DES MATHÉMATIQUES. Part. I. Liv. III. mont entrepris de nous rendre leurs opinions. Comme il ne nousest rien parvenu de ceux de la secte'Ionique, nous ne pouvonspas établir par des exemples les méprises qui ont pu occasion-ner les absurdités qu’on leur attribue. Mais Pécule Pythagori-cienne nous en fournit; et comme ses opinions sur divers sujetsn'ont pas été moins déligurées que celles des philosophes Ioniens,qu’il me soit permis d : anticiper sur cette partie de notre his-toire, en les comprenant dans cette apologie.
Tout le monde sait qué la plupart des pythagoriciens écri-virent en vers, et dune manière très-poétique et très-obscure.
On le voit par ce qui nous reste d’ Empedocle , de Xenophanc ,de Varméiiide , etc. C'est-là la source principale des ridiculesopinions dopt on a chargé leur mémoire. Un philosophe etpoète Pythagoricien avoit feint, par exemple, que la voie lactéeétoit, le chemin que Phaéton avoit tenu après avoir perdu sa »vraie route : dos gens crédules piirent cette fiction à la lettre,et en firent un sentiment de Pécule Pythagoricienne. Empedocleavoit sans doute dit poétiquement que les.tropiques éioient lesbarrières du soleil, que cet astre étoit le miroir qui nous ren-voyoit le feu primigène répandu dans l’univers r on sait d’ailleursque c’étoit à peu-près son sentiment. Un compilateur imbécilelui fait dire que les tropiques-étoient les barrières qui cynpê-choient le soleil de passer plus loin , et qui le faisoient rebrous-ser ; que cet astre n’étoit que le miroir d’un autre qui étoit levéritable, etc. Je remarque en passant que cette imputationridicule est démentie par Diogène Eaërce , suivant lequel Empc-dode faisoit du soleil une niasse de feu égale à la lune; peut-être a-t-il voulu dire la terre. Mais il n étoit pas nécessairequ’il s’expliquât mystérieusement pour âtre défiguré. Cela luiest airivé lors même qu’il s’exprimoit assez clairement. Nousen avons la preuve dans Achille Tatius (x). Est-il rien deplus juste que ce vers, dont voici la traduction littérale de Grecen Latin, cìrculare circa terrain volvitur alienum lumen ,dit-il, en parlant de la limer Achille Talius en tire une preuvequ' 'Empedocle a regardé cette planète comme un morceaudétaché du soleil. If n’a pas conçu que cet alienum lumenvouloit dire lumière empruntée , ce qui est très - conforme àla vérité. Apparemment Anaximandre et Ana xi mène parlantdes orbites célestes, s’étoient servi de quelques comparaisonsqui ont donné lieu à d’ignorans auteurs , de leur attribuerles impertinentes opinions dont on a parlé plus haut. Ana-ximène avoit raison de dire que les astres. 11e tournoient pointsous la terre, ou dessus , comme on le lit dans Diogène ,
(1) Isag. ad 4 rat. Cap.
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