HISTOIRE
VIII.
Nous voici parvenus k (lestemps qu’on pourroit, à juste titre,appeller les derniers inoinens clu beau jour, où nous avons vules sciences durant quelques siècles. Au lieu des écrivains ori-ginaux, dont les découvertes nous ont occupés jusqu’ici, il n sse présente presque plus à nous que des commentateurs et desannotateurs. Les écrivains de cette classe , lorsqu'ilssont les seulsdans un siècle, annoncent ordinairement le prochain retourd’un teinps d’obscurité et d'ignorance.
Pappus et Théo n d'Alexandrie servirent les mathématiques decette manière: le premier mérite néanmoins d être rangé dansune classe plus relevée; car il donne dans ses Collections Ala-thématiques (i) , des marques thune intelligence peu communedans la géométrie , et l’on y trouve en plusieurs endroits destraces de génie. L’objet de Pappus semble avoir été de rassem-bler en un corps plusieurs découvertes éparses, d’éclaircir et desuppléer en une foule d'endroits les écrits principaux des ma-thématiciens les plus célèbres; c’est ce qu'il fait sur-tout à Pé-gard d 'Apollonius, à’ Arc hune de , d ’Eucìide, de Théodose , parune multitude de lemmes et de propositions curieuses, dont ilssupposoient l.i connoissance : on y trouve aussi les diverses ten-tatives des anciens sur-les problèmes les plus célèbres, commela duplication ducube, et la trisection ou multisection de i’angle ;nous saurions même peu de choses sur,.fce sujet, sans le soinqu’a piis Pappus de nous transmettre leurs tentatives ; je veuxdire leurs teqtativeá'raisonnables et géométriques, et non cellesqui aboutissent à un paralogisme. II en réfute néanmoins unede cette espèce au commencement de son 3 e . livre. Le nomenfin d’un assez grand nombre d’ex'ccllens géomètres de l’an-tiquité , ne nous.seroit pas même parvenu, sans ce travail dePappus , ensorte que Pblatoire des mathématiques lui doit beau-coup à cet égard. ^ . -
La préface u£ son septième livre est sur-tont un morceau ines-timable en ce genre, puisqu’ellc a préservé de l’oubli un grandnombre d’ouvrages analytiques des anciens, dont les titres mêmene nous seroient pas parvenus. Le précis qu’il cl on rie de plu-sieurs de ces écrits , car c’est tout ce qui nous reste de la plêpart,nous permet de renouer de temps en temps le fil interrompude l’histoire de la géométrie ; il sert même à nous donner deces anciens géomètres une idée fort supérieure à celle que l’on
(i) Pappî Aíe.vandrini, Math- Collectiones, Pisauri 1588, in-fol. It. Bon.1662, in-fol.
pourroit