156 M î C
inquiétude. Il s’agit donc ici i° defáirevoircomment deux ou trois verres peuvent sifort augmenter les objets ; z u de quelle maniere on dillìpe l'illusion optique qu’onpourroit soupçonner de cette apparence , jeveux dire de quelle maniéré on juge & onmesutecette augmentation-, & 3® de dévelop-per les conséquences les plus intimes & lesplus curieuses de cette théorie.
i°. Quoique l’effet du Microscope soitfort surprenant , il est cependant peu decauses (ì simples. La lentille produit cettemerveille. Etant extrêmement petite & fortconvexe, elle caule de grandes réfractions.Ces réfractions rapprochent les ratons rom-pus & les rendent très - convergens. Ainsiréunis, ils vont faire impression fur la retinevMais ce n’est point par la direction courbedes raïons que l’œil juge des objets. Il neJes voit jamais qu’en lignes droites. D’où ilfuit, que plus grande est cette courbure desraïons, plus aussi est grand l’angle fous lequelI’objetest vû. Peignons cette vérité aux yeux.
Un œil O ( Planche XXXI. Figure 93. )voit un objet M à travers la lentille L. Lesraïons de lumière qui partent de l’objet vonttomber fur cette lentille , convergent parfa convexité en /a, Ib, Lee. Or l’œil nevoit ces objets que suivant des lignes droitestirées par les points a , b, aux points /, /,Lee. prolongées en ED. L’objet M doit doncêtre vû fous l’angle E OD, Le par consé-quent être considérablement augmenté. C’estce que je devois faire voir. Mesurons main-tenant cette augmentation ou cet effet de lalentille.
Par ce raisonnement, il est aisé de con-clure que l’apparence d’un objet, quand àsa grandeur, vient de l’angle sous lequel ilest vû : ou, ce qui est la même chose, vientde la proximité à laquelle on peut le distin-guer. Un objet paroi t d’autant plus grandqu’il est plus proche de l’œil. La vue sim-ple ne peut pas distinguer un objet tropproche. ( Vo'ie^ VUE.) Niais à travers une len-tille elle le voit rrès-distinctement, quelqueproche que soit le foïer de cette lentille.Or plus une lentille est petite , plus procheest son foïer. Donc une lentille doit aug-menter un objet à proportion de sa petitesse.11 ne s’agit plus qne de trouver la forcede cette lentille , Le cela est relatif à laproportion de son foïer, à la distance à la-quelle la vue peut distinguer clairement unobjet. Cette distance est estimée de 8 pouces
M I C
dans les vues ordinaires. Si cette vue estaidée d’une lentille d’un pouce de foïer,c’est à-dire, qui taise distinguer l’objet huitfois plus proche , l’objer paraîtra 8 lois plusgrand, en ne le considérant que par une di-mension. Mais comme l’objet est augmenté& en longueur, Le en largeur Le en épaisseur,il saut quarter 8 qui est son diamètre, pouravoir la surface qui sera 64 ; Le cuber cemême rfombre pour sa solidité. Ainsi ontrouvera qu’une lentille d’un pouce de foïecgrolTìt un objet 51 r fois.
On voit par-là combien doit grossir unelentille convexe , dont le foïer n’est éloignéque de la vingtième partie d’un pouce. Pouren faire le calcul, considérons ce que 8pouces de distance commune à la vue simplecontiennent de ces vingtièmes parties. Cecontenu est 160. Donc la longueur & lalargeur d’un objet vû à travers cette lentilleseront augmentées 160 fois. En quartant cenombre, on trouve que l’objet doit paraîtrevingt-cinq mille six cens fois ausilgrand qu’ilétoit.
Cette connoiííànce si belle & si curieuseen fournit une autre importante : c’est depouvoir connoîtrela force d’une lentille dansun Microscope simple. A cette fin , on ap-proche la lentille de (on vrai foïer , en cher-chant le point où un objet paraît parfaite-ment distinct Le bien terminé. En mesurantalors avec un compas auisi exactement qu’ilest possible, la distance entre le centre duverre Le l’objet, on a celle du foïer de ceverre. Cette distance fe détermine ainsi. Ona une échelle où le pouce est divisé en dixiè-mes Le centièmes par des diagonales; Le onporte fur cette échelle le compas, pour sa-voir combien cette distance contient departies d’un pouce. Reste après cela à cherchercombien de fois ces parties font contenuesdans 8 pouces ( distance de la vûe simple ),& on a le nombre de fois dont le diamètrede l’objet est grossi. Ce nombre étant quartédonne la surface de cet objet, Le son cubefa solidité. C’est par cette méthode que M.Baker a calculé une table où est exprimée ennombres la force des verres convexe, dont onse sert ordinairement dans les Microscopes sim-ples. Comme cette Table est très commodepour connoître tout d’un coup, combienune lentille grossir un objet, en mesurantexactement la distance entre le verre & lepoint où l’objet paraît clairement » je dois larapporter ici.