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Tome second.
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Une grande raison de Lantìtt en abrégeantles noms des cordes , étoir de pouvoir iesécrire au-dessus des syllabes ou texte commeon le pratiquoit alors. Mais ils’appercut quecette maniéré d’écrire les notes ou ions tutune même ligne , ne faisoit pas assez distin-guer les Ions graves des Ions aigus, &n’aidoit ainsi que foiblement la mémoire &l’imagination. Dans un beau génie la con-noissance d’une nécessité est presque toujoursle germe d’une découverte. A peine Laretinle fut convaincu de l’importance de distin-guer autrement les ions graves * des sonsaigus , qu’il trouva un moïen à cette tinen tirant plusieurs lignes parallèles entrelesquelles il mertoit certains points rondsou quarrés, immédiatement au-dessus decliaque lyllabe du texte , Sc qu’on a depuisappellé Notes, & qui par leur situation hauteou basse des degrés que ces points occu-poient fur ces lignes ou entr’elles , faisoientdistinguer tour d’un coup les ions gravesdes sons aigus. Et pour marquer plus pré-cisément quel son chacun de ces pointsrepresentoit, Laretin prit les six premiereslettres de l’alphabet des Latins, au-delìousdesquelles il mit le caractère ou le gammades Grecs , afin de rappeller l’origine de1 art de noter des Grecs. Comme ces lettresétoienr destinées à ouvrir ou donner laconnoissance des tons, il les nomma clefs,Sc les aïant jointes avec les lix syllabes ut,re, mi, fa, fol, la, il en forma unetable qu’il nomma gamme , & dont lenom s’elt encore conservé. On conjectu-re qu’il mit d’abord à la tête de chaqueligne, & entre chaque ligne une.de cesíept clefs , qui marquoient le nom qu’ondevoir donner à tous les points ou notesplacés fur ces lignes Sc entr’elles. Ainsi lanote qui étoir fur la ligne où étoir la lettre F,actuellement une clef, étoir un fa. La se-conde note au-dessous du fa étoir un mi\parce qu’elle répondait à la clef E , par oùLaretin designoit cette note '• ainsi des au-tres. S’étant ensuite apperçu que 1 ordrenaturel des notes íuffisoit pour les faire re-connoître quand on en avoir désigné une ,cet ingénieux Musicien supprima routes cesclefs qui chargeoient toutes les lignes & secontenta d’en caracteriler une. En esset.unfa étant désigné, la note (uivante doit êtreun fol , celle d’ensuire un la , Sec.

Quelque rapides que íoient les progrèsjde Gui Laretin dans la Musque, Sc quel-que étonnant qu’il paroisse qu’un hommeseul ait fait tant de découvertes fur cet art,nous n'avons pas encore vu le point de per-fection où çe grand Musicien le porta. Non

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content de la division des deux femi-tonsdes Grecs entre les deux notes la Sc yé qu’ilappelloit dans ion système A Sc B , GuiLaretin mit quelquefois fur le B ou le Jlun b, pour marquer que de-l’A au B il nefalloir élever la voix que d’un femi-ton. Etparce que cette intonation a quelque choiede plus tendre Sc de plus doux que lorí-qu’on éleve la voix d’un ton plein , il donnaà ce b l’épithete de mol ; d’où vient l’originedes lémois.

Enfin , après avoir ajouté au-dessus de laplus haute corde de l’ancien système unecorde au-destous de la plus basse des An-ciens , & quatre autres au-dessus de la plushaute , ce Musicien composa (on système den cordes, savoir de 10 diatoniques quiforment ce qu’on a appellé depuis Tordrebéquarre ou naturel ; & deux baissées d’undemi-ton plus bas que le naturel, qui chan-geant Tordre naturel de quelques notes, pro-duisirent Tordre qu’on nomme diatoniquebémol, ou simplement bémol.

Telles lotit les découvertes du fameuxGui Laretin. Comme Ton n’est pas grandhomme impunément, Meìbonius Sc Bon-temps les lui ont chicanné. Ils ont forméoutre cela des dissicultés contre son système.Mais lans nous arrêter ni à leur mauvaisehumeur, ni à leurs objections, suivons lefil de notre histoire de la Musique qui nousintereíïe davantage.

Musques là les Ions se rrouvoient natu-rellement de 7 en 7 degrés , qu’on pouvoirrépeter d’octave en octave à Tinfini. Afinde donner la facilité d’exprimer tous lesdegrés de Toctave ; d’en remplir tous les in-tervalles Sc de faire cette répétition indéfi-nie , fans changer le nom à aucune desnotes-, 011 imagina d’ajouter aux six sylla-bes de Gui Laretin une septième JL Ontrouva ensuite qu’entre toutes les cordesqui font Tintervalle d’un ton, on pouvoirmettre une corde mitoienne qui les parta-geât en deux femi-tons. On ajoura donc1 , au système de Gui Laretin la cordechromatique , appellée communément bé-mol ; i° aux cordes chromatiques des An-ciens , celles qui partagent les tons majeursou les intervalles par lesquels le milieude chaque tetrachorde est formé en deuxfemi-tons, & cela en élevant d’un femi-ton la plus basse des cordes : ce que Tonmarque aujourd’hui par un double diezeue l’on met du côté gauche íur le mêmeégré , Sc immédiatement devant cette plusbasse note. De-là on conclut que les tonsmineurs ou les intervalles qui terminent enhaut chaque tetrachorde dévoient être .aussi