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qu’il peut l’être , dans le Difceurs qui est àla tête du premier Volume. Ainsi fans m’yarrêter, je vais commencer par l’histoire dela Physique , remonter à son origine , &suivre ses progrès. Cette connoissance sicurieuse aidera à mieux saisir les trois arti-cles dont je viens de parler.
L’origine de la Phyjìque est totalementignorée. On fait seulement que les premiersPhysiciens de la Phénicie chercherenr à con-noitre les causes des effets naturels par dessystèmes. Us supposèrent du vuide dans l’U-nivers qu’ils composèrent d’atomes. Cesystème paroît être le premier qui ait étéimaginé. Suivant Po(Jìdonius Sc S ex tus Em-piricus , il est plus ancien que la guerre deTroye. On fait qu’on le doit à MoJchus ,( Vol£{ ATOME ) Sc plusieurs Auteurs pen-sent que MoJchus est Moïse. Si cela est,Moïse est le premier Physicien. Il est doncfaux que la Physique de ce Législateur desJuifs se soit bornée à l’histoire de la créa-tion du monde , comme on a osé le soutenir.Quoiqu’il en soit, ce système en suggérad’autres. Quelques Atomistes imaginèrentdes substances vivantes qui préexistoientavant l’union de ces corpuscules élémentai-res , Sc qui continuoient d’exister après leurdissolution. Mais touc cela n’étoit encorequ’un préliminaire , qui pouvoir conduire àla Physique Sc qui n’y tenoic nullement.Thaïes , à qui on doit les principes de laGéométrie ( Vóie^ GEOMETRIE ) , voulutausiî avoir la gloire d’établir ceux de la Physi-que. A cette fin , il établit Peau pour leprincipe de toutes choses. Il croioit que cetélement étoic le seul corps disposé à prendreroutes sortes de figures ; que c’étoit de luiqu’étoient formés les arbres , les métaux ,Sec. Sc que les vapeurs qui s’élevoienr del’Océan éroient la nourriture ordinaire desastres. Il s’appuïoit fur ce que les plantesdévoient à Peau leur accroissement ; que lesanimaux s'en nourriífoient, qu’elle formoitJeurs os 5c leur sang , 5cc. Il y avoir quelquechose de vrai dans ce système. Bien des Phy-siciens modernes font du sentiment de Thaïes.( Toïe^ EAU.) Mais comme tout cela n’étoitfondé que fur des conjectures dénuées depreuves, on n’y fit pas grand accueil. Il sem-ble même qu’on s'en moqua. C’est ce qu’onpeut insérer de la raillerie du Poete Ana-creon. » La terre , dit il, boit la pluie ; les» astres boivent le suc de la terre ; la mer» boit Pair ; le soleil boit la mer ; la lune» boit le soleil. Tout boit enfin. Pourquoi» donc , chers amis , ne voulezvcus pas>- que je boive ì «
Outre ce principe général la Physique de
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Thalìs étoit composée de deux autres plusimportans. Le premier est , qu’il n’y a pointde corps proprement dit, mais des assembla-ges d’especes de corps qui ne font ni visi-bles ni palpables ; Sc le second, qu’il y a uneforce répandue dans PUnivers qui produittout.
Ce n’étoit encore là que des idées physi-ques & non de la Physique. Thaïes cher-choit bien moins à observer la Nature qu’àla deviner. Comme il étoit grand homme ,son exemple devint contagieux. Ses Disci-ples Anaximandre Sc Anaxirnenes suivirentson exemple.
Celui ci soutenoit que Pair étoit le prin-cipe de touc. On voulut ensuite que ce sucle feu , c’étoit Démocrite ; d’autres la terre,& pour concilier tous ces sentimens , quel-ques Physiciens crurent réuflir en com-posant de ces principes, quatre princi-pes particuliers qui formoient la constitu-tion propre du monde. ( Vóie^ ELEMENT. )Avant tout ceci, il y eut à la vérité des étu-des plus réfléchies , Sc si j’ai quitté l’ordrechronologique , c’est que des idées si sem-blables Sc si générales ne méritoient pasd’être divisées. En ester Anaxagore , Disci-ple à'Anaxirnenes , avoir déja établi uneespece de système physique digne de quel-que attention : c’est celui des parties simi-laires ou des Homceomeries. Voici commentl’expose PAuteur de P Histoire critique de laPhilosophie , Tom. II. pag. ;a édit. d’Amst.)» Dieu aïant trouvé la matière dans un dé-» sordre très-grand ( selon Anaxagore ), Sc> le désordre ne pouvant jamais lui plaire ,» parce que c’est un mal, une imperfection,» voulut rappeller toutes choses à un plan» plus réglé Sc plus digne de lui. Pour'» cela, il divisa la matière en une infinité« de petites parties qui dévoient être com-» me les élemens des corps, & qui éroient-- semblables dans leurs moindres qualités» à ces corps mêmes. Toutes ces parties» dispersées avec art, ont une tendance» naturelle à se rejoindre Sc se rejoignent ef-» fictivement quand les differens besoins» de la Nature le demandent. Ainsi le pain» qu’on mange, les alimens qu’on prend ,» renferment des particules de sang , de» limphe , d’esprirs animaux, de nerfs,» de cheveux, d’ongles, lesquelles vont» se rendre par leur mouvement propre, Sc» par je ne fai quel instinct, aux endroits quiu leur font destinés. Ainsi le bois qu’on al-» lume , contient des particules de feu, de» fumée , d’eau , de cendre , de sels» lexiviels qui se détachent les unes des» autres, Sc qui après avoir quelque tems
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