dont les

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