228 HISTOIRE
grains fie sable répandus sur les bords de la mer. Archìmèdeentreprit de montrer qu’elles étoient dans Terreur; et effecti-vement il fait voir dans cet ouvrage, que quand on su p pose-roit les bornes de TUnivers beaucoup au delà de celles au’onlui donnoit alors, le cinquantième terme thune progression dé-cuple croissante, seroit plus que suffisant pour exprimer lenombre des grains de salée qu'il contiendroit ; et cela est mêmevrai encore, en supposant notre système planétaire aussi étenduqu’on le démontre aujourd’hui dans {'astronomie.
Archìmède porta dans la mécaniíjue les mêmes lumières quedans la géométrie : on peut même dire qu’il en fut le créateur;car avant lui rien n’étoit plus foible que cette partie des ma-thématiques; et ce que nous présente i’écrit c ¥ Aristote sur cesujet, ne sauroit être regardé que comme Tébauche grossièred"une science naissante. C’est à Archìmède que nous devonsles vrais principes de la statique et de Thydrostatkjue. Il lesétablit dans ses deux traités, l uit intitulé lsorropìca , ou deAEquì-ponderciTitibus , en deux livres ; l’autre intitulé TSf/ ow-ft-ivm , de ìnsidentìbus in fluìdo , aussi en deux livres. SaStatique est fondée snr l'idée ingénieuse du centre fie gravité;idée dont il est le premier auteur, et dont les usages fréquensdans la mécanique ont fait un des moyens de recherches lesplus universels. Par son secours et celui de quelques axiômesqu’on ne peut contester, il démontre le fameux piincipe de laréciprocité des poids avec les distances au point d’appui dansle levier et les balances à bras inégaux. II Je déduit fort ingé-nieusement du cas le plus simple, savoir de celui des poidségaux suspendus à des distances égales du point d’appui ? casoù l’éqvìilibre est évident. Je ne nfarrête pas à défendre Ar~chirnètie contre les imputations de quelques géomètres, au sujetde cette démonstration et de la supposition qu’il tait que tesdirections des graves sont parallèles; car elles ne méritent au-cune attention. Archìmède content d’avoir démontré ce prin-cipe fondamental fie la mécanique, se jette bientôt après dansde nouvelles spéculations, en recherchant le centre de gravitéde dilférerites figures. La manière dont il détermine celui de laparabole, est digne de son génie, et montre que s’il n’alla pasplus loin, ce ne fut pas la difficulté qui Teri empêcha, maisqu’il préféra sans doute détourner ses recherches de quelqu’autrecô é plus utile.
Une question proposée par le roi Hidron occasionna les dé-couvertes hydrostatiques cl ’Archìmède ; ce prince avoit fait re-mettre à un orfèvre une certaine quantité d’or pour en faire unecouronne, mais Tartiste infidèle retint une partie de cet or, etlui substitua un égal poids d'argent. On soupçonna la fraude,