}68 R E F
autre fluide, il ne continue pas son che-min vers B ; mais il est rompu en C, de façonque fa route devient C E. De même en sor-tant du verre, de l’eau, ou de quelqu’autrefluide , il ne continue pas fa route dans laligne droite E D ; il en décline dans ladirection E F. Or cette déclinaison de lalumière de son chemin rectiligne, c’est laRéfraction de la lumière qui est l’objet de laDioptrique. Alhaqtn Sc Vitellio , qui ont lespremiers écrit fur l’Oprique , ont cherchéinutilement la loi de cette Réfraction. Ke-pltr tâcha auflì à la découvrir cette loi, Scil ne fut pas plus heureux que ces premiersOpticiens. ( Váie{ lés Paralipomena in Vi-tellionem. ) Setilement il trouva que l’angled’inclinaifon ét-nt au-dessous de 30° , leraïon étoit rompu vers la perpendiculairepresque d j de cet angle en entrant de l’airdans le verre j mais qu’il n’étoit rompu quede la moitié en s’éloignant de la perpen-diculaire lorfqu’il fortoit du verre. Enfin ,Wilkbrod Sndlius , à force d’expériencesqu’il fit fur la lumière, en vint à bout. Letravail de ce Physicien fut remanié par legrand Defcartes , qui le publia dans la Diop-trique avec de nouvelles vues Sc une théoriede la Réfraction. Ainsi on fçutque les raïonsfont rompus vers l’axe lorfqu’ils passent d’unmilieu plus rare dans un milieu plus dense6 c qu’ils s’en éloignent en passant d’un mi-lieu plus dense dans un milieu plus rare.Dans l’un & l’autre cas le sinus de l’anglede l’inclinaifon a constamment une mêmeraison au sinus de l’angle de Réfraction quiest de 3 à z en passant de l’air dans le verre6 c de 4 à 3 en passant de l’air dans l’eau.M. Newton dans son Optique , Part. III.Prop. 10. détermine la proportion du sinusde l’angle d’inclinaifon à celui de Réfrac-tion dans l’air comme 3851 à 385; dans leverre comme 31 à zo; dans l’eau de pluiecomme 519a 396 ; dans l’efprit de vin très-rectifié comme too à 73 ; dans l’huile d’o-live comme z z à 1;, Lc dans le diamantcomme 100 à 41. ( Voie ^ encore Angle deRéfraction.)
z. J’ai dit que les anciens Opticiens, Afa-fen , Vitellio , &c. avoient cherché inutile-ment les loix de la Réfraction. Ajoutonsqu’ils en ignoroient auflì la cause ; car il neparoît pas qu’avant Defcartes on ait rienpublié qui touchât de près ce phenqmene.Le grand Physicien François est le premierqui a tâché d’expliquer comment la lumièrepassant d’un milieu plus rare dans un milieuplus dense s’approche de la perpendiculaire.II décompose le chemin du raton en deuxparties , comme s’il étoit en proie à deux
R E F
forces , dont l’une perpendiculaire Sc l’autreparallèle lui feroient parcourir la diagonale ,selon les loix de la décomposition d u mou-vement. Defcartes prétend ensuite que lalumière passe plus facilement par un milieaplus dense que par un milieu plus rare ; parceque les raïons, dit-il, fe trouvent moins dé-tournés lorfqu’ils passent par un milieu dontles parties font solides, que lorfqu’ils tra-versent un milieu composé de parties mobi-les fans adhérence les uns aux autres. Ainltft un raïon de lumière passe obliquementd’un milieu rare M ( Planche XXXIV. Figu-re 509. ) dans un plan dense N, de l’air dansl’eau par exemple, ce raïon étant décom-posé en deux A C , A D, entrera dans l’eauobliquement Sc sera décomposé en deuxnouvelles forces. Comme il passe plus vitedans l’eau que dans l’air , Sc que fa routeest moins détournée du côté perpendiculairedu nouveau parallelograme, au lieu d’êtreégal à l’autre B C , comme B H il sera plusgrand comme 13 K. Le parallelograme , quirésultera de-là, fera plus long, 6 c par con-séquent fa diagonale que íuit la lumièreau lieu de totnber au point G qu’auroitdonné un parallelograme égal à l’autre, tom-bera au point I plus proche de la perpendi-culaire B K. Il faut avouer que cette expli-,cation est bien ingénieuse : mais elle n’estpasvrate.Ce moindre écart de la lumière dansun milieu plus dense, ou la suppositiond’une plus grande longueur du côté verticaldu parallelograme, est une supposition tout-à-fait gratuite. Inexpérience le prouve. Ily a certains corps denses Sc solides qui nerompent que foiblement les raïons de lu-mière , & il y a des corps rares, legers Scfluides, qui ont beaucoup de force pourdétourner les raïons, ainsi que nous leverrons en parlant de l’explication de M*Newton de la cause de la Réfraction.
M. Fermât , Conseiller au Parlement deToulouse Sc grand Mathématicien , attaquale premier cette explication. Il prétenditcontre Defcartes que la lumière trouvoit plusde résistance dans l’eau que dans l’air, dansle verre plus que dans l’eau ; & il vouloirque les résistances des differens milieux, parrapporta la lumière, fuflènt proportionnellesà leurs densités. Cela paroissoit nature}. Lesanciens Opticiens l’avoient crq pour l’opti-qus seulement. M. Leibnit^ adopta ensuitecette idée , Sc telle est la maniéré dont on l’aprouvée, Sc dont la cause de la Réfractiona été expliquée.
La nature tend toujours à ses fins par lesvoies les plus courtes. La lumière doit doncaller d’un point à un autre, ou par le che-min