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Tome premier.
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DES MATHÉMATIQUES. Pabt. l. Liv. IV. sfy

Possidonius est un stoïcien célèbre par Parnitié que Cicéronlui témoigne en plusieurs endroits de ses écrits : les marquesde vénération que lui donna un jour le grand Pompée, í’ontégalement honneur au consul Romain et à la philosophie. Cegénéral Romain passant par I île de Rhodes , ct voulant visiterce philosophe , il défendit à ses licteurs de frapper à sa porte.Fores , dit l’historien latin , (r) percuti dc more à. iictore vetuit ,ac sas c es lictorìs janua submisit , cui se o riens atque occidenssubmiserant.

Possidonius fut géomètre , astronome , mécanicien , géo-graphe. II mérita bien de la géométrie pour avoir repoussé lesattaques d'un Zenon de Sidon , épicurien , qui avoit tentédïnft'rmer sa certitude et ses principes (z). Cicéron parle avecadmiration d’urrc sphère mouvante semblable à celle d ’Archi-mède qui étoit son ouvrage (3).

Cet astronome est encore connu dans l’antiquité par unedétermination de la grandeur de la terre (4). 11 avoit remarquéqu’à Rhodes l’étoile de Can ope ne íaisoit que raser l’horison,au lieu qu’à Alexandrie elle s’élevoit jusqu’à une 4 8 e . partie dela circonférence ou 7 0 . 4- H en conclut que la distance de cesdeux villes étoit de 7 0 . 4 : d estima ensuite leur distance directeet sous le même méridien, à 5 ooo stades; par conséquent lacirconférence entière de la terre devoit en contenir 240,000.II est sans doute assez superflu d’observer combien peu un pareilmoyen étoit propre à donner une mesure un peu exacte <le laterre ; car comment s’assurcr avec quelque précision de la dis-tance de deux lieux séparés l’un de l’autre par une mer de 7 0 .de largeurs R est taux aussi, à cause de la réfraction, qbe cette ob-servation donne pour distance méridienne entre Rhodes et Alexan-drie 7 degrés et demi tont le reste supposé exact, cet arc seroit de7 0 . 56. II est vrai que Possidonius ne ponvoit encore se douter decette erreur; mais le peu de certitude de la distance itinéraire di-recte entre Alexandrie et Rhodes, devoit si peu échapper à ce philo-sophe, que nous croyons quïl ne donnoit cette mesure de laterre que comme une évaluation assez peu exacte.

Je ne sais sur quel fondement divers auteurs parlant de cettemesure ou estimation de la grandeur de la terre, ne la portentqu’à 180,000 stades. L’évahiaiion ci-dessus, qui est celle rapportéepar Cléomède , qui emploie si fréquemment des raisonnemensde Possidonius, qu’on est tenté de penser que ce fut un de

(1) Hîst. Nat. lih, j y cap. 30. (4) Cleomed.- Cy cl. Fheor . lib. r,

(2) Proclus in primum Euclid. Ax. I. Cap. 16.

(3) De Nat. deorum, lib. r.