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Tome premier.
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358
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358 HISTOIRE

degré terrestre , les uns 56 milles, les autres 56 milles deux tiers,le mille étant composé de /jctio coudées. On se détermina, appa-remment par de bonnes raisons , pour la dernière de ces me-sures. A la vérité nous ne nous bornerions pas aujourd’hui àun pareil moyen de décider ia question ; car on réitéreront lesdeux mesures, jusqu’à ce que l'on se trouvât d’accord, à unebagatelle près.

On ne peut s’empêcher d’être curieux de counoître jusqu’àquel point cette mesure s’accorde avec les modernes. Pour ceteffet, il-faut observer qu’Abulfeda nous dit positivement (i)que la coudée employée , dans celte mesure, fut la coudée appel-lée noire , qui comprend 127 pouces , dont chacun étoit déterminépar six grains d’orge mis côte à côte , la rainure de l’un contrele dos de l’autre ; or, d’un autre côté , M. Thevenot nous dit^a) qu’ayant mis cent quarante-quatre grains d’orge à côté lesuns des autres , il en est résulté , après plusieurs essais réitérés,une longueur qui équivalait précisément à un pied et demi deParis ; d’ou iì suit que quatre coudées noires équivaloient àune toise et nenl pouces : ainsi les 56 milles deux tiers, chacun604000 coudées, donneroient 68,760 toises. 5 'avoue que je trouvecette différence d'avec la grandeur réelle.si considérable, queje suis tenté de penser que ceux qui ont dit qu’on employa danscette mesure ia coudée noire, se sont trompés; cela cadre malavec les précautions que l’on voit avoir été prises par ces obser-vateurs. On trouve mieux son compte, en supposant qu’ils ein-plovèrent la coudée ordinaire , appeliée royale , de 2.4 pouces,car "il en résulte alors une mesure du degré , qui est de 56,666toises.

D’un autre côté , peut-on bien compter sur la mesure deM. Thevenot? Il est à la vérité fort vraisemblable que l’orgedes pays orientaux n’a pas varié de grosseur ; mais il ne paroîtpas avoir fait attention 5 la manière de placer les grains l’unà côté de l’autre, condition qui ne paroît pas avoir été misesans motif: car peut-être en résulteroit-il une différence quipourroit aller à un neuvième ou un dixième. Mais nous necroyons pas que cette discussion mérite d’être poussée plus loin.Voici cependant encore quelques mots sur ce sujet.

Un auteur Arabe , Abou - Hassan Ali Almassoudi , parle decette mesure dans un ouvrage curieux, intitul è Mouroudgé alDahah, ou /es Prairies d'or\ car les Arabes affectent, comme nousle faisions jadis, des-titres singuliers. On lit le précis de cet ou-vrage dans le premier volume des notices de manuscrits de la

(0 Colins, in notas ad Alferzanum, ib id.

(3) Voyage en Asie, etv. Paris 1663,111-4°.