DES MATHÉMATIQUES. P^rt. I. Ltv. IV. 249Vénitien , et publiée après sa mort par son íils. Cette édi-tion , ouvrage d'un traducteur peu intelligent, et d’un éditeurqui l’étoit encore moins, n’a que le mérite d être la premiere.Com.mandin en donna une meilleure en 1 566 , avec le com-mentaire d 'Eutocìus , et les lemmes de Pappus. J’en passe ungrand nombre d’autres dans la vue d’abréger cette notice bi-bliographique.
Les Européens n’ont eu pendant long-temps que les quatrepremiers livres d 'Apollonius, et ce n’est que depuis le milieudu siècle passé qu’on a recouvré trois des derniers. Leur perteavoit déjà excité quelques géomètres à traiter lea sujets sur les-quels on savoit que rouloient ces livres. Mauroliens , géomètreSicilien du seizième siècle, avoit ébauché avec succès la théoriedu cinquième et du sixième Livre ; et en avoit formé un sup-plément à Apollonius, que Borelli publia en i 654 ( i ). LeP. Richard f jésuite, promettoit au milieu du siècle passé; unouvrage de la même nature, qui, quoiqu annoncé comme étantsous presse (2), n’a jamais paru. Cette divination sur les livresd’ Apollonius , perdus jusqu’alors, lui eût fait plus d'honneurque son commentaire étrangement prolixe sur les quatre pre-miers livres. M. Viviani , l’un des plus illustres élèves de Gali-lée, et des plus habiles géomètres de l'Italie, se proposa cetterecherche vers le même temps; ce qui a donné lieu au savantouvrage de cet auteur, intitulé : Divinatio in V Apolloniiconicorum , dont nous allons faire l’histoiré.
Pendant que M. Viviani amassoit lentement et dans le silencedes matériaux pour faire revivre Apollonius , le célèbre Goliusrevenoit d’Orient chargé d’un grand nombre de manuscritsArabes, parmi lesquels étoient les sept premiers Livres desconiques. Assez instruit dans la géométrie pour sentir le prixde cette découverte, il se hâta d’en informer les géomètres de.son temps, et je trouve qu’en 1644 le P. Mersenne en faitmention (d), et en cite même quelques propositions. J’ignorece qui fit échouer le projet sonné par Golius d’en donnerune traduction; on n’y songeoit plus; et malgré cet avertisse-ment l’on continuoit de regarder le reste d’ Apollonius commeperdu, lorsqu’en i 658 M. Borelli passant à Florence, et exa-minant la bibliothèque .des MédicÌ3, y trouva un manuscritArabe dont le titre Italien annonçoit les huit livres d’Apollo-nius. Passionné pour la géométrie ancienne, il ne put se con-tenir de joie; il parcourut le manuscrit, et jugea par la com-paraison des figures, que c’étoit effectivement l’ouvrage du
(1) Viviani, divin, in Apol. p. 4;. (3) Synop. Math, praef. ad con.
{p.) Lab. B ib L /nss. Apollon .
Tome I. I i