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Tome premier.
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382 HISTOIRE

aussi í\ ces derniers. M. Wallis (1) pense néanmoins le contraire Jet il en donne une raison assez spécieuse : c’est que les Arabes-ont adopté dans la dénomination des puissances un système -di^féfent de celui de Diophante. Dans l’autenr grec, les deuxième,,troisième, quatrième, cinquième, &c. sont le quarré-, le cube , lequarré-quarré,le quarré-cube, le cube cube, &c. ;.cha'que puissanceest dénommée par les deux inférieures, dont elle est le produit.,Chez les Arabes, ces mêmes puissances sont le quarré, le cube, lequarré-quarré , le premier sursolide, le quarré-cube , le secondsursolide , &c. : ce sont des puissances de puissances, et cellesqui ne peuvent pas être ainsi formées, sont nommées sursolides.Par exemple , chez Diophante, le quarré-cube est le quarré mul-tiplié par le cube , et c’est la cinquième puissance : les Arabesen font âu contraire la sixième, parce qu’ils entendent par-làle quarré du cube ou le cube du quarré : on les distingueroiten l^tin l’un de l’autre , en appellant le premier quadrato-cubus ,et le second quadrati-cubus. Cette différence semble effectivementdésigner une science puisée dans une autre source. Je n’osecependant point trop insister sur la validité de cette raison.-.Quelle que soit l’origine de l'algèbre chez les Arabes , e’estune puérile opinion que celle qui en attribue l’invention à Géber,et qui prétend par là rendre raison du nom qu’elle porte. Laseule ressemblance de ces noms a fait hasarder cette étymologie.Lucas de Burgo, f écho pour ainsi dire des premiers qui en-seignèrent l’algèbre aux Italiens , nous donne vraisemblablementla vraie étymologie de ce nom , ou plutôt de ceux-ci \ algebra'u’almucabala j car c’étoit sous ce double nom que la sciencede l’algèbre étoit connue des Arabes. Ces mots , dit Lucas deBurgo (2) signifient restauratio et oppositio. En effet, suivantGolius , le mot arabe ,, gebera ou giabera , s’explique par reli-gavit, consolidavit ; et mocabalat signifie comparatio , oppo-sitio. Le dernier de ces mots se rapporte assez bien a cequ’on fait en algèbre , dont une des principales opérationsconsiste à former une opposition ou comparaison à laquellenous avons donné le nom d’équation. Quant au premier, onne voit pas aussi facilement en quoi il convient à notre objet »ct diverses explications qu’on luî a données sont assez peu satis-faisantes j c’est pourquoi nous ne jugeons pas qu’il soit fortimportant de les discuter. Aussi quelques Italiens adop-tèrent le nom d’ Alaiucabala , et on le voit employé dansquelques écrits de Cardan. Quoiqu’il en soit, après bien

- (ï) Algebra.

( 2) Sum m a de Arith. et Geometria , proportions è proportionalità , Ùc."Venet. 1454 , ir.-foL ibid 1526, in-fol,.