Band 
Tome premier.
Seite
300
JPEG-Download
 

3òo HISTOIRE

s’arrêter. Apres quelques jours elle commence à rétrograder,d’abord lentement, puis en accélérant son mouvement jusqu’auxenvirons de l’opposition : là sa vitesse recommence à diminuer,et quelque temps après elle s’arrête en apparence une secondefois ; elle reprend en lin son mouvement suivant Tordre des signes,allant d’abord fort lentement, et ensuite plus vîte , jusqu’à ceque l’approche du soleil qui l’atteint, la fasse disparoître à nosyeux. Mars éprouve ces apparences deux fois dans une de sesrévolutions, Jupiter douze, et Saturne trente. '

Ce que nous venons de dire est ce qui arrive à une des pla-nètes supérieures dans une même année ; mais si Ton continuede l’observer pendant plusieurs années, on y remarquera d’autresirrégularités : pour s’en former une idée claire , iï faut remar-quer qu’il y a une station avant et après chaque opposition ,et que chaque année cette opposition se fait dans une partiedifférente du ciel. Or, si Ton mesure d'années en années lesintervalles entre les points d'opposition, on trouve qu’ils nesont pas égaux , mais qu’ils sont plus grands d’un côté duzodiaque, et moindres du côté opposé. Dans Jupiter, par exemple,les oppositions devroient se faire d’année en année à un signeenviron de distance; mais , vers la constellation du Bélier, cettedistance est île plus cTun signe; et lorsqu’il est dans la cons-tellation diamétralement opposée , elle est moindre. 11 en est demême de Tare compris entre les deux stations voisines de Top-positien ; il croît d’année en année jusqu’à un certain terme,et ensuite il diminue. Je ne dis rien de la différence de gran-deur apparente, qui indique une différence d’éloignement. Marsest la planète dans laquelle les irrégularités qu’on vient de dé-crire, sont les plus remarquables, et qui a le plus inquiété lesastronomes. Pline le témoignoit autrefois par ces mots : Martiscursus maximè inobservabilis , etc. (x). II vouloit dire par-là que les mouveineus de cette planète xnettoient en défaut lesobservateurs et leurs conjectures.

Les planètes inférieures, Vénus et Mercure , sont sujettes à.des irrégularités qui ne sont pas moins bisarres en apparence.On sait déja qu’on ne volt jamais ces deux planètes en oppo-sition avec le soleil, elles font seulement des excursions de côtéet d autre, Vénus les plus grandes, Mercure les moindres :mais les excursions de chacune ne sont pas égales entr’elles ' rtantôt cfclles du côté de T Orient sont plus grandes qne cellesdu côté de l’Occident , tantôt c’est le contraire , quelquefoiselles sont égales. La différence n’est presque pas sensible dansVénus, mais dans Mercure elle est fort remarquable. Lorsque

(îj Hìit Nat. I. i, c. 17.