DES MATHÉMATIQUES. Part. I. Lit. V. 291où le savoir n’étoit ni inconnu ni méprisé, qu’à peine y trouve-t-on quelques hommes qui ayent pénétré au-delà de leurs Sie-mens ; tel est le tableau général de cette partie de notre histoire.
I I.
L’étude des mathématiques, qui semble avoir langui durantle premier siècle de l’ère chrétienne, reprit quelque vigueur aucommencement du second. Ce fut sur-tout l’astronomie qui s’enressentit; nous trouvons vers l’époque que nous venons d’in-diquer , trois observateurs, Agrippa, Menelaiis et TIléon , quifournirent des matériaux utiles à cette science. Agrippa obser-voit en Bythinie, et l’on (1) a de lui une observation d’oe-cultation des l'iéïades par la lune , faite la douzième année deDomitien, ou la quatre-vingt-treizième de notre ère. C’est toutce q u'on sait de .cet astronome ; l’on peut en conjecturer qu’iltravailla à vériíier ou ù confirmer la découverte d 'Hipparquesur le mouvement des fixes. Ptolémée cite aussi diverses obser-vations sur les fixes , faites par l’astronome Ménélaiis , quelquesannées après (2). Ce mathématicien servit l’astronomie de plusd’une manière , car il écrivit sur la trigonométrie , partie dela géométrie si nécessaire aux astronomes : on avoit autrefoisses six livres sur les cordes , ouvrage où il traitoit apparemmentde la construction des tables trigonométriques. II écrivit aussitrois livres sur les Sphériques, qui roulent en grande partiesur les triangles sphériques, et contiennent beaucoup de théorèmescurieux et peu connus. Regiomontanus avoit formé le projetd’en donner une édition, et en effet , parmi ses manuscrits ,se trouve une traduction de ce géomètre : mais Maurolycusfut. le premier qui le fit connottre en i558, en le publiant enlatin, d’après une traduction arabe , avec les Sphériques deThéodose et les siens propres (Messanct *558 , in-fol. ) Mersenneles publia aussi, mais sans démonstrations et avec quelques addi-tions, tant de Maurolycus que de lui-même , dans' sa Synopsismathemaùca. M. Halley avoit autrefois préparé une nouvelleédition de ce géomètre, corrigée d’après un manuscrit hébreu ;mais ses occupations ne lui ayant pas permis d’en faire la préfacequ’il projettoit, il se borna à en donner des exemplaires àquelques sa vans, comme le Z>. Mead, Vemherton, Machin, etc. ;enfin il mourut sans savoir mis au jour. Ce monument du travailde Halley et de son goût pour la géométrie ancienne n’a paruqu’en 1 y 5 ii (in- 8°.) par les soins de M. C o star d, auteur d’uneexcellente histoire de l’astronomie, que je n’ai jamais pu me
(1) Ain. I. 7, c. 3. „ (2) Ib id.
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