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Tome second.
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Jriflote , la chaleur , la froideur, l’humidité& la sécheresse. C’est ainsi que cer hommecélébré étudioit la Physique. De principesen principes il tiroir des conséquences dontle but étoit de connoître les causes des ef-fets de la Nature. Or tour cela n’étoitqu’unephysique de raisonnement. Et comme cen’est que par des observations , des expé-riences , qu’on peut développer cette ícien-ce, cette Physque est quelque choie depitoïable. J’en rends compte dans cet Ou-vrage dans les articles qui lui appartiennent.Il est fans doute très étonnant que des con-noissmces si obscures (oient parvenues jus-ques à nous. Il faut avouer que les grandesvues d ’Arislote étoient très-dignes de consi-dération , & qu’il a bien pù mériter le titrede Prince des Philosophes. Mais en mê-me-tems il est humiliant pour l’eiprit hu-main, qu’il ait été en possession de ('autoritéla plus absolue dans les écoles. Son opinionétoit regardée comme la raison même, &fa doctrine avoir autant de poids que la vé-rité. L’Univers doit à un François Pillagede la raison. Le grand Descartes a appris lecas qu’on devoir faire de la Physique d 'A-rìsote , & a fait connoître combien étoithonteuse cette soumission servile aux sen-timens accrédités. Ce n’est point ici le lieude faire connoître le lystême physique de cePhysicien. Je le développerai à l’article deSYSTEME.

Ajoutons ici, que pendant que la doc-trine d 'Arisote fubjuguoic les esprits , Ar-chimede, Galilée , Toricelli ,&c. enrichissoientla Physique de découvertes dont je rendscompte aux parties de cette science ausquel-les elles appartiennent. Il ne me reste qu afixer son renouvellement qui a donné lieuaux progrès qu’on a fait & qu’on y fait tousles jours. Le Chancelier Bacon , doué d'ungenie vaste dont les vues s’étendoient &fur les forces de l’esprit humain , & surcelles de la Nature , après avoir rejetté lesidées d 'Arisote, vit qu’il falloir nécessaire-ment réformer la façon de traiter la Physique ;n'admettre aucune théorie &c ne suivre quel’expérience. Dans cette vue, & pour fixerson étude , il la considéra comme une vastepyramide qui doit avoir pour base ('Histoirenaturelle; au second rang ('exposition despuissances & des principes qui opèrent dansla Nature ; au troisième la partie Métha-physique qui traire des causes formelles &finales des choses , & au sommet ce quitient le premier rang dans la Nature. ( Opusquod opiratur Deus à principio ufque ad fnem. Vid. Inflauratio magna De B. ) Ilcompare ensuite les Physiciens qui bâtissent

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des systèmes fur des spéculations abstraitesaux Céans de ('antiquité, qui firent leursefforts pour entasser le Mont Osa fur Pe-hon & YOlimpe fur Osa , ceux , qui n’ontpas de vues plus élevées que celle de fairedes collections d’Histoire naturelle, aux four-mis qui amassent le grain, le mettent àpart à melure que Iles le trouvent; lesPhysiciens sophistes aux araignées, qui for-ment leur toile de leurs propres entrailles,pour prendre dans leur vol les insectes im-prudens ; & enfin l’abeille qui ramasse lamatière des fleurs, & qui en forme sonmiel avec un art admirable est, sel onBacon y('emblème du vrai Physicien. Ainsi l’étudede la Physique ne consiste pas à se rapporterentieremept à son imagination, mais à fairedes collections d’Histoire naturelle, Sc d’ex-periences mécaniques, Sc à s’élever pardesraisonnemens solides à la connoissance gé-nérale de la Nature.

i. L’objet de la Physque est si sensible quepersonne ne doute de son utilité. On faitbien que ('étude de la Nature est la seuledigne de l’homme, & il ne fuit lire pours’en convaincre ni l 'Essai sur futilité de laPhysique , Partie II. Essai III. de Boile ,ni les autres apologies qu’on trouve à latète de presque tous les Traités publiés furcetrelcience. Le célébré M^s’GraveJande dit,

» qu’elle corrige plusieurs faux jugemens-« fur les ouvrages de Dieu , dont il fait» connoître Sc admirer la sagesse. Car il ne» fuflìt pas que nous forons convaincu par» un argument Méthaphysique de la fageste» & de la puissance de l’Erre suprême : il» faut aussi que nous contemplions fes at-» tributs dans leurs effets, afin de nourrirU au-dedans de nous ces fentimens de vé-» nération qui appartiennent à Dieu ".

( Elem. de Physique &c. Préfacé de ledit.Èranç. in- 4 0 page vj. ).

Cela est judicieusement pensé. Rien neprouve mieux ('existence de Dieu que lesmerveilles de la Nature, & ces merveillesfont l’érude du Physicien. Il y a plus. Non-feulement la Physque nous convainc del’existence de l'Etre suprême , mais elle feulepeut nous le faire connoître. C’est par leseffets qu’on développe les causes. Les effetsde Dieu font fes Ouvrages. Plus ces Ou-vrages seront découverts , mieux nous com-prendrons la nature du Créateur. Car il nefaut pas croire qu’un homme qui ne con-noît Dieu que par ce sentiment intérieurqui nous assure de son existence , en ait uneidée même médiocrement imparfaite. Ets’ilne le connoît que confusément, commentsera t il pénétré de sa toute piullanee > 11