P E S
travers un liquide , comprime ce même li-quide. La conséquence qu’on en a tire pourla diminution de la Pesanteur dans la chuted’un corps n’est pas de lui. Cette conléquen-ee est trop hazardée pour la lui attribuer.En ester, rien n’est plus varié que cette ex-périence , & en quelque forte plus contradictoire au lujet auquel on la rapporte. Descorps composés de même matière &c quifont d’une égale Pesanteur dans l’air venantà tomber à travers l’eau , parodient tantôtêtre de même Pesanteur dans le tuiau , &quelquefois être devenus plus legers, selonqu’en tombant ils compriment plus oumoins l’eau par leur figure.
Raííuré de ce côté-là , on a voulu savoirsi la Pesanteur pouvoit augmenter. A cettefin on a fait cette expérience. On a rempliune boule de verre avec de l’eau & des poids,&c après l’avoir bouchée avec de la cire onl’a suspendue à une balance. La balanceaiant été ainsi chargée pendant huit jours,on a trouvé qu’elle étoit plus pésante qu’au-paravant. Si cette expérience étoit vraie ,cette seconde conjecture seroit fondée : maison la nie. Er c’est la réponse alléguée parceux qui soutiennent que la Péjhnteur esttoujours la même. En attendant de nou-velles preuves contraires à ce sentiment,adoptons-le hardiment. 11 y auroit une pusillanimité ridicule de le soupçonner defauílèté après de pareils argumens.
Il est cependant une variation dans laPesanteur bien constatée : c’est qu’elle estplus grande vers les pôles que fous l’équa-teur. Fo'ie{ là-delsus PENDULE.
. La Pesanteur ainsi connue & ainsi déter-minée , on demande quelle en est la cause,pourquoi les corps font pélans. 11 y along-rems que cette question embarrasse les Phy-siciens. i°. Arijìote , selon la maniéré dedonner une raison des esters de la naturepar des qualités qu’il ne connoistbit pas, ré-pondent que les corps pékans avoient unappétit pour arriver au centre de la terre,& que les corps legers avoient un appétitcontraire qui les portoit en haut. Commeon ne connoît point de corps legers , il estcertain que cette distinction est ridicule ; jereprendrai cette distinction en résumantcet article.
2 °. Après Arijìote , les Physiciens furent
Î )!us occupés de subtilités Métaphysiques fura Pesanteur que de la cause. On nia queles corps fustent pélans. Ils étoient tous le-gers , les uns cependant moins que les au-tres. Mais tous ces jeux de mots ne font pasdignes de notre examen.
3 °. Disons donc que le premier système
r e s , 7 ,
recommandable sut la cause de la Pesanteurest celui de KepUr . Cet Astronome l’attri-buoit à certains esprits , certains écoulemensincorporels, qui tirent les corps vers lecentre de la terre. Ceci est bien métaphysi-que. Y a-t il des esprits ou des écoulemensincorporels ì Et qu’est ce que c’est que cesesprits ì II semble que Kepler a voulu fairevoir par cette lupposition que l'explicationde la cause de la Pesanteur , est au-delíus denos lumières. C’est ce qu’on peut conclurede plus conforme à celles de cet hommecélébré.
4 °. Si l’on en croit Gassendi , ces écou-lemens existent, mais ce font des écoule-mens corporels. La Terre , selon lui , estune espece d’aimant d’où sortent quantitéde rasons , qui, comme autant d’hanreçons ,tirent les corps vers la terre. Cesécoulemensfont encore une hypothèse qui est très-gratuite.
j°. Peu satisfaits de cette raison , Casatus& Rudigerus veulent que les corps íoiencpékans, parce qu’ils ne sont pas dans leucpropre place , vers laquelle ils tendent àse rendre. De sorte que des corps placés àcet endroit n’aïant aucune tendance ne fe-roient plus pékans. Quand on accorderoictout ce raisonnement, on ne pourroit enconclure que la nécessité de la Pesanteur.Il restera toujours à expliquer pourquoi lescorps tendent à ce centre, & par quelle ver-tu cela s’opere. '
6°. Julques-lá l’explicatson de la cau-se de la Pesanteur , n’est pas effleurée.Aussi rien ne guida le grand Descartes lorf-qu’il en fit la recherche. Aiant supposé laterre plongée dans un tourbillon qui circu-le autour d’elle d’Occident en Orient, &cqui l’emporte dans fa rotation journalière ,mais avec un mouvement moins rapide quecelui du tourbillon , ce Philosophe prétendqu’en tel état que se trouvent les corps ,ils sont comprimés par le tourbillon , Scque cette compression est la Pesanteur mème.On a de plus fait voir que la force centrifu-ge ke transforme fans cessie en force cen-tripète ( Voìei FORCE CENTRIPETE.)
La premiere objection qu’on a faite con-tre ce système , est la supposition d’untourbillon circulant autour de la terre. Maisceci attaquant le système propre de Des-cartes ne doit pas être discuté à cet article.11 faut voir là-dessiis l'analyse de ce systèmeen son lieu, Sc les difficultés qu’on lui op-pose. {Foiei SYSTEME DU MONDE.)On suppose ce tourbillon , & malgré certesupposition,on prétend qu’il ne satisfait pointaux phénomènes de la Pesanteur. Et d’abord