DES MATHÉMATIQUES. Taux. I. Liv. V. 199
On ne peut disconvenir que celte première ébauche de lathéorie de la lune ne soit assez ingénieuse , du moins en laconsidérant coimne une hypothèse purement mathématique. Ellesatisfait assez bien aux phénomènes généraux des mouvemenslunaires; à la vérité elle 11’est pas aussi heureuse en ce «qui con-cerne les détails de ces mouvemens , et ce sont eux qui sontla pierre de touche de toutes les hypothèses. D’ailleurs elle estsujette à plusieurs défauts ; un des principaux est que , suivantles dimensions que P tu lé/née est obligé de donner à l’excentri-cilé de son orbite mobile et au rayon de son épicycle, la lunese trouveroit quelquefois dans les quadratures à une distancede la terre moindre de moitié que dans les conjonctions ou lesoppositions. Mais cela est entièrement contraire à ^observation ;on ne remarque point dans les diamètres apparens de la lune,une variation proportionnée à cette différence .d’éloignenient.
II est à propos de remarquer qu’afin de simplifier notre ex-plication, nous n'ayons eu aucun égard au mouvement de l’a-pogée ele la lune. II est facile de le représenter, en ne faisantparcourir à cette planète sur son épicycle, qu'irri jreu moins deson cercle-entier .durant une révolution périodique. Par-là ellene se trouvera an plus haut de cet épicycle qu’après 1111 peuplus el’une révolution, et fapogée paroîtra avancé à la lin dechacune. Nous avons aussi raisonné comme si f orbite lunaireétoit dans le plan de l’écliptique : nous savons que cela n'estpas entièrement exact;, mais, outre que noirs sommes obligésde nous resserrer, nous n'avons pas cru devoir entrer dans lesmêmes particularités, en exposant une, ter, tative insuffisante, qu’enrendant compte d’une vraie découverte. Une ébauche légère doitsuffire dans le premier cas.
Si f étendue de notre ouvrage nous le permettoit, ce seroitici le lieu de parler des phénomènes qui résultent dn mouvementde la lune et du soleil, coimne les éclipses, et de la manièredont les anciens les calcnloient. Ce seroit aussi le lieu conve-nable de rendre compte clés moyens par lesquels ils mesurèrentla parallaxe de la lune, sa'distance à la terre, de même quecelle du soleil, etc. ; mais il nous seroit impossible de le faireavec quelque distinction , sans sortir bien têt d lu limites quenous nous sommes prescrites. Nous passerons donc à exposerles mouvemens des autres planètes, et les hypothèses par les-quelles Ptoléméc crut y satisfaire. *
Si l’on suit .une des planètes supérieures, Mars, Jupiter ouSaturne, durant le cours d’une même année, on observe desuiouveniens fort bisarres. Lorsqu 'elle coin mon ce à se dégagerdes rayons du soleil, sa vitesse qui est alors médiocre , va entliminuant de jour à autre jusqu’à un certain point où elle semble
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