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mais à hentonr. Car la terre étant ronfle, dans quelque en-droit qu’ils soient, ils ne sont jamais au-dessus ni au-dessousd’elle.
Je íinirai par un exemple marqué de ces sortes de méprisesqui ont défiguré les sentimens des anciens philosophes. Nousavons un ouvrage du célèbre Aristarque de Samos , qui traitedes distances du soleil et de J a Inné à la terre;, et nous yvoyons que son sentiment sur leur disposition, ne différoit enrien de celui des modernes. Qui le reconnoîtra cependant dansces paroles de Plutarque , qui sont une fidèle traduction deson texte ( 1 ) ? Luna.m (putavit) , dit-il, circa soìis orbemverti , umbianique suis inclinationibus inferre. Qui ne seratenté de croire qu’il mit la lune en mouvement autour dusoleil? et c’est en effet ce que lui fait dire hauteur deTorz-gine ancienne de la physique nouvelle (2'), ouvrage qui n’estqu’urte compilation, de passages rassemblés sans la moindre tracecle-critique. Vitruve ( 3 ) n’est guère plus exact, quand il ditqu* Aristarque avoit pensé .que la lime étoit un miroir qui rece-voit son éclat ab impetu salis. Ces derniers mots passant parla filière d’un commentateur, ne manqueroient pas de pro-duire quelque absurdité monstrueuse , dont l’astronomc ancienseroit assurément fort innocent ; mais je termine cette digres-sion , et je reprends le fil de mon récit.
Si nous en croyons Vlutarque (4), 011 connoissoit avant Ana-cragore la causé des éclipses de-soleil, ct ce fut ce philosophequi le premier découvrit celle des éclipses de lune. Mais commeailleurs il nous a appris lui-môme que Thalès l’avoit décou-verte , il faut, pour concilier ces deux récits, dire qu 'Anaxa-goi'e la dévoila le premier, par un écrit public. Car il est biendifficile de croire qu’elle ait été, pendant près de deux siècles,une énigme pour les philosophes.
II est assez, singulier, si 1 c récit de Plutarque est fondé, quela cause des éclipses du soleil ait été plutôt connue que celledes éclipses de lune. Cependant si l’on veut se rapporter àì’eníance de l’astronomie,. cela n’est pas impossible. Car onvoyoit, dans le cours de la lune, cet astre se rapprocher dusoleil, et hon a pu bientôt reconnoître qu’il pouvoit lui passerau devant. Au contraire, on ne vois point" l'ombre de la terre ,et il étoit à certains égards plus difficile de deviner quelle causeobscirrcissoit la lune.
Nous ne devons enfin pas oublier une circonstance du récitde Plutarque sur ces découvertes. EUe nous montre que ce
( t ) Dc Plac.Phit. 1. 2, c. 24. ( 3 ) Arch. 1 . 9, c. 9.
(2) Toia. L, p. 187. (4) In Aida.
n’est